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Afrique, Chine ? Pour un morceau d’ivoire…


Nous sommes en 2007. Rien a changé. L’éléphant, animal mythique de l’Afrique, est encore et toujours la cible de braconniers. 23000 pachydermes auraient ainsi été tués l’an dernier pour de simples morceaux d’ivoire…

L’être humain est-il matérialiste à ce point ? Oui hélas. Il lui faut de l’ivoire, peu importe son prix, peu importe qu’il faille enfreindre les lois pour s’en procurer ou que cela puisse nuire localement à la survie d’une espèce. Dans ces conditions, pourquoi s’étonner que des braconniers continuent à s’enrichir sur le dos des éléphants ? Pourquoi devraient-ils respecter la convention de Washington (CITES) qui interdit le commerce de l’ivoire depuis 1989 ?

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Dommage, les choses étaient presque rentrées dans l’ordre 4 ans après l’entrée en vigueur de cette précieuse convention. Elle avait quasiment réussi à anéantir le marché noir de l’ivoire… Mais les derniers chiffres fournis fin février dans la revue PNAS par Samuel Wasser, directeur du centre de préservation des espèces de l’Université de l’Etat de Washington, font froid dans le dos. Le trafic repart de plus belle, en particulier à cause des Chinois, très demandeurs de l’or blanc. 

Résultat, les prix s’envolent. Et la vente d’ivoire rapporte de plus en plus : un kilo qui pouvait coûter jusqu’à 100 dollars en 1989 en valait 200 en 2004… et 750 l’an dernier ! Ainsi, en 2006, environ 24 tonnes d’ivoire ont été saisies par les douanes. Considérant que ce chiffre ne représente que 10% des prises illégales réelles, Samuel Wasser estime que 234 tonnes d’ivoire ont dû transiter sur le marché noir international très organisé.

En clair, au moins 23 000 éléphants sur une population africaine qui en compte aujourd’hui 500 000 (l’Asie, elle, n’en abrite plus que 30 000) ont été exterminés, juste pour leurs défenses. Samuel Wasser et son équipe ayant réalisé une banque de données génétiques de plusieurs populations d’éléphants d’Afrique, ils sont capables, à partir d’un test d’ADN, de définir la provenance de la marchandise confisquée et d’en informer les pays concernés. La technique a fait ses preuves, certes. Malheureusement, les autorités des états en question (Zambie, etc.) ne disposent pas toujours des moyens suffisants pour faire cesser le massacre…

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