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FOOT OU RUGBY, RUGFOOT !

Au foot, des types à la silhouette athlétique courent après un ballon sur un stade à l’herbe si fraîche qu’elle transporte immédiatement les spectateurs à la campagne, même en pleine ville ! Un sport de paysans ? Un sport « vert » disons, de franchouillards assumant leur côté « nature » enfoui jusque dans le moyen de transport préféré des supporters : le car…

Et un sport bon marché aussi, même de rue, moderne ! Partout dans le monde, lorsqu’un jeune blanc bec, beurre ou black se met à jongler avec son ballon en écoutant du rap sous le regard ébloui des passants, timidement à l’écoute de la musique – le truc en plus -, ils finissent toujours par s’arrêter pour admirer le spectacle de l’artiste comme s’ils étaient au cirque.

Les poilus du stade

Au rugby, autre ambiance, autre paire de manches… On croirait assister à une guerre de tranchée aux règles extrêmement floues entre deux nations, ou au sacrifice de gladiateurs dans une arène. D’ailleurs, les gars ont des physiques de « Bigfoot » dopés aux hormones de synthèse, des paupières boursouflés comme s’ils s’étaient pris la raclée à un combat de boxe – on craint pour leur vue, de toute façon, on ne voit même plus la couleur de leurs yeux -, des pifs cassés, des bandages autour de la tête comme les Poilus sur les photos en noir et blanc de 1918 et les tempes si souvent sanguinolentes qu’elles en filent la nausée.

C’est simple, quand on tombe sur du rugby le samedi ou le dimanche à la télé, on n’a qu’une envie, pleurer pour les pauvres types qui bousillent leur corps à la télévision – moins qu’au football américain, certes mais quand même, pourquoi ? – vomir sans avoir manger de hamburger-frites puis zapper ! Sinon, pour les gosses ou les Tanguy, il est conseillé de faire mieux, quitter le domicile parental en courant, s’il ne pleut pas, parce que le patriarche, un « ouf » de rugby qui a toujours clamer que le foot, c’est un sport pour les nuls et le rugby, un truc formidable, hurle sans retenue à en faire crever les tympans des habitants de la maison.

Un truc de « ouf » si formidablement violent, il faut le reconnaître, que les matchs de rugby ont souvent lieu le week-end en journée, sont retransmis sur France Télévisions à des heures où les familles voudraient bien regarder autre chose que des barbares condamnés à se blesser en saignant à l’écran. Quand les matchs de foot nationaux le sont les soirs où les familles aimeraient ne pas avoir à être clients aisés mais heureux du groupe Canal + diffuseur d’émotions… Et de ce sport convivial qui sait réunir chaque semaine même sans trop de moyens financiers sur tous les terrains de France petits et grands, mélanger garçons sur le stade, filles autour, pour encourager l’équipe et limites prêtes à le faire en tenues de majorettes comme le font les courageuses Pom-pom girls aux Etats-Unis !

Photos de mannequins

Alors, le rugby, on ne sait pas. Ou juste ça, l’affaire du calendrier et des gros plans sur l’anatomie des dieux du stade… Maquillés comme des pots de peinture, y compris par logiciel de retouche informatique (Photoshop dans le meilleur des cas) pour masquer les bleus du sport, les hématomes ? Il faut vendre coûte que coûte en espérant que les dames ne préfèrent pas les physiques moins « dodus » et plus élancés des footballeurs ? Même dans ces conditions, les bleus cachés, le fond de teint sur le visage, le torse et les membres, un recadrage parfait dans un décor de rêve, la peau et à peine suggéré le sexe (l’organe avec lequel les hommes font pipi avant le match) : voilà, une « belle » photo en noir et blanc, ça passe…

Notez que l’auteure de cet article commence déjà à flipper du bout du stylo parce qu’elle effleure une légende urbaine à propos de l’homosexualité (et de la prostitution ?) qui a entouré le rugby de manière récurrente, comme dans d’autres sports où les hommes sont toujours beaux et les femmes toujours belles… Zut alors, les fans qui espéraient, histoire de rester motivés et de continuer à rêver en cette année de coupe du monde, que les médias leur révèlent régulièrement de bonnes nouvelles, peut-être des séparations professionnelles, mais aussi des coups de foudre ou des annonces de grands mariages de stars comme celui du prince Harry et de Meghan Markle la semaine dernière au château de Windsor ! Sublime, j’ai eu l’honneur de m’y rendre en voyage scolaire il y a une éternité, à une époque où Diana était encore en vie, et où le samedi parfois, je supportais les bruyants matchs de rugby entre autres contre les joueurs anglais, leurs attaques étant commentés en direct devant la télévision par mon propre père. Les journalistes sportifs devenaient inaudibles, mais l’ambiance dans la pièce restait bonne, il faut l’avouer !

Quant aux dieux du stade, de mon point de vue, ils sont peut-être physiquement trop costauds, mais ils ont des gueules d’anges et des corps assez musclés pour comprendre qu’une rumeur ou un scandale arrive facilement en ces temps « d’ultra-connexion » où tout est enregistré partout, tout le temps, son et vidéo. Il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour prendre conscience des risques, surtout dans les milieux sportifs… Donc, en janvier, ils sont à poil – pardon messieurs, mais à cette date, les citoyens se les gèlent – février, à poil aussi – les rugbymen font du ski ? apparemment pas en chaude combinaison – mars, et ça repart, etc. jusqu’en décembre et au tournoi des cinq ou six nations ? Les voici rhabillés pour l’hiver, ça excite, c’est certain. Et nous, dans les faits, on n’y pige rien.

Petit arbitre et grands All Blacks !

Heureusement, l’arbitre, si ! Toujours plus petit que les autres, il est d’un gabarit normal. Il a des caméras à la place des yeux comme dans les films de science-fiction ! Si, si parce qu’un arbitrage vidéo est toujours utile car l’erreur est humaine, vous le savez. On ne voudrait pas dégoûter le public à maintenir faute quand il n’y en a pas eu. On ne triche pas, un point, c’est tout. L’arbitre est le gardien du temple et attention, hein, rien à voir avec ce qui se passe dans les cours des écoles : le plus chétif, comme Astérix devant Obélix, n’a pas peur de gueuler sur les géants qui commettent des fautes et de faire respecter les règles, appliquer les sanctions et inciter au fair-play. Même face aux bronzés tatoués All Blacks, les seuls à savoir donner envie de regarder le rugby à la télé, et par la même occasion celle de s’offrir un jour un voyage en Nouvelle-Zélande, Aotearoa en maori !

Purée, mais qu’attendent nos Français pour lancer leur propre haka avant de jouer et balancer une ambiance de feu à leurs supporters ? En attendant, le match part rapidement en vrille. Parce que le ballon ovale glisse des pognes des gladiateurs comme du savon mouillé, problème de forme qui ne semble en rien le gêner lorsqu’il virevolte dans les cieux, propulsé à une vitesse folle à hauteur de drone. Quand la barre horizontale du but n’en demande pas tant…

Le temps pour lui de quitter l’espace et de redescendre sur terre, les dizaines de gugusses costauds qui patientent s’empoignent comme les Gaulois contre les Romains et sont sales comme des peignes en moins d’un quart d’heure ! La boue dégueulasse les shorts, les maillots, les bandages et les pansements pourtant tout propres au début, blancs comme des cachets d’aspirine. Et même les genoux encore enflés par les précédents entraînements brunissent… Qui peut accepter de se farcir le lavage d’un tel équipement, bon sang, on se le demande ? Une sainte, une machine à laver du futur ou la blanchisserie de l’hôpital du coin ?

Draguer devant le « baby-foot » puis au « rugfoot » ?

Pour le foot, c’est plus classe. Toutefois, on hésite : sport de pauvres, du peuple ou de riches ? Le Qatar qui investit des fortunes à Paris, sans que les modestes Parisiens eux-mêmes n’en soient choqués… Peut-être parce que ces fans du PSG dépensent les leurs en vacances à Doha après une indispensable halte aux émirats arabes unis avant de revenir, billet à prix d’or en mains, applaudir au Stade de France le PSG et ses héros ? Ça tombe bien, on a pensé à Neymar le jour de son anniversaire ! Le sportif a fêté ses 26 ans entre amis, il est encore temps de lui souhaiter… de continuer à rester jeune, fringant et à garder l’envie de jouer très longtemps du coup dans la cour des stars du ballon rond ?

Deux bons points aussi pour le sport du peuple, le foot. Les baskets ! Elles sont belles et en cuir, pas trop casse-gueule paraît-il, c’est étudié pour. Les règles du jeu semblent plus simples qu’au rugby. Filles et garçons les ont apprises dans les cafés ou bars à côté des lycées, pied suprême du midi – le baby-foot – après le repas pour les lycéens, légers et heureux de retourner en cours. Comme les lycéennes aussi, seulement chut, jusqu’ici, elles n’osaient pas avouer qu’elles « kiffaient de jouer au baby avec les mecs ». Elles aiment pourtant, c’est sûr. Et c’est une ancienne spécialiste qui vous le dit. Pourquoi ? C’est facile, sans électronique compliqué, rustique, ça permet de bavarder et rigoler ensemble pour pas cher. Une pièce de deux euros et hop, toute l’agilité se concentre dans les poignets – droitier ou gaucher, tout le monde est accepté – on ne fait pas de discrimination au baby-foot ! On se marre beaucoup, l’air de rien, ça compte, on drague et c’est tout.

Rien à voir avec un « baby-rugby » qu’il serait impossible d’aller coller dans le coin du bar, les joueurs risqueraient de se crever les yeux avec les piquets des immenses buts… Décidément, debout ou vautrés dans l’obscurité de la mêlée, la vue reste un problème de taille au rugby. Vous les avez observés, ces gaillards de plus de 100 kilos – bon sang, qu’est-ce qu’ils mangent pour peser ce poids de cochon ? – avec leurs oreilles de Dumbo écrasées sous les bandeaux ? Ça doit faire un mal de chien de se tomber dessus comme des malades ? Un bordel sans queue ni tête, et sans nom où il est, impression de l’extérieur en tous cas, autorisé de donner autant de coups de pieds que de poings, sauf si l’arbitre sort son œil de lynx… Jeu de mains, jeu de vilains ?

Il est sûr qu’une femme, chétive créature à la poitrine naturelle, ne survivrait pas au milieu d’un pareil capharnaüm. Par contre au foot où il est de bon goût d’avoir deux pieds mais où l’on est sanctionné d’avoir deux mains – l’idéal serait-il d’être manchot ? – la demoiselle défendrait volontiers corps et âme la mixité : SPORT POUR TOUS, RUGFOOT POUR TOUS !

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