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Mission réussie pour Stardust

Wild2En voilà une qui était attendue et, en plus, n’est pas rentrée bredouille à la maison… La capsule de la sonde de la Nasa, Stardust, est revenue sur Terre chargée de poussières de comète et d’étoiles !

Photo ksc98PC

Jupiter

Sacré cadeau ! Partie en 1999, Stardust a effectué 4,63 milliards de km. Après avoir fait 3 fois le tour du Soleil, le 2 janvier 2004, près de Jupiter elle a croisé la comète Wild 2. A 240 km de son noyau, elle a bien profité des turbulences…

Dans la chevelure de la comète, ça décoiffe !

Particules de la comète piégées dans l'aérogel du collecteur de la sonde spatiale                                     Vue d'artiste de la sonde Stardust

Facteur spatial… Juste… Pour 1 mg d’éch. ?

Propriété CNES Espace 14 P

Derrière son bouclier de protection, elle a pu récolter en douceur des débris cométaires dans son collecteur, un tamis d’une centaine de blocs en aérogel de silice.

L’autre face avait été utilisée durant les 195 premiers jours de vol pour récupérer des grains interstellaires éjectés par les étoiles en fin de vie. La sonde a même pris en photo sa compagne de jeu… comète tourmentée - c’est le moins que l’on puisse dire – truffée de cratères, rochers et geysers soufflant poussières et gaz !

Lune face visible

Avant de prendre sa retraite au Soleil et se placer en orbite autour, Stardust a largué sa précieuse capsule de 46 kg à 110 000 km au-dessus de nos têtes. Arrivée fulgurante dans l’atmosphère à 46 435 km/h, un record pour un objet de fabrication humaine au point que le bouclier thermique s’est frotté à des températures avoisinant 2700°C. Enfin, après ouverture d’un premier parachute à 32 km d’altitude, d’un second à 10, le colis s’est gentiment posé dans le désert de l’Utah le 15 janvier.

Au final ? Un microgramme d’échantillons à analyser. Mais quel microgramme… La dernière fois que les chercheurs ont eu entre les mains du matériel extra-terrestre prélevé en mission, c’était en 1972. Il s’agissait de pierres de Lune ramassées au cours de la mission Apollo 17.

Centre national d'études spatialesAgence Spatiale EuropéenneNASA

Mémoires

 

Eclaireurs

Plusieurs sondes ont été envoyés à la rencontre des comètes. En 1986, la célèbre Halley a été survolée par Vega (URSS) et Giotto de l’Esa qui a aussi frôlé Grigg-Skjellerup en 1992. 2001, Deep Space One (Nasa) a rendu visite à la comète Borelly. Et l’an dernier, la victorieuse Deep Impact (Nasa) a vécu un coup de foudre mémorable avec Tempel 1 ! Enfin, en 2014, Rosetta (Esa) a envoyé un robot à la surface de la comète Churyumov-Gerasimenko.

Centre national de la recherche scientifique

Les experts de la Nasa, après identification de la position des milliers de grains, s’apprêtent à les envoyer à la vingtaine d’équipes sélectionnées parmi lesquelles 7 du CNRS pour une première étude.

« Les informations tant chimiques que physiques détenues dans les particules des comètes pourraient révéler l’histoire de la formation des planètes ainsi que des matériaux les composant » assure Don Brownlee, responsable scientifique du projet. En effet, la Terre est si active géologiquement parlant qu’elle a perdu sa mémoire. Erosion, séismes, volcanisme sont les gardiens du secret des premiers instants de sa création et de l’apparition de la vie.

Mais les comètes détiennent certainement la clé. Pourquoi ? Noyaux de glaces (d’où la création d’une queue par sublimation à l’approche du Soleil) et de roche, elles sont des vestiges de la formation du système solaire. Ayant migré aux confins du système solaire vers la ceinture de Kuiper, loin de toute influence de détérioration, leur composition n’a pas bougé. Elles portent les indices moléculaires de ces instants qui se sont déroulés il y a 4,6 milliards d’années, en particulier Wild 2 qui n’est passée que 5 fois près du Soleil !

Comme l’union et le web font la force, le Laboratoire des Sciences Spatiales en Californie lance un projet de microscopie virtuelle qui permettra à 30000 internautes volontaires de participer à l’identification des poussières interstellaires…

Terre sans nuages selon Google Eart

Article publié en mars 2006 dans le magazine Questions Réponses

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