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Je ne suis pas prostituée – Père – Je ne suis pas homo – Père – Je suis scientifique et journaliste… Politique ?

Caroline Profession JournalisteConflit de générations, vous connaissez ? Vous avez des convictions, des opinions, un caractère bien trempé, des idées, des envies, des diplômes – le bac, fait des études supérieures – et un père qui vous balance sans ménagement à l’âge de 39 ans : « si je n’étais pas là, tu ferais la pute dans la rue ! ». Journaliste depuis 2001, je témoigne à visage découvert d’un étrange mal qui ne dit pas son nom en 2017…

Quelle curieuse trajectoire que celle des Français nés dans les années 1970, période de pleine emploi pour les hommes et femmes, chanceux de tous âges, pourris gâtés par les circonstances économiques d’un pays où les jeunes vivaient heureux, libres et confiants en l’avenir ! Embauchés quasiment immédiatement dés l’envoi de leurs candidatures dans une grande entreprise, avec à la clé, un salaire convenable assuré de tomber à chaque fin de mois – c’est toujours mieux à l’âge où l’on rêve d’avoir une famille et d’investir dans le logement, un job presque assuré jusqu’à la retraite, et entre, une magnifique perspective de carrière… Voilà, le décor est planté : l’environnement « post-soixante-huitard super génial » dans lequel il était aussi possible d’échapper au service militaire pourtant obligatoire à l’époque pour raison médicale, exemple avec l’arrivée d’un enfant, génial aussi, si ? en tous cas pas né pour devenir pute !

Hilarité, humilité... Certificat d'aptitude à la plaisanterie décroché à RTL

Christian Lepage Ingénieur (photo Caroline Lepage Journaliste) C’est ainsi que mon père, Christian Lepage ingénieur de son état, m’a vu arriver au monde en 1977, sans savoir ce que j’allais devenir. Et depuis, nous avons été d’accord sur ? Rien ! Drôle de conflit de générations, je n’ai jamais réussi à déterminer avec précision l’origine de ce mal qui ronge toutes nos discussions depuis 40 ans, peut-être la différence de sexe : je suis une femme, lui, un homme. Mais officiellement célibataire depuis des années – officieusement, c’est plus compliqué – « je t’expliquerai… » – pas homo’ !

Sapiens, tout juste, ça oui, moderne et sage comme une image – c’est le métier qui veut ça – rappel pour ceux qui s’intéressent encore aux dictées, à l’orthographe et aux racines latines si présentes dans les mots de la langue française : sapiens « intelligent, sage, raisonnable, prudent », comme vous donc, adjectif issu de sapio – attention rien avoir avec le savon – signifiant « avoir du goût, de la saveur, du jugement ».

La garde des gendarmes au Palais de Justice

D’ailleurs, mon statut de journaliste (No de carte de presse 105859 délivré en 2006) auteur de plusieurs ouvrages – donc susceptible d’être jeté en pâture à la critique, pas toujours bien fondée des lecteurs comme dans tous ces métiers en relation directe avec un public, le peuple, etc. (journalistes, écrivains, artistes, acteurs/trices, stars de la chanson, femmes et hommes du monde politique) a fait de moi une cible facile à attaquer sur ce point ! Chantage, harcèlement – et donc dépôt de plainte à la gendarmerie – provocations mais aussi encouragements à poursuivre dans cette voie, j’ai tout connu.

J’assume, tout, vous dis-je. Oui, c’est difficile de signer des papiers, articles, livres de son nom… Surtout quand jamais mariée je porte le même que celui du père, Lepage : dés le moyen-âge, le jeune noble qui devait s’occuper des caprices du roi – trop paresseux ou fatigué à l’extrême pour survivre quotidien ? -, page destiné à devenir chevalier, voilà pour le côté pas très romantique de l’histoire, et pour ceux qui veulent en savoir plus, le page se baladait aussi au château de Versailles ! Bref, franchement flippant parfois, disons-le, de laisser des traces un peu partout, des clichés de reporters-photographes, écrits signés, d’être vus et entendus à la télévision, la radio, pendant que des milliers de citoyens – soyons fous, des millions ? – pourront ressortir les archives pour des raisons X ou Y dans quelques mois ou des années et les brandir comme preuves de notre bonne ou mauvaise foi !

Déclaration_des_droits_de_l'Homme présentée au roiPas le choix, une fois que l’on est pris dans l’engrenage d’un métier qui rend « célèbre » dans les médias par la force des diplômes, des œuvres, des livres, des films ou des années d’engagement en politique – même si « être célèbre » n’était absolument pas le but recherché ici, pour ça et avec ou sans diplôme, un(e) parfait(e) inconnu(e) peut devenir connu(e) en faisant scandale dans une émission de télé-réalité – expose aux risques de procès, aux doutes, à l’angoisse mais aussi à l’engagement dans des valeurs auxquelles on croit. J’ai choisi de devenir – et de rester ! – journaliste scientifique, précisément parce que j’y crois toujours moi, à la liberté d’expression des citoyens, aujourd’hui, à leurs investissements professionnels, volontaires ou bénévoles, dans les piliers de la démocratie : la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité, le droit de vote, l’éducation, la santé, etc. Mais mon père n’a jamais encouragé mes choix. Il était ingénieur, désormais retraité et pour lui, le petit garçon manqué que j’étais enfant devait poursuivre des études d’ingénieur… sinon rien ! J’ai préféré « sinon rien », acceptant la crise de colère en choisissant de passer le bac scientifique option biologie et non mathématiques comme il le voulait. J’ai continué à être rebelle en m’inscrivant non pas dans la grande école de ses rêves mais en faculté de médecine. J’ai eu la moyenne à l’examen, pas le concours – j’avais qu’à bosser plus, et pis c’est tout… – et comme je continuais à aimer la science, en particulier la biologie, l’écologie et l’océanographie, j’ai insisté à l’université – « mais on a pas besoin de gens d’un tel profil, et en plus, tu ne l’auras pas ta maîtrise en neurophysiologie ! », na, je l’ai eu et le concours pour entrer en master aussi.

J’ai été salariée, en parallèle à ces études, dans différents secteurs du milieu de la santé, travaillé dans des laboratoires dont une société qui produisait des automates et réactifs du secteur médical. Puis, patatras, après des années de bons et loyaux services, j’ai bizarrement été licenciée du jour au lendemain en 2005 pour d’obscures raisons soit disant économiques, annonce heureusement faite après un coup de fil et une dégustation de galette des rois, du coup, je l’ai mieux digérée en m’appelant Lepage… Je me disais que décidément, je n’avais pas de bol mais ai profité de l’occasion pour oser m’installer gentiment à mon compte, journaliste scientifique-écrivain, tout en encaissent les conseils paternels plus souvent hurlés sur moi que délivrés dans la douceur : « Journaliste, c’est pas un métier ! Trouves autre chose, ce n’est pas stable, de quoi tu vis, hein, de quoi tu vis ? Combien tu gagnes ? Les gens n’achètent pas tes livres, parce qu’ils ne lisent plus et qu’ils ne s’intéressent pas à la science ». Du coup, et depuis, je résiste à la tentation de lâcher le morceau, surtout depuis la dernière de mon père « si je n’étais pas là, tu ferais la pute dans la rue ! ». Alors, je m’accroche, pas à la rue, à la liberté d’expression et à la démocratie…

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen

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