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Que ferions-nous sans abeilles ?

Beaucoup moins de choses, ça c’est sûr. Petites et fragiles, les abeilles sont si utiles ! Une étude vient pourtant de montrer qu’elles sont en déclin dans la nature et avec elles, les plantes à fleurs. Inquiétant…

Quand on commence à se pencher de près sur une abeille en train de butiner gentiment, on oublie vite la douloureuse piqûre au pied que l’une de ses cousines nous avait infligé, enfant. On se prend même à l’admirer, à la trouver amusante tant elle s’en met partout de ce pollen doré. Sur les pattes, la tête, elle semble se régaler, la coquine ! Mieux que cela figurez-vous, elle travaille dur et c’est en grande partie grâce à cette fameuse cousine et toutes ses copines si, petit, vous avez pu fièrement ramener un bouquet de fleurs de pissenlits à votre maman. Forcément, celles-ci vous plaisaient parce qu’elles étaient les fleurs les plus abondantes et les plus voyantes du pré.

Les petites ouvrières de l’agriculture

Nos abeilles y sont effectivement pour quelque chose. Car elles ne se contentent pas de consommer le pollen – élément reproducteur mâle – (et le nectar) des fleurs. Elles le transportent également jusqu’à l’élément reproducteur femelle – stigmates du pistil – d’une autre fleur, contribuant à la pollinisation, donc à la fécondation. Et cela fait 140 millions d’années que ça dure ! C’est ainsi, grâce aux abeilles, que vous avez pu ramener des sauts entiers de belles mûres sauvages, de quelques framboises puis vous régaler de tartes, sirops et confitures. N’oublions pas non plus le miel qu’elles fabriquent et dont vous raffolez toujours, ou le rôle qu’elles jouent dans la conservation de vergers en bonne santé (ces délicieux fruits d’été ? on les leur doit aussi)… 

Bref, la liste des services qu’elles nous rendent, elles et les autres insectes pollinisateurs, est longue. D’où l’importance de veiller sur tout ce petit monde ! Les apiculteurs n’hésitent pas à tirer la sonnette d’alarme pour nous avertir de la diminution des populations d’abeilles (polémique autour des insecticides Gaucho et Régent). Et cette fois, une étude très sérieuse, parue dans la revue Science enfonce le clou. Dirigée par le Dr Koos Biesmeijer de l’Université de Leeds en Angleterre, l’enquête a ciblé la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. Les résultats donnent un sacré coup de massue sur la tête : en comparaison avec les années précédant les années 1980, la diversité des abeilles a chuté de 52% pour la première région, 67% pour la seconde, et plus généralement sur 80% des 100 sites étudiés !

Pourquoi ?

Constat légèrement différent concernant la diversité des volucelles, des mouches pollinisatrices : 33% en moins pour la Grande-Bretagne, 25% en plus pour les Pays-Bas. Du coup, bien sûr, les plantes pollinisées par les abeilles font grise mine et sont désormais moins répandues (c’est le cas par exemple pour 75 espèces végétales en Angleterre) alors que celles utilisant le vent ou pratiquant l’auto-fécondation pour la pollinisation se portent à merveille ! Preuve, en tous cas, que le sort des abeilles est intimement lié à celui de nombreuses plantes à fleurs. Les raisons de ce déclin parallèle ? Difficiles à établir précisément selon les experts : modernisation des techniques agricoles (usage d’engrais, de pesticides), dégradation de l’habitat naturel, réchauffement de la planète, etc. ? Sans doute un peu un mélange de tout…

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