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La combinaison de plongée sur le banc des accusés ?


Les amateurs de récifs coralliens le savent : les coraux ne sont pas en bonne santé ! Ils blanchissent, se cassent, meurent… On accuse les ancres de bateaux, le réchauffement climatique ou la pollution. Mais qui a pensé aux combinaisons des plongeurs ?

Comment ça les combis ? Et bien oui, l’histoire est tout à fait sérieuse. Elle a fait l’objet d’une étude scientifique dont les résultats ont été présentés à la dernière conférence de l’American Society for Microbiology organisée du 21 au 25 mai 2006 à Orlando en Floride. Kay Marano-Briggs est microbiologiste à l’Université George Mason de Fairfax en Virginie, mais aussi plongeuse. D’abord, elle s’est demandée si les plongeurs pouvaient ‘transporter’ des vecteurs de maladies coralliennes d’un récif à l’autre, hypothèse plausible dans la mesure où il n’est pas rare d’effectuer deux sorties dans la même journée.

Coraux blanchisSurprise : la réponse est oui ! Première chose, en laboratoire, elle a trempé un morceau de combinaison pendant 30 minutes -le temps d’une plongée moyenne- dans une solution diluée contenant des bactéries. Elle a constaté que certaines s’étaient accrochées en nombre au tissu, en particulier les souches Serratia marcescens etVibrio carchariae, toutes deux responsables de pathologies coralliennes… Comme Staphylococcus aureus (le staphylocoque doré) d’ailleurs, lui est un pathogène humain testé dans l’expérience suite aux témoignages de surfeurs infectés après avoir échangé des combinaisons

Deuxième étape, puisque la plupart des plongeurs rincent leur matériel dans l’eau douce, la microbiologiste a fait la même chose. Cela peut-il suffire à faire lâcher prise aux bactéries ? Oh que non ! Ou pour certaines seulement car une heure après le séchage de l’échantillon, Vibrio carchariae s’y était déjà multipliée. Dix-sept heures plus tard, la quantité de Serratia marcescens avait diminué de 75% certes, mais la bactérie, tenace, était toujours là.

En revanche, dés qu’on utilise un bon produit désinfectant après la plongée, plus aucune bactérie ne résiste. Kay Marano-Briggs doit entreprendre de nouveaux travaux pour découvrir si les combis ‘attirent’ effectivement les bactéries dans le milieu naturel et dans ce cas, quelles quantités sont nécessaires pour infecter un site. Une preuve de plus que plonger peut avoir un impact réel sur l’environnement marin ! A nous tous d’être informés et attentifs pour profiter au mieux et très longtemps des joies de ce sport fabuleux offrant une relation privilégiée avec la nature…

Caroline Lepage (article publié en avril 2007 dans Plongée Magazine)

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