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Le Napoléon victime de son succès

Une bouille inimitable, des couleurs électriques tape-à-l’oeil, un sens de l’accueil qui séduit à tous les coups : le Napoléon, c’est le chouchou des plongeurs ! Hélas, d’autres se passent volontiers de sa charmante compagnie, mais pas de son goût…

Ce bon gros et gentil toutou marin de l’Indo-Pacifique au regard tendre peut mesurer jusqu’à 2 mètres et peser plus de 190 kilos pour les plus vieux spécimens. Mais ce ne sont pas ces derniers, pouvant atteindre l’âge de 30 ans, qui intéressent les consommateurs. Non, eux, ce qu’ils cherchent ? De la chair fraîche et tendre, des juvéniles… D’où le drame pour cette espèce en danger (inscrite sur la liste rouge de l’IUCN) et qui, pour passer dans le cercle très fermé de celles dont le futur s’annonce plutôt serein, doit pouvoir compter sur ses jeunes !

Mais pourquoi paniquer puisque le Napoléon (Cheilinus undulates) est sous haute surveillance ? C’est vrai, son commerce est réglementé depuis qu’il figure à l’annexe II de la CITES (cette convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction). Il faut donc un permis pour le vendre. Néanmoins, la demande est si forte, en particulier depuis Hong-Kong (mais aussi ailleurs en Chine, ainsi qu’en Malaisie ou à Singapour) et les prix si alléchants – jusqu’à 100 dollars le kilo – que certains n’hésitent pas à se dispenser du fameux permis.

Le marché noir n’est pas prêt de s’éteindre. Exemple en Indonésie qui a fixé pour ses eaux – et seulement dans certaines zones – un quota annuel de 8000 prises destinées à l’exportation. C’est la troisième fois cette année que les autorités saisissent des individus vivants. Ainsi, 36 napoléons viennent d’être récupérés in extremis à l’aéroport de Manado d’où ils devaient s’envoler pour Hong-Kong… Là-bas, pas de souci puisque l’annexe II de la CITES n’est pas appliquée pour Cheilinus undulates. Son importation sans permis n’est donc pas illégale !

Une sacrée faille dans le système, n’est-ce pas ? Il y a de quoi s’inquiéter en effet. La conclusion d’organisations internationales (WWF, TRAFFIC, IUCN) est la suivante : il faut renforcer la législation ainsi que la coopération entre les pays concernés. C’est la seule solution ! Sinon, un jour prochain, l’industrie de la pêche centrée sur le beau Napoléon, pourrait bien entraîner sa pure et simple disparition et priver ses amoureux de l’un de leurs plus fidèles compagnons de plongée…

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