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Plongée au coeur d’un volcan

Une fois encore, la plongée se met au service de la science, précisément de l’astrobiologie, plutôt en rapport avec l’espace qu’avec les océans ! L’énigme à résoudre : y a-t-il eu de la vie sur Mars ? La réponse se trouve peut-être dans un lac situé à la frontière entre la Bolivie et le Chili à plus de 6000 m d’altitude.

Palmer tranquillement par 6000 m au-dessus du niveau de la mer dans une eau douce à 5°C, qui plus est logée dans le cratère du Licancabur, un volcan mythique d’Amérique du Sud relève de l’exploit… Exploit réalisé une première fois en 1984 lors d’une expédition dont l’objectif était de battre le record de plongée en altitude. Près de vingt ans plus tard, en novembre et pour la seconde année consécutive, des chercheurs de la NASA et de l’Institut SETI se lancent à leur tour dans l’aventure…

Il s’agit cette fois de répondre à un mystère que tente vainement d’élucider l’homme : sommes-nous seuls dans l’Univers ? Mars, appartenant comme la Terre au système solaire, est ainsi l’objet de toutes les convoitises actuelles. Tout porte à croire qu’avant la disparition de son enveloppe atmosphérique, il aurait pu y avoir de l’eau sur la planète rouge, et peut-être la vie ! Cette fameuse enveloppe atmosphérique permet le maintien du cycle de l’eau (via la pluie jusqu’aux océans, fleuves et lacs sur notre planète), et abrite la couche d’ozone qui nous protège des dangereux ultra-violets émis par le soleil en les absorbant.

Lors de l’expédition 2002, les scientifiques avaient découvert que le plancton végétal du Licancabur (des diatomées) avait dix fois plus de déformations, certainement en raison de la très forte exposition aux UV, que celui des lacs d’altitude inférieure. « Nous voulons comprendre si ces diatomées ont développé une sorte de pare-soleil. Si ce n’est pas le cas, elles sont probablement en voie d’extinction… ». Même scénario sur Mars ? Si la vie a existé, a-t-elle disparu ou s’est-elle adaptée -et de quelles manières- aux rayons solaires d’intensité croissante avec la disparition progressive de l’atmosphère autour de l’astre ? Pour le savoir, il fallait plonger à nouveau…

Déjà arnachés de combinaisons étanches et du matériel nécessaire à ce sport extrême, les scientifiques portaient des dispositifs de surveillance des fonctions vitales telles que battements cardiaques, consommation d’oxygène ou température du corps. Même si la plongée ne dépassait pas les 10 mètres, le danger venait bien évidemment du froid, et la complication du manque d’oxygène dans l’air ambiant et des calculs de pression différents par rapport à une plongée classique en mer. Baignant dans cette eau glaciale, ces plongeurs hors du commun sont allés récolter des échantillons d’organismes microscopiques et de sédiments volcaniques, prendre des photos et tourner des vidéos aquatiques permettant l’étude de l’environnement de ce lac de faible profondeur.

Toutes les données recueillies vont maintenant être analysées pour approfondir les premiers résultats. Le docteur Nathalie A. Cabrol, qui dirige ce projet, précise finalement : « D’une part, nous pourrions en apprendre plus sur la stratégie de vie contre les UV, avec toutes les implications qu’il en découle sur l’habitabilité des planètes et les conditions d’exploration pour les futures missions astrobiologiques. Et d’autre part, nous pourrions être sur le point d’identifier une limite à l’adaptation de la vie sur Terre ».

Caroline Lepage (article publié dans Plongée Magazine)

 

Pourquoi le Licancabur ?

En raison des conditions de vie très rudes pour les microscopiques habitants sans doute analogues à celles des éventuels lacs martiens, il y a 3,5 milliards d’années (forte pénétration des rayons ultra-violets, basses températures, faible pression atmosphérique et taux d’oxygène réduit). En effet, le Licancabur en Amérique du Sud est l’un des lacs les plus hauts du monde, au-dessus duquel la couche d’ozone n’est pas très épaisse et le degré d’ensoleillement élevé compte-tenu de l’inclinaison de la Terre. « La meilleure façon de rencontrer une grosse quantité d’UV… » insiste Chris McKay, scientifique de la NASA et membre de la première expédition « est d’aller en haute altitude. Les régions équatoriales sont particulièrement intéressantes car le soleil est plus haut dans le ciel ».

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