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LE GAUFRIER RESPIRE A PLEINS POUMONS

Un humain de base doit répondre à l’appel de la faim. Au fond, depuis les débuts de l’humanité, c’est ainsi : pour survivre, il faut manger, parfois froid, parfois chaud, selon les besoins de l’organisme qui essaie de s’adapter aux conditions environnementales. Egoïstement, le corps veut durer dans le temps et de façon inconsciente, aider ceux et celles de son espèce – tous évolués – à durer aussi ! Démonstration avec votre gaufrier…

Il n’est donc pas surprenant que la crêpe et la gaufre (comme la chips) conservent un succès indémodable chez toutes les générations, de l’enfant à l’adolescent jusqu’à l’âge adulte. Le concept est bon, le goût aussi, seuls les ingrédients sont parfois mal sélectionnés. Quant aux appareils, ils s’encrassent à l’usage : au fil des jours, des semaines, des mois ou des ans pour les plus résistants.

Noircis d’un goudron difficile à déloger, même à l’eau chaude et à l’huile de coude, quand les plaques à gaufres ne sont pas détachables du gaufrier… Electrique, de taille assez imposante pour qu’il soit inenvisageable de le faire passer au lave-vaisselle ou de le gratter à l’éponge dans l’évier de la cuisine.

Résultat ? Le cerveau s’en fiche. Lui, il continue jour après jour de signaler régulièrement sa faim et sa soif de vivre : c’est toujours agréable d’avaler une boisson fraîche avec une délicieuse gaufre en effet. Et quand les neurones sont affamés parce qu’ils ont été beaucoup sollicités, les neurones ou les muscles – c’est le même mécanisme de besoins énergétiques selon nos activités quotidiennes – il est urgent de recharger les batteries.

L’organisme réclame les calories et matériaux de construction (glucides, lipides, protéines) qui lui permettent de travailler, bouger, recycler ses cellules et évacuer ses déchets. Hé oui, aux toilettes, larguer naturellement des excréments impeccables, de la matière organique empaquetée si soigneusement qu’on croirait une œuvre d’art aussitôt potentiellement recyclable par dame nature et ses verres de terre, c’est aussi du boulot ! Du boulot possible uniquement si les humains se nourrissent avec envie, appétit et plaisir… Alors, évidemment, il est toujours facile pour apporter immédiatement l’énergie aux membres ou organes demandeurs de s’enfiler vite fait un Mars mini.

 

Oui, ça marche aussi mais pour l’urgence absolue seulement. Sinon, tout dépend de l’endroit où l’on se trouve et avec les gaufres la difficulté est légèrement supérieure à celles des fines crêpes : on les imagine faciles d’accès dans les crêperies probablement plus nombreuses en Bretagne qu’à Paris, c’est étonnant… Mais c’est comme ça, plus compliqué encore avec les épaisses gaufres.

Dans une rue commerçante en centre-ville et en périphérie autour des zones touristiques, les gens doivent pouvoir s’arrêter casser une croûte ou dénicher une sublime gourmandise dans une boulangerie-pâtisserie, un café-restaurant ou un camion équipé occupé par de vrais passionnés du terroir simple, rustique. Ces héros de la restauration rapide et délicieuse sont en mesure de servir une variété de crêpes ou de gaufres à leurs clients ravis d’en avoir pour leur argent, leurs papilles, leur ventre (sans tomber malades ensuite), et leurs neurones et leurs muscles donc.

Si l’on ne marche pas dans des endroits assez touristiques et jolis à regarder pour qu’ils méritent nos efforts physiques et par conséquent que l’on puisse y rester quelques instants en savourant une crêpe ou une gaufre, on la fait chez soi. Et puis, on en fait souvent, parce qu’il faut être honnête, ce n’est pas seulement bon, c’est aussi efficacement nourrissant. Les rabats-joie de la dictature du régime peuvent crier au grignotage qui risque de faire grossir, ceux qui savent – les savants ? – parleraient de bon sens…

Ainsi, après plusieurs séries de gaufres appréciées pour leur discrète saveur amande, nature – ça passe aussi avec de la margarine végétale, du lait de noisette, du sucre ou pas (pour la gaufre salée) et du riz réduit en poudre, pardon en farine – la matière grasse incorporée dans chaque gaufre ne suffit plus à assurer le bon fonctionnement du gaufrier. Dans ce cas, notre instinct nous incite à réagir…

L’appareil chauffe sur ses deux faces, et tout en noircissant jusque dans ses alvéoles, libère une vapeur d’eau qui finit par sentir le brûlé de la croûte sombre goudronnée qui s’épaissit à l’usage. Phénomène vérifiable en une seule observation, une seule série de gaufres… Un peu comme une paire de poumons qui s’encrassent et finissent par étouffer dans l’épaisseur de fumées pas toujours visibles à l’inhalation par le nez et la bouche.

Maudite pollution de l’air aggravée un peu plus encore chez les fumeurs de cigarettes ou de joints pendant que les autres ne bronchent pas… Voilà pourquoi depuis des années, comme les mineurs d’autrefois, des hommes et des femmes meurent dans d’atroces souffrances, « asphyxiés par ces bêtises de gaz » en circulation dans leurs voies aériennes. Le sang ne peut plus capter l’oxygène dans le milieu ambiant ni rejeter le gaz carbonique. A terme, la respiration devient impossible : l’individu meurt à petit feu en étouffant, et sans doute encore plus vite dans une zone surpeuplée.

Peut-être que si les gens, mis en appétit par l’odeur alléchante, avaient d’abord préféré tenir à deux mains une belle gaufre à la confiture d’abricots (ou de fraises, myrtilles, etc.) plutôt que de se jeter la clope au bec sur une angoisse aux origines floues, ils seraient en pleine forme ! Parce qu’être gourmand permet d’aimer la vie, de la respirer à pleins poumons et de la croquer à pleines dents. Sur ce constat légèrement amer, les non-fumeurs continuent d’être gourmands, souhaitent ne jamais oublier l’odeur et le goût des gaufres, marchent ou courent autant que l’énergie apportée par une gaufre le leur permet.

Et lorsqu’ils nettoient simplement les alvéoles des deux faces de leur croque-gaufrier, juste en l’imprégnant d’huile végétale sans gluten ni lactose avec une feuille de papier absorbant, ils ne peuvent s’empêcher de penser aux victimes : aux morts tués par la pollution et le tabac, et aux fumeurs dont l’appareil pulmonaire se meurt…

Si seulement, ils avaient préféré la gaufre au tabac, ou si seulement il existait un remède miracle appliqué en traitement local, un truc qui se vaporiserait juste à peine dans l’air, de quoi désencrasser durablement les alvéoles pulmonaires : comme des gouttelettes d’huile qui feraient évacuer par l’expiration les goudrons et les cendres qui empêchent de respirer et condamnent trop tôt les vivants à partir en fumées de morts. On sauverait l’humanité, peut-être ?

Et peut-être aussi que l’on ferait d’anciens fumeurs, nouveaux retraités de la cigarette, heureux de reprendre le volant de leur voiture d’antan, préférant voyager que crever dans un lit d’hôpital, préférant rouler en toute liberté sur les routes quitte à carburer à l’automobile acceptant les biocarburants plutôt qu’à crachoter la cigarette électr(on)ique ?

 

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