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Civilisation : les hommes, « les femmes et les enfants d’abord du Titanic », le déclin des humains sur une île, un navire, une autre planète ou la Terre

RMS TitanicTerre sans nuages selon Google EartAlors c’est vrai… En catimini, des uns et des autres cherchent un monde ailleurs, exoplanète où seuls les plus aisés dans un premier temps auraient le droit de se rendre mais dans quelles conditions ? Un peu comme les passagers de premières classes se précipitant sur d’instables canots de sauvetage du Titanic avec les « pauvres femmes et enfants d’abord » pour se noyer malgré tout dans les flots sombres et froids de l’Atlantique, pendant que les plus optimistes croyant toujours en leurs propres capacités de résistance comme en la solidité du splendide navire tiennent le coup ?

La planète Terre, au sol et aux eaux polluées, à l’environnement vidé à l’excès de ses ressources naturelles (et parfois génétiquement modifiées), est en train de crever bêtement de la surpopulation et des orgies de l’humanité ! Il n’y a plus assez à « bouffer » pour tout le monde comme autrefois sur l’île de Pâques… 

Taux de natalité qui a explosé – mais pas assez en France ? où les braves citoyens qui payent des impôts finiront par croire que l’amour au naturel n’est plus bon à rien si des femmes ministres des deux derniers gouvernements continuent de nous bassiner avec leur PMA à toutes les sauces, homo ou hétéro’, on aurait volontiers préféré une politique plus stricte et responsable ! – risque d’instabilité sociale et de précarité avec les réfugiés fuyant la guerre de leur entourage, des femmes dans la misère ou des mères sans scrupules prenant en otages des hommes de passage pour en faire des géniteurs de pauvres gosses crasseux qui très tôt peuvent être ainsi prostitués ou réduits à l’état d’esclaves modernes pour rapporter plus vite de l’argent – tristes boucliers humains -, juste porteurs d’un sac à dos et deux trois modestes affaires à l’intérieur alors que dans leur pays en paix à l’époque, la « totale » : chez eux, maison, vêtements, travail, vie modeste et agréable dans un environnement calme. Comment tout cela finira ? Peut-être comme sur l’île, ou pas, citoyens…

15 Moais sur le site Ahu Tongariki (© Ian Sewell)Au Ve siècle, une poignée d’hommes pose le pied sur un morceau de terre volcanique perdu dans le Pacifique. Bien décidés à jouir de tout ce que celui-ci avait à offrir, les Pascuans nous ont livré bien malgré eux, un testament riche d’enseignements. Leçon d’humilité sur RapaNui…

165 km carrés, 23 km de long sur 12 de large, Rapa Nui, à 2000 km de la terre la plus proche (île Pitcairn) et 3760 km du Chili dont elle dépend aujourd’hui, est l’île la plus isolée au monde. Plus connue sous le nom d’île de Pâques depuis ce 5 avril 1722, dimanche de fête pascale où à bord de l’Arena, l’explorateur hollandais Jacob Roggeveen l’aperçoit et jette l’ancre à proximité, Rapa Nui porte les traces d’un passé tumultueux. Etrange décor d’apocalypse à l’herbe rase et aux forêts absentes dont seuls dépassent trois massifs.

BARBARES OU GÉNIES ?

L’une des facettes du mystère de l’Île de Pâques se profile au bout de la longue-vue de l’amiral Roggeveen. D »immenses silhouettes de pierre, de 4 à 20 mètres de haut, se dressent dos à la mer sur des autels (de luxe ?) : les Moaïs, symboles d’une civilisation brillante, c’est certain ! Pourtant, « comment ces insulaires, qui ne connaissaient en aucune manière les puissances de la mécanique, ont pu élever des masses si étonnantes, et ensuite placer, au-dessus les grosses pierres cylindriques? 700 insulaires, privés d’outils, d’habitations et de vêtements, tout occupés du soin de trouver des aliments et de pourvoir à leurs premiers besoins, n’ont pas pu construire des plates-formes qui demanderaient des siècles de travail », s’interroge dans son journal de bord le célèbre capitaine Cook…

Aussi stupéfait que Roggeveen des années avant lui, de rencontrer des indigènes affamés, dans un état de dénuement total, vivant dans des grottes et obligés de se livrer au cannibalisme plus par nécessité que rituels religieux. Pour comprendre cette descente aux enfers des Pascuans, un bond dans le passé, près de 13 siècles en arrière, s’avère utile. Les Polynésiens colonisent peu à peu les îles du Pacifique, et celle de Rapa Nui, loin de ressembler à l’Eden, n’échappe pas à leur désir de possession. Hostile, elle appartient encore aux moustiques et aux lézards, et à une trentaine d’espèces végétales. Son unique source d’eau douce dort dans des lacs blottis au creux de volcans éteints…

Qui vole un œuf ?
Sera sacré Homme-Oiseau, incarnation du dieu créateur de l’univers Maké Maké. Tradition religieuse disparue à la fin du XIXe siècle, la fête de Tangata Manu était renouvelée chaque printemps. Ce jour-là, de vaillants serviteurs s’affrontaient, risquant leur vie pour rapporter, perchés sur leur tête, un œuf intact. Et pas n’importe lequel ! Un œuf de sterne, oiseau marin nichant sur l’îlot Moto Nui en face de Rapa Nui.
La compétition s’achevait au bord du cratère du volcan Rano Kao, parmi la foule perchée au sommet de la falaise d’Orongo pour veiller au respect des règles. Le premier arrivé remportait la victoire et faisait couronner son second roi de l’île son maître. Dès lors proclamé Tangata Manul, l’Homme-Oiseau passait un an reclus dans une grotte, isolé des autres par son caractère sacré, jusqu’à la prochaine célébration…

TOUJOURS PLUS ?

Ambitieux, les hommes débarquent avec quelques produits du « terroir », mais seuls la patate douce et les poulets parviennent à s’épanouir sur cette île au sol pauvre et mal irrigué. Maigres ressources avec celles de la pêche (de canoës… en bois, détail important) qui n’empêchent pas la population de croître, s’organiser en clans occupés à bâtir des autels religieux,les ahu, et à sculpter dans le basalte du volcan Rano Baraku les fameux Moaïs.

Très vite se pose une difficulté majeure : comment les extraire et les mener aux ahu ? « La solution trouvée par les Pascuans à ce problème fournit la clé du sort que connut par la suite leur société. Faute de bêtes de trait, ils durent employer une très importante main-d’oeuvre humain: pour haler les statues en utilisant comme « rouleaux des troncs d’arbres » indique Clive Ponting, chercheur britannique de l’Université de Swansea dans son livre Le viol de la Terre paru en 1991. Or, au fil des siècles, afin d’ériger d’autres Moaïs, les Pascuans, si ingénieux furent-ils, consommaient le bois sans compter. Le danger se profilait dans l’inconscience la plus totale. Les arbres, dont dépendait la terre alors érodée et de moins en moins fertile, étaient abattus les uns après les, autres, sans ménagement jusqu’à extinction.

LES MOAIS, GARDIENS DU MYSTERE

« A défaut d’autre chose ! Car bien des archéologues ont imaginé quel pouvait être le rôle de ces quelque 600 statues entières, brisées ou inachevées, édifiées entre le XIV’ et le XVII’ siècle, sans jamais trouvé de réponses satisfaisantes à cette énigme… Représentent-elles des ancêtres venus d’un continent perdu ? Des effigies en l’honneur de divinités ou de défunts? Des visiteurs extra-terrestres comme ont pu le suggérer des hypothèses extravagantes ? Des gardiens de Rapa Nui ? Mais pourquoi alors sont-elles presque toutes tournées vers l’intérieur de l’île ?

Mine grave, front haut, longues oreilles, nez aquilin dans le prolongement du Pukao – représentantun chignon – extrait d’une roche rouge de l’ouest de l’île, tête démesurée : cette allure immortalisée dans la pierre n’est pas celle des Polynésiens et fait planer un doute sur l’origine exacte des premiers habitants de Rapa Nui. « Privés d’arbres et donc de canoës, les insulaires se retrouvaient prisonniers à des milliersde kilomètres de leur patrie natale, incapables d’échapper aux conséquences de la débâcle de leur environnement dont ils étaient eux-mêmes responsables » décrit Ponting, menant habilement son lecteur sur la voie de la réflexion et d’un possible parallèle avec les situations actuelles…

La déforestation eut non seulement raison de la fabrication des statues, mais aussi d’un peuple en surnombre, certes brillant et civilisé mais dont la survie sur l’île était étroitement liée aux ressources naturelles. « Celles-ci épuisées, la société ne tarda pas à s’effondrer, entraînant les habitants à un niveau proche de la barbarie commente le chercheur.

LE DÉCLIN

Les guerres tribales – au cours desquelles furent abîmées de nombreuses statues – éclatèrent vers 1680, le clan des Courtes Oreilles décidé à reprendre le dessus sur celui des maîtres, les Longues Oreilles. La situation s’inversa. « L’esclavage devint pratique courante et, à mesure que se raréfiait la quantité de protéines disponibles, les habitants se livrèrent au cannibalisme » : les mots du britannique claquent comme la sentence irrévocable d’une condamnation à mort de cette civilisation, accélérée par la cruauté des Européens, des Péruviens et la fragilité face aux maladies venues par bateaux avec leurs tortionnaires. « Exemple frappant de la façon dont les sociétés humaines sont dépendantes de leur environnement et des conséquences qu’entraînent les dégâts irréversibles qu’elles lui causent » conclut Clive Ponting. Saurons-nous tirer les leçons de cette histoire, le ridicule des « jamais assez » contre le calme des « assez heureux » ? Ah, ça ira : l’avenir nous le dira…

Article publié en octobre 2007 dans le magazine Questions Réponses

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