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Prédictions scientifiques au service de la paix ? Héritage d’une guerre, la météorologie moderne

Le Monde Illustré - Observatoire de ParisPresqu’île ukrainienne en Mer Noire, guerre de Crimée – En 1854, 41 navires sombrent à Balaklava au cours d’une tempête. Urbain Le Verrier, directeur de l’Observatoire de Paris, découvre qu’elle apparaît deux jours avant la tragédie et qu’elle balaye l’Europe d’ouest en est. Autrement dit, cette tempête était prévisible ! Voilà comment naît le réseau européen d’observatoires météorologiques et avec, la météorologie moderne…

Les premiers pluviomètres
Coupe d'un pluviomètre à niveau 1813En Europe, les premières mesures de la quantité de pluie tombée remonteraient à 500 à 400 ans avant J.-C. en Grèce et en Italie. Un siècle plus tard, en Inde, les chefs de village utilisent des bols pour fixer le montant des taxes demandées aux fermiers. Car qui dit pluie, dit bonnes récoltes ! Mais le premier vrai pluviomètre date de 1441. Conçu par Séjong, roi coréen et son fils Munjong, c’est un récipient standardisé également utilisé pour les impôts agricoles. En 1639, l’Italien Benedetto Castelli invente un container gradué permettant une lecture visuelle de la hauteur d’eau. Le premier pluviomètre automatisé, à auget basculeur, toujours employé, est l’œuvre de l’anglais Christopher Wren en 1662. Une fois l’auget rempli, il vient perforer une bande de papier, enregistrement aujourd’hui informatisé…

L'appli météo franceLa météorologie a beau être une science, parfois, les spécialistes du temps se trompent. Pourquoi ? Ils obtiennent leurs informations grâce à de puissants ordinateurs et des logiciels de simulation spécialisés dans la météo à échelle régionale et globale (Aladin, Arpège, etc.). Voilà pourquoi on parle de prévisions numériques du temps.

Les météorologues saisissent donc des donnés (pressions atmosphériques, températures, etc.) qu’ils intègrent dans des équations mathématiques. Celles-ci permettent de prévoir à court terme l’évolution de l’atmosphère sur les zones géographiques ciblées. Ainsi, il sera plus facile de prévoir la météo du lendemain que le temps qu’il fera dans une semaine. Preuve que même les modèles informatiques les plus perfectionnés ont des limites ! Il faut sans cesse les affiner. Et quand bien même, les risques d’erreurs persisteront toujours…

Météorologue, pas journaliste, héros de la sécurité civile !
Le météorologue n’est pas le présentateur/présentatrice météo d’avant le JT, tâche il est vrai parfois réservée aussi aux journalistes, mais celui qui transmet les informations sur les prévisions du lendemain… Alors, qui est-il au juste, lui qui semble faire la pluie et le beau temps ?
Un scientifique qui a fait des années d’études en école d’ingénieur ou à l’université ! Sa mission ? Traiter les données météorologiques enregistrées au sol et dans l’espace par satellites, les insérer dans des modèles informatiques et en analyser les résultats afin de les interpréter et prévoir le temps qu’il fera dans les prochains jours.
Son travail d’alerte est essentiel car il permet de mettre les populations à l’abri avant l’arrivée des grosses tempêtes, ouragans, etc. En tant que spécialistes des statistiques, le météorologue peut également intervenir sur l’étude du climat et ses impacts…

Climat et météo, kif kif bourricot ? Non, la météo est un état instantané en un lieu donné. Etudiée par stations terrestres et satellites, les modèles informatiques la prévoient pour quelques jours seulement. Le climat, lui, est une tendance sur une longue période de temps et une vaste zone géographique. Il est donc examiné à l’aide de valeurs moyennes (températures, précipitations, etc.) à l’échelle des continents, du globe, sur des décennies, des siècles, voire des millénaires ! A peine croyable mais c’est aussi cela, la climatologie au même titre que la météorologie, une science prédictive dont les instruments de mesure s’améliore d’année en année pour sauver des vies.

Observatoire de Paris

 

Le climat du futur selon les prévisions du GIEC en 2007 : canicules, ouragans, inondations !
Image de GOES13 de l'ouragan Maria le 19 sept. 2017Lunette Arago
Alarmistes, donc probablement aussi objectifs que possible face aux données scientifiques recueillies sur toute la planète peuplée de 7,5 milliards d’êtres humains (dont certains consomment à outrance pendant que les autres crèvent de faim dans des conditions d’hygiène à peine croyables), les experts du GIEC ont rendu leur copie en 2007. Comme nombre de leurs confrères climatologues, et de dirigeants qui ne veulent plus pratiquer la politique de l’autruche sur ce point, la réalité ne leur laisse plus le choix : ils ne peuvent plus mentir aux peuples sur le réchauffement de la planète et ses conséquences. Aperçu de ce qui existe déjà et nous attend bientôt si nous continuons dans cette voie…
A Bruxelles, la semaine n’aura pas été facile… Les débats houleux. Certaines parties du « résumé pour les décideurs » – synthèse du rapport de 1400 pages – contestées par certains pays (Etats-Unis, Chine, Russie ou Arabie Saoudite) ont même dû être réécrites pour contenter tout le monde. Mais ce 6 avril 2007, le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) a enfin rendu ses conclusions sur les répercussions du réchauffement climatique.
Synthèse inquiétante annonçant qu’une une augmentation des températures supérieures à 2 ou 3°C avec des impacts négatifs sur toutes les régions du globe ! Or, il suffirait d’une hausse de 1,5 à 2,5°C par rapport à la température de 1990 pour provoquer l’extinction de 20 à 30% des espèces animales et végétales, pourquoi pas dans ce cas et beaucoup plus vite que prévu la disparition de l’espèce humaine ! Un scénario probable après tout puisque les experts envisagent pour 2100 une hausse globale probable des températures comprise entre 2 et 4°C, et jusqu’à 6,4°C dans le pire des cas…

Météo du 20.9.17

Sans parler du niveau des mers qui monte progressivement en raison de la dilatation thermique des océans ? Si, il faut oser le dire : on nous promet au moins une hausse de 19 cm – voire 58 cm dans les scénarios les plus pessimistes – d’ici la fin du siècle, la fin de belles cités balnéaires françaises, des vacances d’été en famille, des journées de farniente en maillots de bain à la plage, de la douceur de vivre dans un décor de paradis ? Voilà une autre conséquence du réchauffement climatique absolument certaine : d’incessants flux migratoires humains, étrangers en dehors de leur pays mais trop instable, trop dangereux, pour qu’ils osent y rester et sans grand espoir de parvenir à trouver en Europe un lieu plus sûr.
Puisque malheureusement de plus en plus conflits dans des villes, villages autrefois agréables, vivants, mais où les maisons, immeubles, entreprises, tombent en ruines, désertés, la faute aux clichés du monde moderne – les femmes qui dépensent trop, les hommes paresseux, les jeunes placés en situation d’échec avant même qu’ils aient envie de faire des études ou de chercher un emploi ? – la violence du chômage même en Europe pour les hommes, les femmes, la misère, la précarité, le dérèglement du climat, les inondations, la montée du niveau des mers, tout étant lié !
Certaines îles seront englouties définitivement sous les flots noyées comme les régions côtières les plus exposées, faut-il se préparer au pire ou est-il déjà là, et nous ne l’avions pas vu malgré les signaux envoyés depuis longtemps par les scientifiques ? De toute évidence, oui ! Le GIEC prévoit que d’ici 2080, jusqu’à 3,2 milliards d’individus souffriront du manque d’eau, 600 millions de la faim tant les sécheresses affecteront l’agriculture.
Les canicules, à l’image de celle de 2003 qui a fait 70 000 morts en Europe et provoqué de nombreux incendies, seront plus fréquentes. Paradoxalement, les experts estiment que les inondations seront elles aussi plus régulières au point de toucher chaque année 2 à 7 millions de personnes supplémentaires en particulier sur les côtes de plus en plus peuplées… Il n’y a hélas que deux parades aujourd’hui : réduire nos émissions de gaz à effet de serre et nous préparer à vivre dans un monde différent…
Info en Plus ! Cet article a été rédigé en 2007, près d’une décennie avant l’accord de Paris sur le climat signé l’an dernier.

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