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Invasion de diables rouges dans le Pacifique Est

Imaginez un peu la scène : visibilité moyenne dans une eau un peu verte, vous plongez dans le Pacifique Est. Quand soudain, surgissent là devant vous, à une allure vertigineuse, des monstres d’1,50 m aux yeux noirs terrifiants. Ce sont des calmars de Humboldt, surnommés aussi diables rouges, qui sont en train de coloniser la région !

Heureusement, vous êtes simplement assis dans votre fauteuil face à votre écran. Ouf ! Une chance pour vous car les diables rouges (Dosidicus gigas) n’ont pas volé leur surnom. Sous la surface, ils ont le feu au corps, au sens propre comme au sens figuré. Très excitées, agressives même, ces créatures montrent leur humeur du moment aux malheureux qui croisent leur route. Leur technique ? Clignoter (littéralement) à un rythme endiablé, rouges de colère. Très joli spectacle… à condition de pouvoir en profiter, car dans la réalité, ils n’hésiteraient pas à vous foncer dessus, le bec prêt à vous mordre. Non, une chose est sûre, les diables rouges ne sont pas des anges.

Jamais ils ne sont rassasiés. Et la faim ne les rend pas particulièrement aimables, un appétit bien ennuyeux pour les stocks de poissons du Pacifique Est… En effet, d’ordinaire, les calmars de Humboldt vivent en groupe entre 200 et 700 m de profondeur (ils leur arrivent tout de même de s’offrir quelques virées près de la surface) en Mer de Cortès au Mexique, région bien localisée donc. Ils seraient ainsi plus de 10 millions à occuper une zone de 65 km² au large de la ville de Santa Rosalia en Basse-Californie-du-Sud. Or, voilà qu’ils seraient en train de prendre la poudre d’escampette pour élargir leur territoire ! Leur présence a effectivement été signalée au Nord jusqu’en Alaska et, vers le sud jusqu’au Chili.

Oh, ils ont bien des prédateurs : en premier lieu le cachalot et quelques grands requins. Mais ceux-ci seront-ils assez nombreux pour équilibrer la population galopante de diables rouges ? Pas sûr quand on sait que les grands requins eux-mêmes sont menacés de disparaître en raison de la surpêche… Les biologistes disent s’inquiéter pour l’industrie de la pêche au sein des zones dans lesquelles ces calmars prolifèrent aujourd’hui. Il y a de quoi être préoccupé en effet car ils s’attaquent de préférence aux espèces ciblées par l’homme (non sans dégât sur le matériel de pêche d’ailleurs) : merlus du Pacifique, anchois, sardines, poissons de roche, etc. Et ce n’est certainement pas la pêche commerciale du diable rouge lui-même, revendu sur les marchés asiatiques, qui freinera sa progression…

Article publié Sur La Toile en 2007

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