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Les baleines ont-elles le mal de mer ?


Ouf, nous y sommes ! Les baleines ont-elles le mal de mer ? sort en librairie le 12 avril, un livre que j’avais en tête depuis une éternité…  

Vous avez un peu de temps devant vous ? Oui ? Parfait. Alors, je vais vous raconter les dessous de ce nouvel ouvrage, le contexte dans lequel il est né et vous livrer ici ce qui aurait pu être son introduction. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été attirée par la vie marine. Comme beaucoup de familles, chaque dimanche, la mienne s’installait devant l’écran de télévision pour s’émerveiller des derniers films du Commandant Cousteau. Mes yeux d’enfant voyaient ces aventuriers du XXe siècle sillonner les mers et explorer des mondes inconnus peuplés d’animaux extraordinaires. Comment ne pas rêver d’en faire autant ?

Souvenez-vous ? Les premières images du monde sous-marin offertes au grand public :

Ensuite ? Cela fera cliché, mais c’est la réalité : les films Orca de Michael Anderson (1977), Les Dents de la Mer de Steven Spielberg (1975) et surtout Le Grand Bleu de Luc Besson (1988) n’ont fait qu’attiser encore ma curiosité, entretenue chaque vendredi soir par Thalassa diffusée sur FR3…

Le livre, autre accès à la culture scientifique

Ainsi « alimentée » à un rythme hebdomadaire par les reportages des émissions de Georges Pernoud mais jamais rassasiée en séquences sous-marines (une fois la fin de la diffusion de celles de Cousteau, la télévision en manquait cruellement), j’alternais entre périodes cétacés et squales. Pour les photos sur papier glacé, je trouvais parfois mon bonheur dans la presse plongée. Ah, ces beaux magazines me faisaient rêver ! Je découpais les articles, les photos que je collais dans des classeurs. J’entassais les fiches bio. Certains mois, épaulards et dauphins tapissaient les murs de ma chambre.

Les suivants, le grand blanc leur avait volé la place ! Lorsque mes parents voulaient me faire plaisir, ils étaient sûrs de viser juste en m’offrant un livre sur la mer. Bref, j’étais « accro ». Et peu à peu ma bibliothèque se garnissait de trésors. Aujourd’hui, toujours collectionneuse compulsive d’ouvrages sur la mer et la science, je l’entretiens comme une belle plante verte, bleue si vous préférez. S’il y a un lien entre ma passion pour les livres et le métier que j’exerce ? Sans aucun doute.

Sur ma liste de choses à faire absolument (on n’a qu’une vie !) figurait inévitablement la plongée. Seulement, je ne voulais pas « plonger pour plonger ». Je voulais juste voir de mes yeux cette faune exubérante des fonds marins. Longtemps, je conservais ce jardin secret dans un petit coin de ma tête en me disant que de toute façon, j’habitais trop loin de la mer et que la plongée n’était pas un sport pour les gens comme moi.

La luth qui fit tilt…

Mais parfois, la vie joue de drôles de tours. La mienne bascula en juillet 1999 en Guyane, chez Evelyne et Gilles. Un soir, ma tante et mon oncle (encore merci à eux ;-) ) eurent l’excellente idée de m’emmener sur la plage de Rémire-Montjoly. Là-bas, sous une nuit étoilée, pour la première fois, j’admirai une tortue luth ! Après s’être péniblement hissée hors de l’eau, elle était venue pondre sur le haut de la plage et avait sans doute précipité l’éclosion des oeufs d’un nid voisin. Quel spectacle, toutes ces tortues miniatures se ruant à la mer, je n’avais jamais rien vu de si émouvant… Ce fut un déclic. Il fallait essayer de réaliser ses rêves.

Alors, on plonge ?

A mon retour de Guyane, cette envie de me mettre à la plongée se faisait de plus en plus pressante, même si je ne cessais de me demander si elle était bien raisonnable. Après tout, j’admirais l’oeuvre de Cousteau et de son équipe, mais je n’avais rien d’un type baraqué prêt à sauter dans la houle avec du matériel lourd et encombrant sur le dos… Et puis, dans les années 2000, un nouveau programme télévisé commença à « démocratiser » pour de bon la plongée en France : Les Carnets de Plongée (bientôt suivi des Carnets d’Expédition)Le concept ? De Francis Le Guen jusqu’alors rédacteur-en-chef du magazine Plongeurs International connu des « tekkies » pour ses explorations de rivières souterraines et ses records du monde en plongée spéléo.

Dans ses émissions diffusées sur les chaînes Voyage, France 5, Planète Thalassa, etc., l’animateur s’adressant aux débutants comme aux plus expérimentés s’évertue à montrer qu’une plongée n’est pas forcément un stage commando et qu’elle peut aussi être une balade sous-marine riche en surprises si l’on prend le temps d’observer. Les ingrédients de sa recette ? Un peu de technique, de science, d’adrénaline, bref, de tout sans excès pour susciter la curiosité, le goût de l’évasion et l’envie de se mettre sérieusement à la plongée autour de l’Hexagone ou ailleurs… Bingo ! Combien de gens se sont enfin décidés à se lancer dans l’aventure grâce aux Carnets de Plongée  ?

Avec simplicité, Les Carnets de Plongée font découvrir l’envers du décor de la planète bleue :

Bon, il devenait temps de m’y mettre également. En bouteilles ou PMT (palmes, masque, tuba), il fallait mouiller la chemise, voire carrément la troquer contre une combi’ en néoprène pour passer de l’autre côté du miroir. Afin de poursuivre mes études, je déménageais en bord de mer et – hasard de la vie encore – à deux pas des rédactions des magazines de plongée que je lisais depuis des lustres. Voilà comment je me retrouvais journaliste pigiste pour Océans, Apnéa et Plongée Magazine. Et comment, bien plus tard, je collaborais avec le premier magazine multimédia de plongée lancé avec succès par un rédacteur-en-chef bigrement audacieux – un certain… Francis Le Guen ! – sur le très fréquenté Plongeur.com de mon ami Fabrice Charleux. Ah, si j’ai croisé des cétacés et des requins dans l’eau ? Quelques-uns, oui. Je n’oublierai jamais cet impressionnant face à face avec la baleine à bosse ou la rencontre avec des requins citrons…

Le bonheur est dans l’eau (sauf lorsqu’on la pollue)

Et d’autres plongées exceptionnelles dans les eaux cristallines des jardins coralliens de Mer Rouge, avec les pastenagues des lagons de Polynésie, les tortues dans les herbiers du Mexique, les lamantins si curieux, les requins à pointes noires aux Maldives, les saupes au-dessus des posidonies de Méditerranée, etc. Il n’y a rien de plus grisant que de plonger… dans le bleu, et quelles leçons d’humilité aussi ! Que la nature est généreuse, splendide. Et l’être humain qui n’est qu’une espèce parmi les autres – évoluée certes –  voudrait la maîtriser ?

Quel orgueil ! Il parvient même à se persuader qu’il a un contrôle parfait sur les technologies qu’il développe comme sur son environnement… Jusqu’à ce que Dame Nature le rappelle à l’ordre. Souvenez-vous : mars 2011, un séisme au large du Japon déclenche un tsunami et dans la foulée un accident nucléaire dramatique dans la centrale de Fukushima. Depuis, la radioactivité « court toujours », y compris en mer. Pas sûr que les baleines et leurs camarades à écailles  apprécient, les chercheurs nous le diront bien un jour. En attendant, « on » était sûr d’avoir tout prévu dans la maîtrise des risques potentiels entourant les centrales nucléaires.

Autre exemple ? Octobre 2011, un porte-container embarquant avec lui 1600 tonnes de pétrole heurte un récif en Nouvelle-Zélande et patatra, revoilà la marée noire qui menace. Comme aux Etats-Unis, celle du naufrage de la plate-forme pétrolière du golfe du Mexique en 2010 ou celle du Prestige en 2002, au large de la Galice… A croire que les évènements ne nous servent jamais de leçons ? Pourtant, on le sait tous : le risque zéro n’existe pas. On vient de le voir une fois de plus avec cette fuite de gaz toute récente sur une plate-forme en mer du Nord. De tels incidents freineront-ils les projets de forages pétroliers au large de Marseille en Méditerranée ou en Guyane ? Un début de réponse dans cette enquête publiée le 30 janvier dernier dans le magazine Terra Eco

Alerte aux requins… en mer !

En 2011 encore, à la Réunion. Cinq attaques de requins rapprochées : les surfeurs ont hélas perdu l’un des leurs. La tragédie a coûté la vie à un homme venu pratiqué sa passion en mer. Elle a aussi affecté tout un secteur économique et fait resurgir en surface la psychose du requin. Dans l’affolement et la précipitation, les « porteurs d’ailerons » devenaient tous des tueurs en série potentiels qu’il fallait éradiquer par « sécurité ». Un décès dans des circonstances tragiques et une ambiance de cauchemar sur l’île, Les Dents de la Mer version 2011…

Durant quelques jours, interviewés régulièrement par les télévisions et les journaux, des experts reconnus avaient beau essayer d’analyser les circonstances de l’attaque avec un recul nécessaire et proposer de bonnes choses, ils n’étaient pas encore vraiment écoutés. Action suivante ? Des filets de protection sur les plages concernées. Et puis enfin, le bon sens reprenait le dessus, entraînant avec lui et sous la pression d’une population en attente de réponses légitimes, le lancement du programme CHARC (Connaissance de l’habitat des requins côtiers réunionnais). Pauser des balises accoustiques, étudier enfin sérieusement les squales de la Réunion pour comprendre leur mode de vie autour de l’île et leurs comportements : alléluia !

Yves Paccalet, naturaliste philosophe, parle de l’importance de préserver les espèces dans leur milieu

Conclusion, l’être humain, bien souvent arrogant, veut en permanence maîtriser la nature. Impossible, et heureusement, n’est-ce pas ? Alors quoi penser ? Replacer notre espèce dans le contexte, comme faisant partie intégrante de l’écosystème et non à la tête de cet écosystème ? A l’échelle des temps géologiques, de la planète, de l’univers, nous ne sommes pas grand-chose et nous ne maîtrisons rien (ou si peu). Tachons au moins de retrouver une certaine candeur devant les beautés de la Terre et de nous poser les bonnes questions pour prendre les meilleures décisions…

Dans cette démarche collective, les chercheurs sont chargés de répondre à nos doutes et à nos interrogations, petites ou grandes. Leurs découvertes doivent donc être mises en avant. Ce sont d’elles dont il s’agit dans mon nouveau livre Les Baleines ont-elles le mal de mer ? Si vous êtes amenés à l’avoir entre vos mains, avant d’entrer dans le vif du sujet, vous pourrez lire quelques lignes de Yves Paccalet nées d’une discussion à bâtons rompus en bord de mer…

Alors, « Les baleines ont-elles le mal de mer ? »

Yves Paccalet dont j’admire la carrière consacrée au service de la planète bleue, déjà à l’époque auprès du Commandant Cousteau, a commis nombre de brillants ouvrages dont le récent L’humanité disparaîtra, bon débarras ou le truculent Les deux mamelles du bonheur. Et spontanément, lorsque je lui parlai de mon projet de livre sur la faune marine, il proposa de m’écrire la préface en guise de soutien ! J’en fus extrêmement  touchée et d’autant plus motivée pour publier l’ouvrage en question.

Quelques mois plus tard, je signais chez L’Opportun, maison d’édition très en vogue ces derniers mois : Les 1001 expressions préférées des français, la série des Petits Dictionnaires Enervés (des aliments toxiques, de la littérature, de Tintin, de nos vies de cons, etc.), Tintin est-il de gauche ? Astérix est-il de droite ? Et je commençais l’année 2012 avec un beau cadeau dans ma boîte mail, une magnifique préface…!

Voilà, vous savez tout ou presque sur les coulisses de mon 6e « bébé » (oui, traduire ou écrire un livre, c’est un peu mener une grossesse – littéraire – à chaque fois lol). Quant à son contenu, en 180 pages, il vous en révélera un peu plus sur les secrets des baleines, requins, tortues, dauphins, coraux etc. Bonne lecture !

Présentation du livre LES BALEINES ONT-ELLES LE MAL DE MER ? (aux éd. de L’Opportun, 15€) en vidéo :

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4 comments

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  1. MOUHOT

    Je suis très fière de la présentation de ton livre.
    J’espère bien pouvoir plonger une fois dans ma vie avec ma petite Caro car le milieu marin est quelque chose qui me fascine et me fait un peu peur.
    Gros bisou Caro
    Christelle

  2. Caroline Lepage

    Merci !

    Plonger ensemble ? Hé, pourquoi pas, ma Christelle ;)

  3. Pierre

    Bonjour Caroline,

    Moi qui adore à la fois les sciences et les mammifères marins, ça tombe bien : j’ai hâte d’en savoir plus sur (et avec) ce livre !

    1. Caroline Lepage

      Bonjour Pierre :D

      Plus ? Alors je vous en raconte un peu plus : le livre comporte 150 questions/réponses sur la biologie et le comportement des baleines et dauphins (2 chapitres sur les cétacés), d’autres mammifères marins (phoques, siréniens) et sur les poissons, requins, etc…

      100% grand bleu ;)

      http://youtu.be/fEMTlgZYbSA

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