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Un verre de vin, français ça va, deux c’est trop

Grappes De RaisinsA la vôtre ? Voici une étude qui exagère ou pas, sauf si vous en concluez que nous ne sommes pas tous condamnés à devenir de vulgaires poivrot(e)s et qu’en tout, la modération est de rigueur ! Le bon vin, c’est bien un peu, mais surtout pas de trop et sans mélange au mauvais, comme les biocarburants, gazole ou essence mélangés à des huiles ou alcools, faut-il le rappeler, respectez les limitations de vitesse et roulez seulement si c’est indispensable, juste histoire de conserver votre permis de conduire…

Le vin rouge français n’aurait pas quitté le cœur des américains… La preuve : des chercheurs spécialisés en chirurgie de la célèbre faculté de médecine de Yale se sont penchés en 2006 sur les « bienfaits » de sa consommation dans la revue American College of Surgeons. Bauer Sumpio, auteur principal des travaux va jusqu’à admette qu’« une meilleure compréhension des bénéfices pour la santé du vin rouge, et sans doute des extraits polyphénoliques spécifiques présentant de telles qualités, apporterait une extraordinaire contribution à la société »  sous-entendue américaine ?

Château Crillon VentouxL’appel est lancé ! Selon lui et tellement d’autres – hic ? – la consommation régulière de vin rouge protégerait le système cardio-vasculaire… Ce qui l’a poussé à étudier de plus près les effets du vin sur la santé ? Le fameux French Paradox comme on l’appelle de l’autre côté de l’Atlantique. Il a été décrit en 1992 par des scientifiques bien étonnés de découvrir un taux de mortalité par maladies cardiovasculaires de 40% inférieur à celui des autres pays industrialisés chez les ‘frenchies’, malgré la forte quantité de graisses saturés présentes dans leur régime alimentaire…

Intriguant tout de même, ces français qui trinquent et ne seraient finalement pas en si mauvaise santé ? En apparence en tous cas, à moins que les chiffres ne soient trafiqués et vous seriez alors en train de manifester partout en France en criant « on nous a menti, on n’est pas des cons » ou « arrêtez de nous prendre pour des cornichons, merci » ! N’hésitez pas à ajouter – si vous passez à la télé – que l’agriculture française est en danger et que les Français soutiennent les agriculteurs qui comme vous et moi préfèrent la « vraie bonne bouffe » bien de chez nous aux apparences d’une bonne bouffe d’ailleurs…

Quant au vin et ses effets pervers sur l’organisme – ne nous voilons plus la face, ils existent et il faut toujours les rappeler – le médecin américain préconise de ne pas dépasser deux à trois verres par jour. Est-ce qu’un français conseillerait, lui, de ne pas en boire tous les jours et d’y mettre le prix pour vraiment en savourer toutes les saveurs et ne pas perdre la convivialité d’un tel partage lors d’un bon repas ? Bref, pour le vin rouge, ce sont surtout les polyphénols, puissants antioxydants présents dans le raisin noir, qui auraient des qualités protectrices sur les cellules et le cœur, fluidifiant le sang et empêchant ainsi l’apparition d’athérosclérose. Pour dire adieu à l’infarctus du myocarde, il n’y aurait donc rien de mieux que le vin rouge ? Si les américains se laissent séduire par cette idée suggérée par monsieur Sumpio, il va falloir que les vignerons français remplissent les ? Caves…

Vignoble en haute-savoiePrincipaux vignobles de France

 

OGMA ? Organismes génétiquement modifiés pour être dépendants à l’alcool ou pas

Plaisanterie ? A peine ! Des chercheurs – américains, toujours ? – spécialisés en neurosciences apportent un début de réponse. Chaque année en France, 45 000 décès sont liés directement (23 000 morts par cancers, cirrhoses et alcoolo-dépendances) ou non à une consommation excessive d’alcool. Ainsi, dans le royaume par excellence du bon vin, 4,5 à 5 millions de personnes présentent des comportements d’addiction à l’alcool. Dans certaines familles – pourquoi pas la vôtre ou la mienne ? – on constate même plusieurs cas d’alcoolisme avéré… Ce fléau pourrait-il naître, au moins en partie, dans les gènes ? Des scientifiques de l’Université d’Illinois ont voulu en avoir le cœur net, et ont publié en 2006 le résultat de leur étude dans la revue Journal of Neuroscience.
L’objet de leurs recherches porte sur un gène : celui-ci assure la synthèse de la protéine CREB qui joue un rôle régulateur dans le cerveau, durant les phases de développement et d’apprentissage. Une précédente étude ayant démontré que de faibles taux de CREB étaient corrélés à des symptômes d’anxiété d’une part, et à une consommation alcoolique excessive d’autre part, les biologistes ont travaillé sur des souris de laboratoire présentant une déficience sur ce gène CREB, c’est-à-dire ne comportant qu’une seule copie du gène.
Ces animaux, ayant de faibles taux en protéine CREB, ont été soumis au fameux test du labyrinthe, tout comme des souris normales ayant, elles, 2 copies du gène et des taux normaux de CREB. Les souris déficientes faisaient preuve d’une très forte anxiété et préféraient l’éthanol à l’eau, qu’elles ingéraient jusqu’à deux fois plus que les souris normales. Le résultat était clair : cette surconsommation d’alcool avait un pouvoir anxiolytique et augmentait le taux de CREB (mais de façon moins importante que chez les souris normales s’abreuvant d’éthanol) dans certaines parties de l’amygdale, centre cérébral des émotions et de la peur.
« C’est la première preuve concrète qu’une déficience au niveau du gène CREB est associée à l’anxiété et aux comportements alcooliques ! » explique Subhash Pandey, auteur de l’étude et directeur de recherche en neurosciences sur l’alcoolisme à la Faculté de Médecine de Chicago.
En effet, chez les êtres humains, de nombreux alcooliques souffrent, en plus, d’anxiété et de dépression, et « pour ces individus, la boisson est un moyen de s’auto-médiquer » assure le neurobiologiste. La démonstration de l’implication d’un gène dans certains types d’alcoolisme offre ainsi de nouveaux horizons : mieux comprendre ce problème de société pour mieux le combattre…

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