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La fonte des glaces attire-t-elle les orques en Arctique ?

Apparemment oui. Une conséquence de plus pour le réchauffement climatique qui n’est pas du goût des chasseurs Inuits voyant, dans les orques, des rivaux dont ils se passeraient bien volontiers !

D’abord, il était uniquement question d’impression… Les chasseurs Inuit avaient le sentiment d’apercevoir de plus en plus d’épaulards ces dernières années. Impression ou réalité ? La science s’en est mêlée. Jeff Higdon, de l’Université de Manitoba, a ajouté son grain de sel à l’affaire, fouiné et pu établir une base de données concernant le nombre d’observations d’orques dans les eaux de la Baie d’Hudson depuis les années 80. Il n’est pas inutile de rappeler que cette dernière est accessible par le détroit d’Hudson, plutôt étroit. Détroit qui, une fois recouvert de glace, a donc de quoi rebuter le plus intrépide des orques, forcément handicapé lors d’une telle traversée et par le besoin de venir respirer régulièrement en surface, et par son gigantesque aileron dorsal…

 

Bref, pour cette enquête commencée en septembre 2005, le chercheur a bénéficié de l’aide d’une association appelée Orcas in the Canadian Arctic et notamment du soutien du gouvernement du Nunavut. Ses conclusions ? Depuis 20 ans, on aperçoit en moyenne 6 individus chaque année dans l’ouest de cette célèbre Baie… Et bizarrement, depuis 6 ans, ce chiffre est passé à plus de 30 ! La question est posée : pourquoi une telle augmentation ? Les travaux d’Higdon ont montré une forte corrélation entre ce constat et la fonte de la banquise. Ensuite, à savoir, s’il s’agit d’une augmentation de la population d’orques ou seulement d’un déplacement de leur part vers de nouvelles destinations ? Cela reste à déterminer.

Côté climat en tous cas, les travaux de la Nasa fournissent des chiffres sûrs et préoccupants, il faut bien le dire. Depuis 25 ans, en Arctique, la banquise d’hiver perd 1,5% de sa surface par décennie. Pour ne rien arranger, cette fonte s’est encore accélérée ces deux dernières années. La preuve, la Nasa, sur cette même période a enregistré, dans une région particulière de l’Est de l’Arctique une perte exceptionnelle de 40% ! Si cela fait froid dans le dos, sur le terrain, d’autres hélas ont vraiment trop chaud. Prenez l’ours polaire par exemple. Pour lui, cette disparition de la banquise est une tragédie qui pourrait annoncer sa fin prochaine.

A l’évidence – et à l’inverse – ce phénomène serait donc une aubaine pour les orques… L’Arctique est le royaume de certains cétacés : les mystérieux narvals, les sympathiques bélugas ou encore les baleines boréales. Y vivent aussi d’autres mammifères marins tels que les phoques ou les morses. Or, il n’en faut pas plus pour aiguiser l’appétit des épaulards. Ensemble, celles qu’on appelle parfois – et à tort car elles n’appartiennent pas à la famille des mysticètes (cétacés à fanons) – les baleines tueuses n’hésitent pas à s’attaquer à plus costauds qu’elles. Voilà pourquoi toutes les créatures citées précédemment sont susceptibles de figurer à leur menu ! Problème, certaines d’entre elles sont également la cible des chasseurs Inuit qui ont besoin de nourrir leurs familles. Conflit en perspective, et preuve supplémentaire que le changement climatique peut avoir des effets inattendus sur n’importe quelle espèce peuplant la Terre, y compris l’homme…

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