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La viande des hommes de la pêcheuse qui a « pécho »

Viande de pêcheuseChez les humains, on n’hésiterait pas à la qualifier de « putain d’ordure » et la juger sans pitié – direct en tôle – au motif grave de cannibalisme mortifère ! Cette monstrueuse bête, polygame, voulant les messieurs fidèles pour l’éternité même s’ils ne sont pas d’accord pour finir en cage d’une telle façon ne leur laisse pas le choix : elle les contraint à partager à plusieurs un festin étrange et en toute intimité. La malbouffe de madame ? Le malheur des hommes…

Tiré de Drawn from Nozères et al. 2010On la retrouve dans l’obscurité des profondeurs qui n’empêche pas la femelle de cette espèce – le pêcheur à deux massettes ou diable de mer à verrues – de « briller d’originalité » grâce à son museau équipé d’un filament pêcheur. Quoi, un poisson qui pêche ? Et alors ! L’extrémité de sa canne est bioluminescente, piège pour appâter les hommes égarés dans la nuit abyssale et les avaler tous crus…

Faire craquer un mâle peut-être séduit sans savoir qu’elle n’est pas celle qu’il imaginait ? En effet. Chez cette espèce de poissons lanternes, absolument tout est curieux dans ce qu’il est quasi impossible pour nous d’appeler un couple : de leur différence de tailles à leur rencontre en passant par leur mode de fonctionnement.

Le mâle mesure moins de 10 cm et de fait, figurer parmi les plus petits vertébrés au monde, quand la vilaine dame est jusqu’à 60 fois plus grande et 500 000 fois plus lourde. Cas de dimorphisme sexuel particulièrement impressionnant ! Aussitôt après leur rencontre, « le pauvre amant » vit une « relation fusionnelle« … Il n’est pas question de beaux sentiments ici, c’est juste qu’il n’a pas le choix en réalité, tout freluquet qu’il est : libre, solitaire, célibataire avec l’envie d’entrevoir la lumière au bout du tunnel ? Heureux comme un poisson dans l’eau donc ? Non plus…

Car dans un tel état, son système digestif dégénère rapidement

Procés

Il devient incapable de se nourrir. C’est une chance qu’il n’ait pas en plus besoin de travailler – nous sommes lundi, jour de rentrée, au boulot, les Français ! –  et seulement à se préoccuper de son maigre appétit car de toute façon, s’il ne trouve pas une femelle vite fait, il est condamné… Alors autant dire que ce « poids léger » a tous les sens en éveil : une vision performante pour affronter le côté sombre de l’endroit et un odorat assez développé pour lui permettre de pister la moindre phéromone abandonnée sur les lieux. Quel intérêt s’il n’est pas encore sexuellement mature lorsqu’il croise la « star des abysses » ?

Elle s’en fiche de son âge, et lui ne peut se permettre de poireauter 107 ans pour trouver mieux. Du coup, il n’a guère l’opportunité de se plaindre. Oui, c’est vraiment pas de chance si elle ne lui plaît pas physiquement – ne parlons même pas d’émotions ici – ! Sans pouvoir râler, mais qui l’entendrait ? Il « croque dans la bidoche » de la dame. Difficile de jurer sur l’honneur qu’il ait vraiment faim en cet instant…

Ce terrifiant attachement à la peau de bête est l’élément qui déclenche la maturité sexuelle de part et d’autre. Et non l’âge ou la taille comme c’est généralement le cas chez les animaux…

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAvec les quenottes qui vont bien pour s’accrocher, voilà notre homme parasite de la dame pour toujours… En un mot, fidèle pour l’éternité ? Dit ainsi, cela semble exagéré mais… Il arrive exceptionnellement qu’il ne soit pas le premier sur les lieux. Type formidable, il est monogame ! Problème de taille, elle est polygame ! A partir de là, elle et lui vont ne former plus qu’un –  » vous avez probablement raison de penser qu’elle est particulièrement dégueulasse, la putain d’ordure !  »  grâce aux enzymes de son bide qui vont digérer des tissus et de l’un et de l’autre…

Fusion au niveau de l’épiderme, connexion des vaisseaux sanguins : ouf, avec ce « putain de cannibalisme à la con« , le voilà tiré d’affaires nourri grâce aux échanges d’éléments nutritifs (protéines, lipides, glucides, etc.) de la « grande dame », un peu comme un embryon l’est par le placenta de la mère…

Ensuite ? Toujours sous l’action d’enzymes, une partie des organes du bonhomme s’atrophie, sauf les sexuels. Peut-on pour autant qualifier un tel destin de « liaison éternelle » ? « Non, dites-vous, il n’a qu’à faire un régime pour se débarrasser de ces atroces toxines et divorcer !« . Idée en effet bienvenue chez les humains…

Avouons qu’être liés physiquement pour toujours à quelqu’un que l’on n’a peu ou pas aimé a de quoi être un traumatisme difficile à soigner sur le plan psychologique. Mais pas impossible : rappelons-le, chez les animaux, on ne s’embarrasse pas avec les états d’âme ! Aussi, le sperme est tenu à disposition de la femelle lorsque ses ovules seront décidés à être fécondés, un jour. Son mâle-objet pincé au ventre, elle aurait presque des airs d’hermaphrodite, la vilaine…

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