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Une putain de maladie du passé observée en laboratoire {archive 2006 mise à jour 2017}

L'Ignorance une putain de maladieAtchoum ? Guerre chimique, bactériologique, virus informatique, le cinéma s’est emparé de toutes ces armes pour les intégrer – à grands renforts d’effets spéciaux de plus en plus spectaculaires – depuis le début du 21e siècle à ses films dramatiques, historiques et plus ou moins futuristes. Dans quel but ? Divertir les millions de spectateurs installés « paisiblement » dans les salles obscures de tous les pays ou les avertir « en douceur » qu’il s’agit plus de documentaires que de fictions tant le monde réel, qui n’a rien de parallèle, a des allures de planète en guerre ? Dans ce cas, autant bien choisir son camp et définitivement, car l’humanité ne pourra pas s’installer sur une nouvelle planète, ni survivre sur l’actuelle si elle surexploite les ressources naturelles de la terre et rouvre les blessures du passé en rejouant aux apprentis sorciers avec les armes de l’horreur. « Ah, les humains tomberont malades, disparaîtront bêtement et pour toujours !», voilà ce que vous penserez en découvrant la vérité sur certaines expériences comme la suivante : des chercheurs ayant rescucité la grippe espagnole sur des souris, soit disant afin de dévoiler la face cachée du méchant virus ! Mission inquiétante réussie aurait dénoncé mon héros anonyme de la 2e guerre mondiale, mon grand-père, mais était-ce indispensable ?

Militaires de l'armée américaine victimes de la grippe de 1918 à l'US Army Camp Hospital d'Aix les Bains Des masques pour la police

La 1ère guerre mondiale n’a pas été le seul fléau du début du 20e siècle. Les années 1918-1919 furent pire encore en raison d’un virus étrange qui se propageait comme la peste : celui de la grippe espagnole. Aucune frontière ne l’arrêtait ! La pandémie fit 20 à 40 millions de morts, les jeunes étant les plus touchés. Des experts estiment que le virus tuait 1% des gens infectés ; par comparaison avec celui de la grippe aviaire qui en a tué environ 90%…

On classe les virus grippaux en 2 groupes, A et B. On les nomme ainsi A(H3N2), A(H1N1)… Par exemple, A(H5N1) est le nom de la terrifiante grippe aviaire. H et N (Hémagglutinines et Neuraminidases) représentent des antigènes, autrement dit des protéines portées en surface par le virus. De simples modifications au cœur de celles-ci peuvent transformer un virus sans grande gravité pour la santé, en un tueur en puissance !

L’hémagglutinine : arme fatale du virus de la grippe espagnole

Yoshihiro Kawaoka, virologiste japonais pour les Universités du Wisconsin et de Tokyo, vient de publier les résultats de son étude dans la revue Nature. A la fin des années 90, à partir d’échantillons prélevés sur des victimes encore bien conservées, des scientifiques étaient parvenus à séquencer une partie des gènes du virus de 1918. Le virologiste, lui, a pu ainsi reconstruire les 2 gènes assurant la synthèse des hémagglutinines et des neuraminidases, puis à les insérer dans le génome d’un Influenza A (l’autre nom du virus de la grippe) actuel bénin.

Il a ensuite infecté des souris avec ce virus modifié. Elles ont très vite présenté des symptômes proches de ceux décrits dans le cas de la Grippe Espagnole : atteintes des poumons et sévères hémorragies.« Ici, nous démontrons que l’hémagglutinine du virus de 1918 confère une pathogénicité plus importante chez les souris que les virus humains récents qui sont par ailleurs non-pathogéniques chez ces hôtes animaux » affirme le scientifique.

Il a en effet découvert que toute la ‘force’ de ce virus est en réalité concentrée sur les hémagglutinines, qui à elles seules, suffisent à rendre les souris malades. Son étude soutient également la thèse d’une origine aviaire de la Grippe Espagnole. Les oiseaux sont bien les réservoirs primaires des virus Influenza de type A, d’où l’inquiétude qui plane actuellement avec la grippe aviaire…

Le risque de la transmission oiseaux-humains

Les antigènes sont un peu comme des clés qui ouvrent des serrures -les récepteurs- sur les cellules. Fort heureusement, les antigènes des variétés aviaires de ces virus ont des récepteurs bien particuliers sur les cellules des oiseaux. Ces récepteurs différent légèrement de ceux que l’on retrouve chez les êtres humains,« ce qui limite la transmission des espèces aviaires à d’autres espèces, y compris les humains, mais pas complètement… » reconnaît Kawaoka.

La preuve, en 1918, ça n’a pas été la règle. Les antigènes du virus ont facilement trouvé les serrures pour infecter les cellules des hommes, et le virus n’avait plus qu’à s’y introduire. « Cela indique qu’il y avait un changement dans la reconnaissance du récepteur après l’introduction des espèces aviaires aux humains. Le virus reconnaissait le récepteur humain même s’il venait d’une espèce aviaire. Voilà pourquoi il se transmettait si facilement aux humains ! » poursuit le chercheur.

Sa dernière découverte concerne les derniers survivants de cette épidémie : « les gens qui ont été infectés par le virus en 1918 ont encore de nombreux anticorps, même 80 ans plus tard », et leurs défenses immunitaires se sont révélées parfaitement efficaces contre le virus modifié du chercheur ! Autrement dit, ces personnes âgées aujourd’hui survivraient encore à l’épidémie. Et de toute manière, celle-ci serait rapidement maîtrisée car il existe désormais un vaccin. Ce n’est hélas pas le cas pour le virus H5N1 de la grippe aviaire…

Oie

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