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Trop tard pour le requin blanc ?

Malgré l’air invincible qui se dégage de son élégante silhouette, le seigneur des océans reste complètement démuni face aux menaces qui pèsent sur lui. Pour lutter contre le déclin de sa population, la communauté internationale se mobilise enfin…

166 pays étaient représentés en octobre à Bangkok à l’occasion de la 13e Convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Le grand requin blanc était l’un des centres de préoccupation de ce colloque. Objectif visé par Madagascar et l’Australie, soutenus par de grandes associations ?

 

Qu’on inscrive ce squale à l’annexe II de la CITES, celle-ci comporte déjà 4100 animaux et 28000 végétaux dont le commerce est sévèrement réglementé, notamment par l’obligation d’un permis. Concrètement, il s’agit de réduire considérablement les marchés que le grand blanc alimente (mâchoires, peau, cartilage, etc.). Et bien cette fois, c’est chose faite, la CITES ayant accepté la proposition ! Cet effort suffira-t-il à sortir l’imposant animal de l’impasse dans laquelle il se trouve actuellement ?

En effet, star médiatisée à outrance et à ses dépens depuis la sortie du film « Les dents de la mer », l’énigmatique Carcharodon carcharias est confronté à un ennemi de taille : l’homme. Victime de la pêche sportive, d’asphyxie dans les chaluts de la pêche industrielle, du shark-finning – cette pratique qui consiste à prélever les ailerons des requins pour les envoyer dans les pays asiatiques à des fins gastronomiques et de médecine traditionnelle – de la pollution, l’appauvrissement de ses ressources alimentaires et la dégradation de son habitat, le grand blanc disparaît peu à peu des eaux du globe.

Le sud de l’Australie aurait même observé une chute de 94% du nombre de grands blancs présents dans la région entre 1980 et 1990. Aujourd’hui, les spécialistes estiment que les requins blancs représentent 0,5% de la population totale de squales. Le plus préoccupant, selon eux, reste leur très lente reproduction : une femelle atteint la maturité sexuelle entre 12 et 18 ans, et ne se reproduit que tous les 2 à 3 ans, n’ayant que de petites portées pour une gestation d’un an !

Si certains états comme l’Afrique du Sud, l’Australie, la Floride, etc. ont depuis longtemps instauré une politique de protection renforcée localement, il faut désormais que la communauté internationale concentre ses efforts sur les grands blancs pour les sauver des risques d’extinction. Une nécessité absolue pour la chaîne alimentaire marine, et impérative si les plongeurs aventuriers veulent continuer à croiser ce géant hors du commun…

Caroline Lepage (article publié en 2005 dans Plongée Magazine)

Focus Un grand blanc en captivité

En septembre, l’Aquarium de Monterey en Californie a accueilli un pensionnaire un peu particulier, un jeune requin blanc. Cette femelle d’1,50 m avait été capturée par inadvertance dans les filets d’un pêcheur, puis acclimatée avant d’être relâchée dans un bassin de 16 millions de litres. Une quarantaine de requins blancs ont eu à subir cette expérience depuis que les aquariums publiques existent, mais leur espérance de vie est alors limitée. Ils n’ont jamais survécu plus de 15 jours, contrairement aux requins nourrices, taureaux ou citron qui tolèrent malgré tout assez bien les conditions de vie en captivité. Habitués aux grands espaces, les grands requins blancs doivent rester en liberté.

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