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La rose dans le grand bleu

Pélagie la belle méduse (© Caroline Lepage)La pélagie se plaît en Méditerranée. Tous les biologistes marins s’accordent à dire que l’avenir appartient aux méduses. Une perspective hallucinante quand on sait qu’elles sont des animaux primitifs constitués à 98% d’eau !

 

Et pourtant, pollution, réchauffement climatique, surpêche qui fait disparaître les gros poissons capables de leur faire concurrence, déclin des tortues qui s’en nourrissent : toutes les conditions sont effectivement réunies pour que les méduses puissent pulluler en paix…

Méditerranée (© Caroline Lepage)Pélagie N&B (© Caroline Lepage)Alors pourquoi les choses seraient-elles différentes pour la pélagie ? Vous connaissez forcément cette jolie demoiselle rose et violette ? C’est la plus urticante des méduses de Méditerranée. Sa piqûre n’est pas mortelle, mais douloureuse. Autrefois, Pelagia noctiluca se contentait de faire de discrètes apparitions sur nos côtes.

D’après les experts, elle suivait un cycle. Tous les 12 ans, elle revenait pour s’offrir cinq, voire six belles saisons successives, pas plus. Mais elle semble avoir pris goût aux vacances d’été dans le Midi. En 2008, la méduse en était déjà à sa huitième saison sur les plages ! Après ça, comment ne pas s’interroger sur la santé de la mer Méditerranée elle-même ?

Pélagie et ses tentacules (© Caroline Lepage)

Mange tes médusesApprofondir le sujet ? Mange tes méduses (Philippe Cury, Daniel Pauly)

« La nature tend à changer, mais très lentement, et elle nous semble donc stable. Les humains ayant réussi à repousser les contraintes naturelles, en se débarrassant des grands prédateurs, en contrôlant les ressources végétales et en luttant contre les maladies, ont vu leurs populations exploser. L’ensemble du monde a été colonisé, terres arables et ressources marines, exploitées à plein.

Si la nature opère par cycles, l’homme, lui, suit la flèche du temps, qui n’est qu’une sorte de fuite en avant. Ce contraste est à la base des grands problèmes de notre temps et pourrait conduire à la destruction de la nature, si nous ne mettons pas en place des modes d’actions respectant les cycles naturels et rompant avec l’expansion aveugle. Ainsi, nous inventerions la durabilité. Sinon, il ne restera plus que des méduses à la surface de la Terre. »

 

Extrait du livre Explorations en Terre Animale (250 histoires d’écologie)

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4 comments

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  1. lagodka daniel

    Vos articles sont magnifiques aussi bien au niveau du texte qu’au niveau photographique, c’est un plaisir de publier ceux-ci sur Facebook ainsi que sur mon forum (http://www.leschroniquesdebidfoly.com) Merci à vous de nous faire découvrir tant de belles choses dont bien souvent nous ignorions l’existence. le.cricket

    1. Caroline Lepage

      Merci beaucoup pour ces encouragements, Monsieur… Le cricket ;)

  2. bressier

    Bonjour Nous avons fait la traversée avec notre bateau. Gruissan – St Florent au mois de juin, nous avons rencontré des milliers et des milliers de méduses puis des millions de » Velelles » nous pensions que c’était des œufs de Méduses . Je ne sais pas comment mettre les photos que j’ai faite pendant le voyage
    Vos commentaires sont formidables !!!!

    1. Caroline Lepage

      Bonjour Mr Bressier !

      A vrai dire, « j’articule » plus que je ne commente si vous me permettez ce jeu de mots facile au sujet des articles de MerseaPlanète ;-) Les commentaires étant la chasse gardée de Facebook et autres réseaux sociaux…

      Plus sérieusement, votre commentaire m’interpelle : cet été, j’ai comme vous observé le « débarquement » d’un gigantesque banc de vélelles ! J’en ai même ramassé quelques-unes conservées soigneusement depuis. Sur le sable, elles passaient complètement inaperçues au milieu des vacanciers car une fois sèches elles ressemblaient à des petits papiers transparents très légers… Etonnant !

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Velella_velella

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