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Qui sont les Géants de la mer ?

Géants - Première de couvertureAprès Narcoses et Trésors, voici Géants, suite logique de la collection Carnets de Plongée. Dans le premier opus, on découvrait « comment » basculer dans le monde caché sous la surface, dans le second « pourquoi », ici « avec qui » : dauphins humains, cachalots en fleur, requins surprises, méduse géante, calmar colossal ! Un grand plongeur photographe nous emmène à la rencontre de ces bêtes de la mer qui ont bouleversé sa vie…

Superbe baleine en première de couverture - au fait, a-t-elle le mal de mer ? – et heureux hasard car pour changer, c’est un beau vendredi – et un 13 en 2013 ! – que j’ai reçu cet ouvrage. Comme un cadeau tombé du ciel tant j’étais impatiente de le lire… Je l’avais commandé en août, espérant y trouver « ma dose ». De quoi ? Ah, ah…

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Requin blanc (© Gérard Soury)

Son auteur, Gérard Soury, a comme Yves Paccalet et Marc Giraud, été l’un de ces écrivains dont la passion débordante pour leur métier m’a incité à suivre cette voie si particulière. Ces trois journalistes naturalistes ont le don, l’air de rien, de toujours glisser une savoureuse dose de culture scientifique dans leurs ouvrages sans jamais engluer le cerveau de leurs hôtes.

« La cathédrale »

Résultat, au bout du voyage littéraire, les lecteurs (qui n’en demandaient pas tant) réalisent qu’il sont d’un coup d’un seul bien plus instruits en science. Le bonheur est dans le papier, si ! C’est ainsi qu’à l’âge où je rêvais encore au métier de mes rêves, je me shootais sans vergogne à la prose de messieurs Soury, Paccalet et Giraud. Et je continue. Pour que ma petite plume ne perde pas sa flamme sous la violence des bourrasques cherchant à la faire taire…

A ceux qui en souriront, j’ajouterai que jamais aucun écrivain, aucun metteur en scène, ni aucun chef d’orchestre n’auraient pu me donner le centième de ce que cet être qu’on appelle communément « une bête » m’avait donné.

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Physalies (© Gérard Soury)

Cette fois, Géants de Gérard Soury donc ? Hé bien, géant, tout bonnement ! Comme je l’espérais. Avec lui, des Tropiques à l’Arctique, on explore. On sonde. On sue. On frissonne. On découvre, juste sous la surface, ou parfois si bas que le bleu n’existe plus… On vibre. On se laisse impressionner ou attendrir par ce peuple des profondeurs. Et on apprend beaucoup : en archéologie, physiologie, écologie, éthologie, etc.

« Des coups et des douleurs »

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Rorqual (© Gérard Soury)

Car l’auteur est un journaliste, mais avant tout un bon scientifique, observateur et à l’écoute du vivant. Rompu aux expéditions de plongée de l’extrême, il côtoie régulièrement les géants de la mer et parfois même, les retrouve « au bout du monde » !

Ainsi, il nous fait découvrir leurs jeux, leurs habitudes, leurs comportements de chasse sans manquer de nous interpeler au sujet des nôtres. Géants sort effectivement en librairie au moment où la mer rougit du sang des baleines et dauphins. Cétacés, le massacre ? Avec ses Géants, attendez-vous donc à plonger pour le meilleur et pour le pire… Gérard Soury ou Taiji ?

cachalotsgeantsGéants - Quatrième de couverture

Collection Carnets de plongée dirigée par Francis Le Guen

- Narcoses (Francis Le Guen)

- Trésors (Emmanuelle Levasseur)

- Géants (Gérard Soury)

Extrait requin des abysses

Le magnifique requin négocie un virage à 90° et poursuit nonchalamment sa route le long de la corniche, nous ignorant superbement. Si j’en juge à sa robe anthracite, les réglages photo vont être du genre pointu. Sujet sombre sur fond sombre, voilà bien ma chance. Allons bon ! Après tout, c’est le métier. Çà et là, pourtant quelques taches vives d’étoiles de mer écarlates mettent un semblant de fantaisie dans cet univers gai comme un terril en novembre. J’enchaîne les images sans cesser de nager au ras du fond, adoptant le style sobre du marathonien au quarante-deuxième kilomètre. Je me focalise sur les réglages tout en maintenant mon sujet dans le cadre. Surtout, ne pas percuter un rocher de la tête ! J’observe plus attentivement mon requin, scrutant plus particulièrement la région abdominale. Quel sexe ? Pas de ptérygopodes : il s’agit donc bien d’une femelle.

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Requin blanc (© Gérard Soury)

Eu égard à sa taille déjà respectable, il est probable que dans une saison ou deux, elle contribuera à accroître les effectifs de son espèce. A moins qu’un filet malencontreux, égaré d’un pêcheur négligent, ne mette prématurément fin à ses jours.

A peine souligné par la maigre lumière en provenance de la surface, notre requin se déplace parallèlement à la corniche. Je palme à sa hauteur. Son gros œil d’émeraude me fixe obstinément. Il reflète d’autant mieux la lumière que sa partie postérieure est équipée d’une membrane tapissée de cellules réfléchissantes, le tapetum lucidum, dont la fonction est de créer une image additionnelle en arrière de la rétine pour accroître la vision. Comme mes chats ! En revanche, si les nombreux bâtonnets qui tapissent sa rétine lui permettent de distinguer lumière, contraste et mouvements, l’absence totale de cônes ne lui donne pas accès aux couleurs. Ce dont mon requin se moque comme de sa première victime, vu que sa vie à lui consiste à chasser dans les eaux obscures loin de la surface, là où les couleurs chaudes n’ont pas droit de cité.

Propulsé par le lent va-et-vient de sa nageoire caudale, le griset poursuit imperturbablement sa course vers je ne sais où, évitant çà et là un obstacle au moment ultime, tel un missile de croisière…

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2 comments

  1. Lagodka daniel

    Lu, apprécié et surtout partagé !

    1. Caroline Lepage

      Merci Daniel ;-)

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