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Dictionnaire de l’impossible

Marie-Antoinette 1775 (par JB André Gautier-Dagoty)Marie-Antoinette surgie du passé dans un jardin du présent, des écrivains pourtant pas devins qui racontent la tragédie du Titanic des années avant sa conception, etc. « le monde est un scénario en cours d’écriture et de réécriture permanentes, un terrain de jeu où la réalité et la fiction se dépassent l’une l’autre. Mais laquelle est partie en premier ? », interrogation prophétique de Didier van Cauwelaert qui rend possible ce dictionnaire de l’impossible…

Le journal intime d’un arbre, Hors de moi, L’éducation d’une fée, Cheyenne, etc. : Prix Goncourt, Grand prix du Théâtre de l’Académie française, prix Science-Frontières de la vulgarisation scientifique, il suffit de le lire une seule fois pour tomber ad vitam aeternam sous le charme de l’écriture de Didier van Cauwelaert.

Hors de moiBiologie végétale, animale, médecine, psychologie, physique, l’homme sait injecter la science à juste dose pour réaliser des thrillers capables de faire palpiter le cœur de ses lecteurs de la première à la dernière page. Dans son nouvel ouvrage, il pousse l’audace jusqu’à s’aventurer en terrain miné en mêlant science et irrationnel. D’incroyables histoires avec de très nobles intentions cachées dessous…

Exemples ? Un arbre qui se déplace tout seul, une abeille qui calcule une distance et la communique à sa colonie par une chorégraphie, un militaire qui dessine dans ses moindres détails un sous-marin ennemi construit en secret à 10 000 km de là, une résistante qui s’empêche de parler sous la torture des nazis en pratiquant la bilocation, etc.

ussfractalia-nb« Ce dictionnaire n’a d’autre ambition que d’informer, de faire réfléchir, rêver, douter, sourire et frémir (…) Réenchanter le monde, en un mot, tout en explorant ses coulisses où, derrière le spectacle qui nous est donné, magouilles, désinformation, manipulation mentale, récupération, complots du silence et du tapage organisé sont souvent, hélas, les intentions cachées de la mise en scène » écrit l’auteur.

En effet, ces histoires impossibles montrent d’abord… qu’il faut les étudier de près avant de conclure à leur impossibilité ! Face à certains phénomènes énigmatiques, la science nous enseigne à entretenir le doute. Il faut savoir être sceptique sur ce que l’on ne sait pas encore expliquer et avoir l’humilité de continuer à chercher, plutôt que de conclure par des raccourcis qui arrangent. En science comme ailleurs, la quête de la vérité n’est pas un long fleuve tranquille.

Abeille

Extraits

PASSE (voyages dans le)
Jardin du tempsD’Albert Einstein à René Peoc’h en passant par Régis Dutheil, de H. G. Wells à René Barjavel ou Michael Crichton, la possibilité de se déplacer dans le temps a toujours hanté scientifiques et romanciers avec la même constance, le problème étant moins la notion de voyage (au moyen d’une machine ou d’un état modifié de conscience) que la nature même du temps.

En effet, quand on se retrouve dans une autre dimension temporelle, comme lors des expériences qui vont suivre, la question est de savoir si l’on se déplace dans le passé ou si le passé vient à nous. Ou bien si, le temps n’étant qu’une illusion de notre conscience , un « simple rapprochement » parvient à s’opérer parfois entre la mémoire enregistrée par un lieu et notre perception ponctuelle.

ProphétieUne collusion involontaire, accidentelle, entre deux « couches » temporelles – référence à la théorie des super-cordes qui permet aux physiciens de concevoir le temps comme un millefeuille.
Marie-Antoinette 1783 (par Elisabeth Vigée Le Brun)Mais cette collusion peut aussi être le point de rencontre entre nos fantasmes et le champ de conscience informationnel que nous traversons. La célèbre affaire dite des « Fantômes du Trianon » semble aller dans ce sens. Le 10 août 1901, deux professeurs d’Oxford en vacances, Anne Moberly, directrice du St Hugh’s College, et Eleanor Jourdain, son assistante, sont en train de se promener dans le parc du château de Versailles, lorsqu’elles voient un « miroitement » se superposer à la verdure environnante.

Elles se retrouvent alors au milieu de personnages en costume du XVIIIe siècle. Elles demandent leur chemin en français à des jardiniers à tricorne qui leur répondent. Elles pensent à une reconstitution historique, à une fête costumée qui se prépare. Puis le temps se fait de plus en plus lourd, et un sentiment d’inquiétude croissant les envahit. Un homme défiguré par la petite vérole jaillit d’un bosquet, leur intime de s’éloigner au plus vite.

Elles tombent alors sur une belle et noble dame blonde qui peint une aquarelle devant le Petit Trianon, indifférente à l’agitation qui se répand dans les jardins. Un jeune homme anxieux vient chercher les deux Anglaises, comme pour les évacuer du lieu. Alors la vision se dissipe, et elles se retrouvent dans leur époque. Tout est normal. Se retournant, elles découvrent un vieux mur de pierre qui barre le chemin par où elles viennent de passer.
Rentrées dans leur collège d’Oxford, elles plongent dans les archives. Elles sont convaincues d’avoir bel et bien voyagé dans le passé, et rencontré Marie-Antoinette qui peignait devant son Petit Trianon. Pour preuve, elles découvrent un portrait de la reine par…

Dictionnaire de l'impossible

TITANIC (les auteurs du)
TitanicTout le monde connaît l’histoire de ce paquebot géant, qualifié de « plus grande réalisation humaine jamais lancée sur les eaux », réputé insubmersible grâce à ses 92 compartiments étanches, et qui, lors de sa croisière inaugurale, sombra dans l’Atlantique Nord après avoir heurté un iceberg le 15 avril 1912. On sait moins en revanche que, bien des années plus tôt, alors que ce navire n’était pas encore sorti de l’esprit de ses concepteurs, deux romanciers, Morgan Robertson et William Thomas Stead avait déjà écrit le scénario de son naufrage. Et un troisième auteur, Mayn Clew Garnett, remit à son éditeur le jour même où le Titanic quittait le port de Southampton. L’ouvrage en question, racontant lui aussi comment ce transtlantique géant allait se fracasser contre un iceberg, était sous presse au moment du naufrage.
Pour l’ensemble de ce dossier, passé à la trappe de l’histoire officielle comme beaucoup de faits qui dérangent notre vision traditionnelle du monde, je me réfère au captivant ouvrage de Bertrand Méheust, professeur de philosophie et docteur en sociologie qui, sous le titre hélas réducteur de Histoires paranormales du Titanic, explore et analyse des faits d’autant plus hallucinants qu’ils procèdent d’une réalité vérifiable.

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Commençons par Morgan Robertson. Né dans l’Etat de New York en 1861, il s’engage dans la marine marchande dés l’âge de 16 ans. Le mal de mer l’incite à devenir apprenti diamantaire, mais des problèmes de vue le contraignent à quitter cet emploi. Il devient alors romancier maritime, mais ne rencontrera jamais le succès et noiera dans l’alcool une existence misérable. Ecrivain maudit dont le talent passe inaperçu, il est par ailleurs un inventeur aussi génial que malchanceux. C’est lui qui dans une nouvelle de fiction, conçoit le périscope, cet appareil qui révolutionnera les sous-marins. Personne ne fait attention à son texte, alors il dessine son invention et la met au point tout seul avec ses petits moyens d’autodidacte.

Mais, quand il veut en déposer le brevet, il découvre qu’il a été pris de vitesse par un de ses lecteurs.
Il y a de quoi être énerver. Quand la réalité vous gruge et vous rejette, que faire sinon retourner dans la fiction ? Futility (Trad. Française : Le Naufrage du Titan, Corsaire Ed., 2000), qu’il publie en 1898 (soit 14 ans avant le lancement du Titanic), raconte comment l’obstination cupide d’un armateur et l’aveuglement du commandant vont causer la destruction du Titan, un paquebot « insubmersible » qui va couler après avoir percuté à pleine vitesse un iceberg.

Coeur de l'océan

Dépassant les ambitions du roman catastrophe, ce livre est avant tout, sous forme de parabole, un pamphlet amer contre la volonté de puissance qui mène l’homme à sa perte. Tous les détails technologiques que l’auteur invente pour « faire vrai », pour frapper les imaginations, sont en fin de compte destinés à réveiller les consciences. Mais ce n’est pas la parabole qui nous intéresse aujourd’hui dans ce texte ; c’est la précognition. Pour ne pas dire la prophétie…

Epave dans « un monde impossible » : les fractales

 

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