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EPILEPSIE : TABOU OU GABA ?

Epilepsie : voici un terme passé dans le langage courant. Mais pour autant, la maladie est-elle bien connue de tous ? Il est fort probable que non à en écouter les rumeurs qui courent encore à ce sujet. Et c’est sans doute cette incompréhension générale qui mure les épileptiques dans un secret souvent lourd à porter. Sandrine brise le tabou…

L’épilepsie est connue depuis 2000 ans avant Jésus-Christ. Ses symptômes parfois impressionnants l’ont rapidement classée au rang des sciences occultes. Les épileptiques, rejetés de la société, ont dû attendre l’apparition de la neurologie, au 19e siècle, pour perdre cette image préjudiciable qui leur collait à la peau. Pourtant, aujourd’hui encore, les idées reçues continuent à circuler au sujet de cette pathologie qui prend naissance au cœur du cerveau…

Sandrine, 24 ans, mère d’un bébé de 18 mois, reconnaît que sa maladie est encore un tabou ; elle-même préfère se taire et n’en parler qu’à son entourage très proche. Elle est atteinte d’épilepsie temporale depuis 6 ans. Personne n’est touché dans sa famille, et elle n’a jamais eu de choc cérébral ni d’accident : la maladie est apparue, simplement, comme ça, du jour au lendemain…

Faisant désormais partie de sa vie, ce mal silencieux qui frappe lorsque l’on ne l’attend plus, lui impose certaines contraintes : « je suis hypersensible, particulièrement aux médicaments, et je ne peux plus boire d’excitants, pas de café ou de sodas » explique la jeune femme. Evoquant le déroulement d’une crise, elle décrit les caractères avant coureurs, signes de la faiblesse progressive d’un type particulier de cellules nerveuses de son cerveau à canaliser les signaux électriques trop intenses : « Cela arrive quand je suis fatiguée, ou lorsque j’ai des soucis. Parfois d’ailleurs, la veille de la crise, j’ai quelques absences… ».

Ces absences, encore appelées petit mal, se manifestent par une brève perte de conscience de ce qu’il se passe autour, sans convulsion, au point qu’elle peut passer inaperçue. Mais elle a aussi été victime du grand mal : « la dernière fois, je pendais le linge et je sentais que j’avais besoin de repos, puis plus rien, je me suis retrouvée dans mon lit ! ». Perte de conscience puis convulsions… Sandrine n’a plus aucun souvenir à son réveil. « Après la crise, je ne peux plus marcher comme si j’avais couru un marathon et surtout, je ressens une honte que je ne peux expliquer… A chaque crise, tout s’écroule. Ma vie est réglée sur mon épilepsie», ce qui n’a pas empêcher cette battante de décrocher un DEUG de Sciences à l’Université et de poursuivre ses études tout en étant maman ! Sandrine prend un médicament, la Dépakine, mais elle pense à présent à l’opération qui serait possible dans son cas.

Aujourd’hui, il y a en France 500 000 épileptiques dont un cas sur quatre est d’origine inconnue. Pour les autres, les facteurs déclenchants sont multiples : tumeur, traumatisme, hérédité, etc. Mais tous ont en commun d’aspirer à une existence normale, et de ne plus avoir à cacher dans la honte une maladie avec laquelle ils finissent par « cohabiter » tant bien que mal…

Article rédigé en 2001

Le GABA, neuromédiateur « zen » pour la tête et les muscles

Dans la crise d’épilepsie, problème ponctuel directement lié à une mauvaise transmission nerveuse cérébral, c’est une molécule, le GABA, qui fait défaut avec pour effet un « survoltage » de neurones de l’hippocampe. Pas le poisson, l’hippocampe, zone des profondeurs du cerveau qui aurait besoin d’être calmée et qui, du coup, ne l’est pas correctement…
Les réseaux de neurones cérébraux sont toujours complexe, constitués d’empilement de cellules enchevêtrées qui, en plus, au fil des ans et des évènements de la vie ont la faculté de se réorganiser : on parle de plasticité neuronale, très active dans les premiers mois de l’existence, mais aussi tout au long de la vie d’adulte (même après un accident cérébral). Cette plasticité neuronale a forcément un impact évolutif sur l’organisation des neurones. Mais retenez surtout ce schéma classique du neurone. Un neurone est une cellule qui comporte un corps central entouré de dendrites – comme les branches à partir du tronc d’un arbre. Les dendrites transportent les informations nerveuses envoyées par des neurones en amont jusqu’au corps du neurone, lequel se prolonge par une « longue tige » appelée axone, ramifié à l’image du tronc qui se termine en racines dans la terre…
A l’extrémité de chaque ramification se trouve la synapse, région qui communique avec les dendrites d’autres neurones sur le circuit de l’information nerveuse (un peu comme les branches d’arbres alignés sur une même ligne dont on voit leur communication physique aux points de contacts). Là, dans tous ces points de relais, des molécules sont libérées suite au transit du signal électrique le long de l’axone : ce sont les neurotransmetteurs aux actions diverses. Ils transmettent l’information modulée par le neurone spécifique et à transmettre aux suivants par l’intermédiaire de récepteurs positionné sur le neurone suivant.
Lorsqu’une cellule nerveuse a pour but de « calmer le jeu » nerveux comme c’est le cas d’un neurone GABAergique, elle libère plus de quantité du GABA qualifié ici d’inhibiteur car chargé d’équilibrer les excès de décharges d’un autre neurotransmetteur proche, le « très stimulant glutamate » (oui, ce même glutamate employé comme additif par l’industrie agro-alimentaire pour exciter les papilles des consommateurs qui n’ont plus goût à rien…). Résultat, au niveau du neurone en aval, le message électrique est beaucoup plus « zen » et il n’y a plus à supporter l’angoisse de la crise d’épilepsie et ses tremblements musculaires, aussi effrayante qu’handicapante socialement…
Le GABA est un neurotransmetteur très répandu chez les vertébrés, chez les mammifères comme chez les oiseaux, et même chez des invertébrés comme les insectes ! Il est fabriqué par l’organisme à partir d’un acide aminé important dans la production des protéines, la protection du système immunitaire et des parois de l’intestin : la glutamine naturellement présente dans les bananes, les lentilles, les noix, les amandes, le fromage type parmesan ou le poisson.

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