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Plastination, cryopréservation,  : l’inquiétant futur décrit autrefois ausculté aujourd’hui !

Adolf Hitler, enfant (Archives fédérales allemandes)

Adolf Hitler, enfant (Archives fédérales allemandes)

En 2006, partout sur la planète, journalistes, scientifiques, artistes espéraient alerter les citoyens à propos de dérives expérimentales sur les humains auxquelles parfois ils ou elles ont pris part. Pas toujours de leur plein gré – je peux en témoigner, depuis 2003 officiellement reporter, c’est un métier dangereux, mais que ne ferions-nous pas pour informer le peuple des aspects plus ou moins acceptables de la démocratie -, expériences donc qui pour certaines n’étaient pas sans rappeler celles qui se succédaient à l’abri des regards sur les prisonniers des camps de concentration lors de la seconde guerre mondiale ! Les scènes paraissaient aux yeux des téléspectateurs et lecteurs dignes de scénario de science-fiction ou de film d’horreur plus que d’une réalité, tout au plus un futur peu réjouissant… C’était la réalité de l’époque : se faire transformer le corps en statue de chair – peut-être même en l’ayant refusé de son vivant, malgré la pression ? – ou cryogénisé gravement malade en attendant que la science réalise des miracles un jour peut-être ! Bio-éthique ou pas ?

En 2006, la cryobiologie réalisait déjà des prouesses notamment pour la conservation d’embryons et de sperme ! La faute à trop de discrétion peut-être, on ne s’embarrassait pas encore avec les manifestations dans les rues contre le mariage pour tous, des débats indispensables sur la PMA, la GPA, l’homo-parentalité, etc. qui font la une des journaux en 2017, et tant mieux… En revanche, bien que prometteuse en chirurgie de la transplantation tant il y a de patients en attente, la cryobiologie se montrait prometteuse mais encore peu performante sur les organes qu’elle abîmait soit au moment de la phase de congélation, soit de celle du retour à température ambiante. Les progrès étaient attendus et les chercheurs continuaient, en fonction des budgets qui leur étaient accordés dans les structures publiques et privées d’explorer la thématique afin d’élargir les domaines de compétences et pourquoi pas, un jour, l’appliquer de façon efficace sur le corps humain ?

A. Bogdan, de l’Université d’Helsinki, publiait de premiers résultats dans la revue Journal of Physical Chemistry de la très sérieuse American Chemical Society. « Les lésions cellulaires apparaissent en raison de la formation de glace dans les milieux intra et extra-cellulaires qui mène à une déshydratation et à une séparation en glace d’un côté, et solution concentrée dégelée de l’autre. Si nous parvenons, par un processus de refroidissement/réchauffement lent, à congeler puis réchauffer les cellules sans cristallisation d’eau, alors les cellules ne seront pas endommagées » expliquait-t-il.

Son secret ? La glace amorphe de base densité (LDA) produite par un refroidissement lent de gouttelettes aqueuses diluées, LDA qui fond en une eau hautement aqueuse (HVW). Selon Bogdan, il ne s’agissait pas d’une nouvelle forme d’eau mais de quelque chose à mi-chemin entre eau liquide et LDA. Avec ça, fini les cristaux de glace ! Avant qu’elle ne puisse s’attaquer au rêve un peu fou de la cryopréservation d’un corps, un bel avenir médical dans le secteur des greffes semble s’ouvrir à l’eau pas comme les autres…

La plastination de cadavres sème la polémique en Floride
Plastination ? Technique inventée dans les années 80 par le très controversé professeur Gunther von Hagens, anatomiste allemand. Elle consiste à remplacer les éléments liquides (graisses, sang, eau) des tissus animaux ou humains par un polymère de style silicone et permet de ‘sculpter’ les corps dans des positions très réalistes…
C’est là tout le but de l’exposition qui a lieu en ce moment même au Musée des Sciences et de l’Industrie à Tampa en Floride, ‘expo’ qui a bien failli ne pas ouvrir ses portes !
Fœtus, joueur de football, fumeur aux poumons bien abîmés… Ces drôles de statues font partie intégrante du ‘spectacle’ qui compte pas moins de 20 corps et 260 pièces anatomiques. Intitulée ‘Corps : l’Exposition’, cette dernière s’est ouverte le 18 août dernier -soit deux jours avant la date initiale prévue- non sans une certaine agitation. Au centre de la polémique ? L’aspect éthique ! En effet, les corps proviennent de Chine -et d’une filière parfaitement légale (écoles de médecine, universités)- assure Roy Glover, professeur d’anatomie et biologie cellulaire à la faculté du Michigan, responsable de l’exposition.
En Chine comme aux Etats-Unis, lorsque personne n’identifie ou ne réclame un corps, il est légué de manière courante et autorisée à la médecine pour l’enseignement des étudiants. Cela dit, si personne ne connaît l’individu décédé, personne n’a pu obtenir de consentement concernant l’utilisation de son corps de son vivant. C’est là un cas de conscience pour le Conseil Anatomique de Floride. A quatre voies contre deux, l’exposition a cependant été autorisée par les experts. Habitués à intervenir dans le contrôle du transport de corps et de pièces anatomiques dans cet état des USA uniquement à des fins scientifiques ou universitaires, leur rôle reste flou sur un cas aussi insolite et inattendu qu’une exposition dans un musée. D’où leur doute à ce sujet… D’ailleurs, ils prévoient de se tourner vers les autorités pour clarifier les choses. Mais leur feu vert a lancé l’exposition sur des chapeaux de roues pour le plus grand bonheur de Roy Glover.
Les 4 premiers jours ont été marqués par une affluence inouïe, dépassant le record établi lors de l’exposition sur le Titanic en 2003. Une semaine seulement après l’ouverture, déjà 21000 visiteurs s’étaient bousculés pour voir l’envers du décor… l’envers de leur propre corps et découvrir ce qui se cache sous l’enveloppe de chair de l’être humain. Le Musée des Sciences et de l’Industrie de Tampa compte sur un succès persistant au cours des mois car l’exposition ne devrait s’achever que fin février prochain. Les spécialistes de bio-éthique la voient d’un mauvais œil. Ils tentent de répondre à cette question délicate : s’agit-il d’œuvres d’art anatomiques pouvant contribuer à l’éducation médicale du grand public, ou au contraire d’une exploitation abusive de corps (sans autorisation, ce qui facilite les choses…) uniquement pour faire dans le sensationnalisme et générer de l’argent ?

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