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Des crocodiles marins mangeurs d’hommes !

Mais que se passe-t-il donc au nord de l’Australie ces temps-ci : les crocodiles n’ont-ils plus rien à se mettre sous la dent pour en venir à s’attaquer aux plongeurs ? Les Australiens en viennent à se demander s’il ne faut pas rouvrir la chasse…

Ces 20 dernières années, une douzaine de personnes sont mortes des suites d’une attaque de crocodiles marins. C’est dire si la menace est prise au sérieux. Et plus encore depuis le mois de septembre au cours duquel deux hommes -l’un qui faisait du snorkeling près de l’île de Groote Eylandt et l’autre qui plongeait dans la péninsule de Cobourg- ont trouvé la mort. Le premier, Russel Harris, 37 ans, dont le corps a été autopsié pour confirmation, plongeait en apnée avec un ami à 100 mètres à peine de la plage le 25 septembre dernier. La dernière fois que ce dernier l’aperçut, il était encore à 20 mètres à peine du rivage. Puis, plus rien. Alerté de sa disparition, la police a retrouvé le cadavre le lendemain matin plus au nord, à 1,5 km… et le supposé tueur, un crocodile marin de 4 mètres, qu’elle a abattu sur le champ.

 

Dans la même semaine, Russell Butel, 55 ans, plongeur professionnel qui travaillait dans l’aquariologie pour la société Aquatica North Australia, récoltait des poissons avec un collègue en baie de Trepang. D’après son entourage, il savait le risque qu’il courait à plonger là… Lui non plus n’a pas survécu à l’attaque du redoutable crocodile marin. Son confrère, remonté à bord du bateau a juste eu le temps d’apercevoir la bête de 4,50 m. Le cadavre de Butel a été découvert à 2 km du lieu de l’incident. Les locaux, qui n’ignorent pas le danger de cette baie où l’on voit parfois plusieurs crocodiles roder simultanément, évitent les baignades. La population et les plongeurs de la région -dont beaucoup connaissaient Butel- réclament des mesures depuis longtemps déjà. En effet, le nombre de crocodiles marins a explosé dans le nord de l’Australie depuis 1971, année d’interdiction de la chasse. De 5000 têtes à l’époque, on en compterait aujourd’hui 60 000 !

Sur ce chiffre, le gouvernement autorise la capture annuelle de 600 individus destinés à l’élevage en ferme pour l’exploitation des peaux et de la viande. La dernière proposition qui lui a été faite, suite aux décès des plongeurs, est l’ouverture d’une sorte de safari, chasse au trophée visant à tuer chaque année 25 spécimens de plus de 4 mètres par an (25 parmi le quota des 600). Evidente occasion de limiter la présence des crocodiles marins les plus dangereux et de procurer des revenus supplémentaires aux aborigènes, propriétaires de la plupart des territoires sur lesquels vivent ces reptiles… Des organisations écologistes s’y sont farouchement opposées, estimant la pratique trop ‘barbare’ et d’un autre siècle. Et le gouvernement a finalement rejeté la proposition. Ian Campbell, ministre de l’Environnement et du Patrimoine, a expliqué que ce type de chasse ne pouvait coïncider avec l’approche moderne d’une gestion responsable des animaux et qu’il ne voulait pas que l’Australie, destination éco-touristique par excellence, passe pour un pays qui ne prenne pas soin de sa faune sauvage.

Caroline Lepage (Article publié en mai 2006 dans le magazine Océans)

Focus Une réputation exagérée ?

Non ! Crocodylus porosus n’a rien d’un ‘croco’ au cœur tendre. C’est d’ailleurs le plus grand de tous. Les mâles peuvent atteindre 6 ou 7 mètres de long et peser plus de 500 kg. Potentiellement dangereux donc, on les rencontre dans la région d’Asie du Sud-Est (Inde, Bengladesh, Cambodge, Chine, Papouasie Nouvelle Guinée, Indonésie, Malaysie, Palau, Philippines, Sri Lanka, Thaïlande, Vanuatu, Vietnam) ainsi qu’au nord de l’Australie. Reptiles aux crocs acérés, à l’aise dans les rivières comme dans les eaux à forte salinité du littoral, ils ne font guère les difficiles au moment des repas. Petits, ils se régalent d’insectes, crustacés, amphibiens et petits poissons dans sa jeunesse. A l’âge adulte, ils préfèrent les tortues, serpents, oiseaux, buffles, bétail… et humains, s’il en est un qui a le malheur de passer par là sans avoir de quoi se défendre.

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