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Qui est vraiment le Père Noël ?

Enfin nous y sommes. Un an que petits et grands patientent pour retrouver cette atmosphère si particulière de décembre… Sapins, guirlandes et boules colorées envahissent les maisons et les rues. Il n’en faut pas moins pour accueillir comme il se doit le héros de la fête : le Père Noël bien sûr !

 

 

La place est très animée. Les chalets de bois regorgent de trésors scintillants, de décorations à paillettes, de figurines… Dans l’air flottent d’appétissantes odeurs. Par ici le vin chaud, par là les marrons grillés ! Le brouhaha de la foule est parfois interrompu par les cris de joie des bambins. Emmitouflés dans leur anorak, le bonnet vissé sur la tête jusqu’aux sourcils, seuls dépassent leur petit nez rougi par le froid et leurs yeux émerveillés par les illuminations féeriques de la nuit. Aucun doute : le marché de Noël – tradition de l’Est de la France – est le décor idéal pour rencontrer en chair et en os le Père Noël.

Nicolas de Myre

Marché de Noël à Colmar – Crédits Caroline Lepage

Celui qui passe chaque année la nuit du réveillon de Noël à bord de son traîneau tiré par des rennes nous attend assis à une table, incognito derrière un grand sapin. Il est comme on l’imagine : bien joufflu avec des yeux bleus rieurs, une énorme barbe blanche comme la neige.

Le pompon de son bonnet danse sur ses larges épaules. Son manteau rouge a bien du mal à cacher l’embonpoint du personnage qui nous accueille avec un large sourire. « Bonsoir ! ». D’où vient-il ? Voilà ce que l’on sait à cet instant de la rencontre. Au III-IVe siècles après JC vivait à Myre en Lycie (actuelle Demre en Turquie) un évêque du nom de Nicolas, connu pour sa bienveillance envers les enfants et les plus démunis. Un temps exilé pour fuir les persécutions de l’empereur Dioclétien, il revient lorsque Constantin ordonne la liberté religieuse en 313.

Faiseur de miracles, dit-on, il fut élevé au rang de Saint. Mort le 6 décembre 343, sa dépouille demeurait à l’église de Myre jusqu’à ce que, en 1087, des marchands dérobent ses ossements pour les ramener à Bari en Italie et qu’un chevalier, Aubert de Varangéville, rapporte l’une de ses phalanges à Port en Lorraine devenu alors au Moyen Age un haut lieu de pèlerinage rebaptisé Saint-Nicolas-de-Port au XVe siècle. Ensuite ? Le mythe de St Nicolas protecteur des écoliers, saint patron de la Lorraine, des célibataires, marins, boulangers, tonneliers et pharmaciens s’est rapidement propagé en Europe catholique. La réforme protestante du XVIe siècle essaya pourtant de le faire disparaître…

Santa Claus

Saint-Nicolas (Crédits Gaby Kooiman Wikipedia)

Au début du XVIIe, les Hollandais lui font traverser l’Atlantique. Ces colons s’installent sur la côte Est de l’Amérique du Nord et fondent une ville qu’ils baptisent New Amsterdam, l’actuelle… New York ! Saint Nicolas – Sinter Klaas aux Pays Bas – devient Santa Claus aux Etats-Unis. « C’est à un pasteur new-yorkais, Clement Clarke Moore que je dois ma réputation. En 1821, il écrit un conte de Noël pour ses enfants intitulé ‘Une visite du Saint Nicolas’ » avoue le Père Noël.

Il sort de sa poche un papier froissé et jauni par le temps sur lequel on lit : « Je n’en crus pas mes yeux quand apparut au loin un traîneau et 8 rennes pas plus gros que le poing, dirigés par un petit personnage enjoué : c’était le Père Noël je le savais. Ses coursiers volaient comme s’ils avaient des ailes. Et lui chantait afin de les encourager : « Allez Tornade ! Allez Danseur ! Allez, Furie et Fringuant ! En avant Comète et Cupidon ! Allez Eclair et Tonnerre ! Au galop au galop mes amis…

L’idée de distribuer des cadeaux dans la nuit du 24 au 25 décembre ne revient pas au Père Noël. C’est une tradition héritée de l’Antiquité pour fêter le solstice d’hiver…

Peu après j’entendis résonner sur le toit le piétinement fougueux de leurs petits sabots. Une fois la fenêtre refermée, je me retournais, juste quand le Père Noël sortait de la cheminée. Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet, étaient un peu salis par la cendre et la suie. Jeté sur son épaule, un sac plein de jouets, lui donnait l’air d’un bien curieux marchand… Sans dire un mot, car il était pressé, se hâta de remplir les bas, jusqu’au dernier, et me salua d’un doigt posé sur l’aile du nez, avant de disparaître dans la cheminée. Je l’entendis ensuite siffler son bel équipage. Ensemble ils s’envolèrent comme une plume au vent… ».

Magie de Noël. En quelques lignes, St Nicolas était lié à la fête religieuse du 25 décembre qui célèbre la naissance de l’enfant Jésus-Christ. Deux ans plus tard, le 23 décembre 1823, le journal Troy Sentinel de New York publia le poème. Succès immédiat. L’histoire allait faire le tour du monde !

Père Noël

Désormais, on ne parlait plus que du Père Noël, bien plus païen que chrétien sans crosse, ni mitre, seulement équipé d’une hotte pleine à craquer de surprises. « Mais mon histoire ne s’arrête pas là. En 1863, je trouve enfin mon style grâce aux coups de crayons experts de l’américain Thomas Nast qui rafraîchit mon image dans le journal Harper’s Illustrated Weekly. Pour lui, je ne peux être que ‘rondouillard’ –avouez que cela me va bien- et jovial ! Et puisque j’ai des rennes, je viens du Pôle Nord… forcément. L’idée séduit les Finlandais, bien contents de crier haut et fort que leur pays est celui du Père Noël. On ne va pas les contrarier » explique le bonhomme en riant.

Au fait, un autre dessinateur a participé à la couleur de sa garde-robe et cela fit grand bruit à l’époque… Haddon Sundblom, pour le compte de Coca-Cola en 1931, l’habilla de rouge et de blanc mettant au placard le ‘vert lutin’ auquel était habitué le Père Noël. Le but de la campagne était d’inciter les enfants à boire cette boisson même en hiver. Les posters placardés sur les murs ont, il faut l’admettre, encore élargi la popularité du Père Noël, véritable star du petit et du grand écran aujourd’hui.

« Oui, c’est vrai, j’ai fait un peu de publicité et joué dans quelques films. Mais je préfère rester discret. Le réveillon de Noël doit garder tous ses mystères pour les enfants » confie la vedette, modeste. Quand le Père Noël est-il revenu en France ? Dés la fin de la seconde guerre mondiale. La célèbre chanson ‘Petit Papa Noël’ de Tino Rossi l’a d’ailleurs bien aidé. Mais où est-il ? Il a disparu… Comme par enchantement dans un murmure, nous laissant ces derniers mots à l’oreille : « je dois vous laisser. J’ai encore mille choses à préparer. Passez un Joyeux Noël !

Des illuminations de Noël drôlement techno aux Etats-Unis…

 

Article publié dans le magazine Questions Réponses (décembre 2005)

 

La fête de Saint Nicolas

Dans l’Est de la France – surtout en Lorraine, Alsace et Franche-Comté – ainsi qu’en Allemagne, Autriche, Belgique, Hollande, Suisse, Pologne, Russie et aux Pays Bas, les gamins attendent le 6 décembre avec impatience. C’est un peu Noël avant l’heure ! Le grand Saint Nicolas, coiffé de sa mitre, crosse à la main, fait le tour des écoles et des villages, accompagné de son âne. Aux enfants qui ont été sages toute l’année – et qui n’oublient pas de laisser un peu de foin et une carotte à son âne – il offre d’exquises friandises : jeanbonhommes (manalas), mandarines, papillotes, Saint Nicolas en chocolat ou en pain d’épice. Quant à ceux qui ont fait des bêtises, ils devront en découdre avec son collègue, le redouté Père Fouettard, tout de noir vêtu et toujours armé de son bâton…

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