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Mary, les poissons et les cannibales

Poissons des Tropiques« Plusieurs poissons d’Afrique lui doivent leur nom. Son prénom, c’est Mary. Elle a le look de Poppins, mais c’est une exploratrice intrépide… »

« Mary Kingsley est loin de correspondre aux normes sociales de cette fin de XIXe siècle, néanmoins elle semble typique de l’époque victorienne. Vêtue des idées et des habits de son temps, elle s’est opposée aux suffragettes et aux féministes. 

Urbaine dans la brousse 

Planète bleueElle était étriquée dans ses corsets, ses robes longues et ses chapeaux à fleurs, qu’elle n’aurait changés pour rien au monde : « Plutôt monter sur l’échafaud ! » s’indignait-elle. C’est donc dans cette tenue très urbaine, les cheveux tirés et armée de son parapluie, qu’elle a vécu des aventures rocambolesques au cœur de l’Afrique sauvage la plus profonde, dans des régions qu’elle sera la première Européenne à avoir découvertes. 

Poissons 

Fille d’un médecin voyageur, Mary Kingsley s’est toujours passionnée pour les récits des explorateurs. A la mort de ses parents, elle décide de partir en Afrique « pour y mourir » déclare-t-elle, mais aussi pour continuer l’oeuvre de son père : compléter l’ouvrage de celui-ci sur les coutumes des peuples indigènes. Au passage, elle collectera des spécimens pour le British Museum et pour alimenter sa passion : l’ichtyologie, l’étude des poissons. 

Et cannibales 

En 1893, âgée d’une trentaine d’années, Mary débarque au Sierra Leone, puis explore le Gabon et entreprend l’ascension du Mont Cameroun. Elle remonte l’Ogooué et se retrouve en territoire Fang, dont la réputation de cannibales n’est pas une légende. Seule femme et seule Européenne parmi les autochtones, elle affronte les évènements avec un sang-froid et un flegme tout britanniques, qu’elle raconte dans ses livres avec beaucoup d’humour. 

Une nuit 

Super bestiaireRéveillée dans sa tente par une odeur agréable, elle découvre un sac contenant une main humaine, 3 orteils, 4 yeux, 2 oreilles et d’autres échantillons dans un état avancé. Elle se montre très indulgente vis à vis des Fang, expliquant qu’ils n’agissent pas pour des motifs guerriers, mais simplement parce qu’ils trouvent ça bon. 

Crocodile, léopard et hippopotame 

Mêmes péripéties avec la faune : elle décourage à coups de pagaie un crocodile abordant sa pirogue, elle tombe dans une fosse à fauves hérissée de pieux, elle affronte un léopard en combat singulier, elle échappe à une charge d’éléphants qui l’aspergent de boue, elle plante son parapluie dans l’oreille d’un hippopotame… toujours dans sa tenue de Mary Poppins. »

La suite de cette histoire vraie ? A lire dans ce nouvel ouvrage publié aux éditions Robert Laffont. Après le Kama-sutra des demoiselles, Calme plat chez les soles et Darwin, c’est tout bête, Marc Giraud récidive avec ce Super Bestiaire, passionnant inventaire de singularités méconnues chez les vertébrés ! Dans les publications scientifiques très anciennes ou au contraire « toutes fraîches », on devine un travail d’enquête en amont considérable… Pourtant, c’est bien le plus simplement du monde que le lecteur en apprend à chaque page. Et il y en a 300.

Vous croyez donc tout savoir sur les créatures de la planète bleue ? Détrompez-vous. L’auteur dévoile la face cachée de bêtes connues. Il présente aussi des espèces décrites très récemment par la science ou repérées de façon inopinée dans des endroits si fréquentés que ces découvertes sont à peine croyables, pour ne pas dire complètement loufoques. Exemple, une chauve-souris dans le soutien-gorge d’une dame ou une grenouille léopard dans le Bronx en 2012 !

Lion blancMarc Giraud n’hésite pas à remonter le temps pour expliquer comment la recherche et parfois le simple hasard ont mené à de telles trouvailles. Il dissèque ainsi les aventures de découvreuses (dont on peut lire quelques bribes ci-dessus), d’« inventeurs » et au passage, la bêtise qui entache les belles histoires des bêtes. Même si elle ne saute pas tout de suite aux yeux, comme la blancheur trompeuse du lion (ou du tigre) au regard bleu uniquement répandue dans les zoos et cirques du monde entier…

Et pour cause, il ne s’agit pas d’animaux qui prospèrent en toute liberté selon les lois de l’état sauvage, mais d’une mutation génétique dirigée par la main humaine ! Seulement, si ces couleurs transparentes attirent davantage le public, alors notre espèce, sans prendre de gant, se met volontiers dans la peau du « bon dieu » ! Malgré les risques de consanguinité ? Oui, sans hésiter. D’ailleurs, les (courageux) collectionneurs de trophée sont prêts à tout pour s’offrir le grand fauve lors d’une partie de chasse… dans un enclos. Ou comment récolter beaucoup de petites espèces grâce à la grande ?

Autre cas, les tortues qui « comptent parmi les animaux les plus martyrisés par les êtres humains, pauvres bêtes sans défense et sans expression, tenues captives dans d’atroces conditions ou écorchées vive pour la consommation » s’indigne ce mordu de la carapace dans un chapitre entier qu’il leur consacre. Un défenseur de la tortue, un ami donc : la preuve, ce passionné de nature qui la raconte aussi bien qu’il la dessine a aussi illustré le livre Toutes les tortues du monde, si !

Toutes les tortues du monde

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