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Ebola : « serial killer » de gorilles

Le virus meurtrier a fait des ravages chez les humains, bien sûr, mais aussi chez nos cousins les grands singes. Comment est-il parvenu à faire autant de victimes, en particulier parmi les gorilles ?

Des chercheurs français l’expliquent cette semaine dans la revue Current Biology. En effet, Damien Caillaud et ses collègues des Universités de Montpellier et de Rennes ont suivi une population de 377 gorilles en République Démocratique du Congo (RDC) depuis 2001. C’est là-bas, ainsi qu’au Gabon, que le terrifiant virus Ebola a frappé : neuf fois déjà chez les humains depuis 1994.

   Déforestation à _Rio_de_Janeiro (Brésil) Culture de caféiers au détriment de la jungle à Kuranda (Australie)


Les victimes de ces épidémies de fièvre hémorragique avaient été, pour la plupart, en contact avec des cadavres de gorilles ou chimpanzés eux-mêmes infectés. Comment l’étaient-ils ? Par le biais de ce que l’on appelle un réservoir naturel, en l’occurrence ici, certainement des chauves-souris… En 2005, des biologistes de l’IRD ont pu identifié trois espèces frugivores et porteuses saines d’Ebola : Hypsignasthus monstrosusEpomops franqueti etMyonycteris torquata. Le contact entre chauves-souris et primates étant plus étroit en période de saison sèche, les petits mammifères volants empiètent sur les plates-bandes de nos cousins.

S’intéresser à la même nourriture (les fruits) les rapproche. Le virus Ebola en profite volontiers. Jusqu’à présent, on pensait que le taux de contamination élevé chez les grands singes était lié à cette relation de compétition avec les chauves-souris. Erreur, tout porte à croire qu’il est le triste résultat de leur comportement social selon Damien Caillaud. Lui et son équipe connaissaient bien chacun des gorilles du parc national d’Odzala-Kokoua en RDC.

Ils ont assisté au désastre de l’épidémie de fièvre hémorragique de 2004. Les éléments qui leur ont mis la puce à l’oreille ? Des chiffres épouvantables. 97% des gorilles vivant en groupe et 77% des mâles solitaires en ont été victimes. Aujourd’hui, il ne reste qu’une trentaine de survivants (sur près de 400 individus) ! Ebola, le braconnage, la déforestation ? Non, ce n’est hélas pas une rumeur. La présence des gorilles sur la planète ne tient plus qu’à un fil…

Risques en cas de mutation du virus ? Des éléments de réponses grâce aux recherches des scientifiques de l’IRD


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