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La paix pour les lions en Afrique du Sud ?

On l’appelle chasse en boîte car le gibier (entre autres des lions) est élevé dans le seul but de finir en trophée. Ainsi, des chasseurs sont prêts à payer des fortunes pour s’offrir, sans danger, la tête d’animaux africains mythiques sur un plateau ! Une pratique sur le point de s’essouffler…

En Afrique du Sud, la chasse en boîte (en parcs privés) est un luxe. Grâce à elle, chaque année, plus de 7000 apprentis chasseurs du dimanche venus d’Amérique du Nord, de Russie, ou d’Europe peuvent pointer du « gros » au bout de leur fusil : lions, léopards, buffles, rhinocéros, etc. Et tout cela en toute légalité ! Ainsi, près de 5000 lions sont actuellement maintenus en captivité par des fermiers afin de satisfaire les besoins d’aventures et d’émotions fortes de riches étrangers, prêts à rentrer chez eux en héros, un trophée sous le bras… Pourtant, il n’y a pas de quoi être fier.

Cette chasse, si elle en porte le nom, n’a plus rien à voir avec un vrai duel à armes égales en pleine nature entre l’homme et l’animal. D’où une image peu reluisante qui fait jaser depuis pas mal d’années déjà. D’autant plus que l’activité a donné lieu à d’inquiétantes dérives (animaux drogués, traque en enclos très réduit, chasse au projecteur en pleine nuit, en camion, etc.) visant à faciliter encore la tache au très « courageux » et fortuné chasseur. Seulement, elle rapporte gros (100 millions de dollars annuellement), y compris à l’Etat, et génère des emplois. En 2006, 480 lions ont été chassés dans le pays. Parmi eux, 444 provenaient d’élevage. 

Pour celui qui voulait s’offrir une lionne, il lui fallait sortir 6000 à 8000 billets verts… Pour un lion ? 20 000 à 30 000 ! Mais voilà, les fauves vont enfin pouvoir souffler. Le ministre de l’environnement Marthinus van Schalkwyk a annoncé en février l’entrée en vigueur dés le 1er juin prochain d’un nouveau texte qui risque de ne pas plaire, en particulier aux éleveurs. Voilà ce qu’il prévoit : à partir de cette date, les lions issus d’élevage ne pourront être chassés dans une période de 2 ans après leur remise en liberté dans une réserve (contre quelques jours pour l’instant). Ce que la loi ne dit pas, c’est comment ces animaux vont-ils passer d’une vie en complète assistance à un retour à l’état sauvage ? Retrouver leur instinct de prédateur après avoir été nourri par la main de l’homme depuis leur plus jeune âge sera-t-il possible ?

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