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Récifs coralliens : la fin d’un grand mystère

Enfin le voile est levé ! Longtemps, paléontologues et biologistes marins se sont interrogés : pourquoi ne trouve-t-on pas trace des récifs coralliens entre -120 et -35 millions d’années (MA) ? Avaient-ils disparus à cette époque ? La réponse dormait patiemment dans le squelette des coraux durs actuels…

Aucun fossile de coraux scléractiniaires – ces fameux constructeurs de récifs – rien, aucune trace… un ‘trou’ de 85 millions d’années dans l’histoire du temps : quel casse-tête pour les paléontologues ! Tout semble s’être passé comme si les récifs coralliens avaient existé jusqu’au début du Crétacé il y a 120 MA, pour subitement disparaître, et réapparaître, ou plutôt repousser enfin comme par magie il y a 35 MA. Tout est histoire d’eau selon Justin Ries, un thésard américain de l’Université Johns Hopkins…

…Et même de chimie de l’eau d’après lui : « les scientifiques sont confrontés à cette question depuis des années. Mes recherches montrent que la chimie des eaux marines du Crétacé ne permettait pas la sécrétion d’aragonite ». Aragonite ? Du carbonate de calcium, le matériau de construction des coraux… Or, à cette période, le rapport magnésium/calcium de l’eau de mer trop faible les empêchait de fabriquer un squelette conçu à 100% d’aragonite comme c’est le cas actuellement.

Le scientifique précise : mes résultats suggèrent que les coraux du Crétacé construisaient leur squelette à partir de calcite », à 35% de calcite et 65 d’aragonite exactement. Alors bien sûr, ils poussaient plus lentement et leur mauvaise résistance ne nous a pas permis de découvrir de fossiles témoins de cette époque ! Cette découverte est d’autant plus exceptionnelle que la plupart des chercheurs s’accordaient à penser que la composition minérale du squelette des organismes étaient fixe au cours des temps. Ici, il n’en est rien…

La partie expérimentale de cette étude de Justin Ries a été un grand défi marqué de nombreux échecs car il a fallu recréer la même composition d’eau de mer qu’autrefois, simuler des conditions de lumière, température, etc. au plus près de la réalité, puis acclimater les échantillons de coraux à ce nouvel environnement. « Je voulais spécialement tester la manière dont les coraux modernes répondaient aux concentrations anciennes de magnésium et calcium car ces composés chimiques, avec le carbone et l’oxygène, sont les matériaux de construction de leur squelette ».

Challenge réussi pour ce chercheur !

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