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Fishbook, le réseau des poissons

BaleinePas Facebook, Fishbook ! Pour échapper à la pêche à la ligne et la vente à la criée, c’est en ligne et en criant que les poissons péchent. Billet pictural et léger, façon plongée d’été…

Les poissons craignent par dessus tout le pêcheur. Sale espèce que cet homme dont le cerveau est capable d’inventer un sondeur numérique puis d’en utiliser sa technologie performante pour les révéler au naturel, dans leur environnement.

Idée pour rester transparents : plonger et replonger à l’infini en se tenant tous par les barbillons ? Comme des Amis ? Plaisanterie ! L’un serait tout de même capable de donner l’autre au pêcheur si cela devait lui sauver la peau.

Sépiole pyjama (Crédits Caroline Lepage)Conscient de cet état de fait, le créateur de Fishbook – un certain Mark Gräfenberg – a banni le terme Ami du vocabulaire du réseau pour le remplacer par celui, plus approprié, d’Alevin. Le reflet de la réalité est ainsi plus juste : on peut être Alevins sur Fishbook et pas Amis dans la vie, ou ne pas être Alevins sur Fishbook et pourtant Amis dans la vie. Si !

La tortue et le dugong

TortueRenversante projection de la philosophie du sage : « Quand vous êtes loin de chez vous, vous êtes plus près d’ailleurs ? Mais vous êtes loin de chez vous… Le quotidien de l’un est l’exotisme de l’autre ». Traduction ? Une tortue à Marsa Alam avec un rémora aux trousses cherche son ami le dugong. Absent !

Ça vous rappelle ce billet : ce jour là, on me fit clairement comprendre que le sirénien avait été obligé de fuir, refroidi par une plongée avec une personne qui s’était autorisée à l’enserrer de trop près comme s’il était une bête en peluche, lui, l’animal sauvage. Arf, bêtise humaine… Et moi, punie pour celle-ci : voilà pourquoi ma rencontre avec le dugong n’eut jamais lieu, véridique !

HippocampeQuant à la tortue, lorsqu’elle était auprès du dugong, elle se sentait comme chez elle. Du coup, sans lui, elle se retrouvait physiquement loin de chez elle. Mais le rémora avait beau lui coller au derrière et la suivre dans chacune de ses plongées en apnée, il ne changeait rien à l’affaire.

Même s’il la touchait au fond, elle se sentait toujours plus proche du dugong que du rémora. Alors que son « chez elle » – le dugong – était loin. On aurait pu croire qu’elle était en couple avec le poisson ? Apparences. Simplement le quotidien de la tortue était l’exotisme du rémora (et pas l’inverse), tortueuse histoire qui fit le tour du réseau, amusant au passage tout ce qu’il compte de rémoras…

Fishbook, Bubbler, ScubaFish

Poisson de GaribaldiD’autres sujets de discussion sur Fishbook ? La gastronomie. Parce qu’il faut bien manger. Et donc chasser : le prédateur attaque seul, ou à plusieurs pour isoler une proie (chez les humains, on trouverait ça d’une lâcheté inouïe, chez les poissons, on ne se pose pas tant de questions).

Les requins sont au sommet de la pyramide alimentaire marine. Depuis la surface, il est possible d’apercevoir parfois leurs ailerons émerger de l’eau. Depuis le récif, on ne voit qu’eux, rôdant distinctement dans un ciel inondé de lumière du soleil qui traverse le miroir « mon beau miroir… », interface entre deux mondes.

Centrine communeSous la surface, comme la face cachée de l’iceberg, se joue Dallas en version aquatique. Bobby se prénomme BeauBar, SouElleHaine se gargarise de scotch à l’eau et JV, franchement… Euh, JR reste le roi du liquide. Et les parties de chasse, inoubliables !

BélougaLe prédateur vole, déchire, dévore, avale, finit. Froidement. Une fois repu, il quitte les lieux et réécrit l’histoire à sa sauce sur le mur de Fishbook pour gloser avec ses acolytes qui étaient présents au moment de l’attaque et rappeler à tous les autres que c’est lui le seigneur des océans.

De Bubbler à ScubaFish en passant par Instaquarium, le requin – marteau ou pas – martèle son message sur la toile humide à l’attention des récalcitrants, qu’ils soient crevettes ou baleines…

Commentaires acidulés

Bernard L'HermiteAinsi, grâce à Fishbook, chacun, dans sa bulle, peut consulter l’actualité en temps réel, la commenter et au passage, dévoiler discrètement quelques traits de sa personnalité. « Quand est-ce que les humains auront enfin compris que l’orque crève d’une existence en aquarium ? » s’insurge Bernard L’Ermite.

Commentaire qui lui vaut un Appendice Haut d’approbation (équivalent du Pouce Haut de Facebook) de son camarade Homard, lequel « n’a tuer personne » ! De son côté, ragaillardi par l’effet de groupe de son banc, et attendant les hourras de récompense, le poisson-chat rayé minaude : « Flipper ? Mais pour qui il se prend avec son Q.I. de mammifère ! Il est tout seul alors que nous, on est toute une bande ! Je lui ai laissé un message bien salé sur sa page et vous pouvez me croire, je l’ai calmé, le rebelle… ». « Hourra ! ».

ChaponDos au mur, Pierre Poisson fait le lamantin : « moi, stone ? Dans ce monde de brutes… ? Vous êtes sûrs de bien me connaître ? ». Dominant le corail, l’Acanthaster, avec son éternelle ritournelle de coussin de belle-mère, lui répond : « cause toujours, le caillou ! Tu peux même en semer et rouler, jamais tu n’amasseras mousse… ».

Dauphin

La tortue, toujours en luth et lente, renchérit : « ne l’écoute pas ! Tu es une pierre… précieuse ». Chez la pieuvre, l’euphorie l’emporte grâce à une faille décelée la veille : « j’ai pu faufiler tous mes tentacules : oh la planque, bien obscure ! Personne ne me remarque. Et les voisins ? Mérous, raies… discrets. Tiens, matte les photos, la pélagie… ».

« Superbe, l’anémone verte de ton jardin ! On dirait qu’elle avale le poisson-clown en une bouchée ! » s’exclame la venimeuse méduse. « Ohhoooo, tro bôôô, se p’ti… avec un filé de sitron, un raie gal ! » renchérit le baliste olivâtre, sans verdir de son « Eaurthaugrav’ ». C’est le rôle du titan comique de service.

Grand Blanc contre plongeur

Nembrotha noir et vertAh, les Alevins du requin blanc… Troupe d’anges gardiens ! Ils passent un temps fou à se couvrir de flatteries sur Fishbook pour ne pas finir en surimi entre Les Dents de La Mer. Au sujet de la peur bleue fichue à un plongeur, les rémoras ironisent  : « oh, il paraît que tu préfères le palmé sans néoprène ? T’as raison, Grand… Blanc ».

Tombée comme un cheveu sur la soupe d’ailerons, l’ignorante et innocente Dory poisson-chirurgien de Némo, donne un coup de scalpel dans l’eau : « hé, z’avez signé la dernière pétition contre le shark-fining, vous ? Faut arrêter ce massacre, cétacé, non ? Ils décônent ou quoi, ces humains ? ».

LamantinLe cône géographe conserve son humour mais n’en pense pas moins : « ouais, franchement, ils décônent ! ». D’autres s’inquiètent pour Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd très impliqué dans la lutte contre la chasse baleinière. « J’en ai plein le dos de voir le Japon en tête faire passer la science pour ce qu’elle n’est pas, et nous pourchasser avec ce gars courageux qui a toujours défendu la vie marine !

En plus, les jeunes d’aujourd’hui ont une conscience plus respectueuse de la nature. A quoi bon entasser les stocks ? Ils ne les mangeront pas. Quel gâchis ! Fishez-lui la paix, au capitaine » chante la baleine à bosses. Pour l’occasion avec un « s » à bosse parce qu’elle en a pris des coups depuis le temps…

N’Espa… don ?

EspadonSaupe à la grimace en messages privés ! « T’as p’t-être un beau neurone, mais le jour où je t’ai eu au Fisheye, t’étais sans écailles. Je peux te poulpériser en trois cliquetis si je veux : sur Fishbook, Bubbler & Compagnie et alors, tu feras trois fois le tour de la planète bleue en quelques secondes ». Diable des mers ! Encore une histoire en queue de poisson ?

Encornet rouge« Tu sais qui je suis, moi coco : la daurade rayée ! Alors, t’as intérêt de t’affisher avec moi comme si de rien n’était. On sera de la même espèce, ou presque. Les autres n’y verront que du feu. Et fais pas le marlin où je m’en vais te faire goûter à mes hallucinations remplies d’espadons ! ».

Requin baleineLes baleines ont-elles le mal de mer ?« Ah non, allons ! Arrête, une daurade royale, c’est carnivore, toi, la saupe, tu es aussi herbivore que les perroquets des latitudes à corail… Ecoute, j’ai pas le temps de m’étendre sur le sujet : j’ai rendez-vous avec le poisson-lune ! ».

« Hep, t’es pas prêt de lui décrocher un astre ! Pas de tralala Apollon : mollo sur le Mola… T’as oublié ou quoi ? Ouvre un bon livre ! La saupe de Méditerranée est toxique. Et on est sous l’eau, alors pas de sushi : prends le temps de crier sur ton mur si tu veux, tout le monde s’en fish… ». Book ?

De belles photos sur les murs de Fishbook… Et Châtelet Les Halles ?

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