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Une victoire pour les requins, vraiment ?

Le fining en Europe, c’est fini paraît-il ! Les grands de l’UE l’ont décidé hier. Cette pratique qui consiste à prélever les ailerons de requins étaient pourtant déjà interdite sur les navires européens depuis 2003…


Pour résumer, désormais, les carcasses de ces poissons cartilagineux devront être ramenées en un seul morceau à terre. Comment dire : dans ces circonstances, sommes-nous censés bondir de joie et nous réjouir de ce qui semble, à première vue, être une belle victoire et une avancée majeure pour leur protection ? Je suppose que oui. En effet, rappelons-le, pour différentes raisons liées aux activités humaines – surpêche, fining, prises accessoires -, nous enlevons chaque année aux océans jusqu’à 73 millions de requins.

Seulement, quand on se penche d’un peu plus près sur l’annonce, avec en mémoire cette fameuse interdiction remontant à 2003, il y a de quoi être un peu amer… N’aurait-on pas plutôt perdu 9 ans et jouer les hypocrites pendant ce temps ? Ce que les ministres européens de l’Agriculture viennent d’approuver ? Une proposition de la Commission européenne demandant la fin des exemptions, en gros l’arrêt d’une tolérance qui permettait allègrement une certaine dérive : des dérogations autorisant les pêcheurs à débarquer les corps des squales d’un côté, les ailerons de l’autre, qu’ils pouvaient revendre ensuite en Asie à prix d’or. Dans ce cas, pourquoi se priver ?

Depuis 2003, les ailerons des requins des eaux européennes sont toujours vendus en Asie pour être transformés en soupe

En clair, depuis 2003, dans les eaux européennes, le fining se pratiquait encore ! Justement, l’étude que je citais ici-même sur ce blog il y a quelques jours le dénonce. Et ce ne sont pas les 10 espèces de requins et raies de Méditerranée, victimes de surpêche et toujours dans l’attente de mesures de conservation efficaces depuis un volt-face de l’UE lors d’une réunion internationale organisée à Paris en février dernier, qui diront le contraire. Les lois destinées à protéger les espèces sont toujours belles sur le papier, mais de là à les appliquer, les animaux concernés ont le temps de disparaître… 

Requins baleines à Dibba (Oman)

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