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CHRONIQUE DECALEE : UN CAFE AVEC… ZORRO, DEMASQUE ! (1924-1989)

Il vous arrive sans doute de prendre un plaisir solitaire à lire les chroniques décalées dans les quotidiens et magazines. Un exercice de style qui pourrait sembler aux non-initiés appartenir aux « fake-news » dont on nous rabat les oreilles ces derniers temps, sans doute parce qu’elles remettent en mémoire l’apparition des « trolls » aux débuts d’Internet ? Trolls qui n’étaient peut-être pas des pros de la presse écrite commençant à se diluer sur la toile il y a 10 ans, mais qui lui faisaient perdre sa crédibilité sous un déluge de commentaires pas toujours utiles dans cette direction numérique… Revenez donc aux (longs) papiers des journalistes pour découvrir le plaisir égoïste de la lecture des chroniques décalées. Et vous comprendrez comment, par votre propre interprétation de l’article, en en parlant ensuite autour de vous, vous participez aussi à la diffusion de l’information du peuple.

J’aurais bien proposé ma chronique décalée « Un café avec… », rédigée le 14 février pour être honnête, à Monsieur Christophe Barbier, actuel chroniqueur sur BMTV et directeur de rédaction de l’hebdomadaire L’Express entre août 2006 et octobre 2016, où il écrit régulièrement « Le roman du président »… Ici, en espérant que mon message lui arrive, je vais me contenter de lui dire : merci, j’ai aimé vous lire !

Un café avec… Zorro démasqué (Guy Williams 1924 New York-1989 Buenos Aires)

Z- Bonjour !

C- Bonjour, quelle émotion de vous rencontrer en ce matin de Saint-Valentin !

Z- Honoré également. Je n’ai probablement pas choisi cette date par hasard, n’est-ce pas ?

C- Vous voulez me faire avouer dans un bar ?

Z- Oui ! S’il vous plaît, deux cafés ! Vous en prendrez bien un avec moi… mademoiselle ?

C- Volontiers !

Z- Café du Mexique, bien sûr, vous en avez je suppose ? Ils ont ça partout maintenant… Alors, vous avouez, mademoiselle la journaliste ?

C- Comment pourrais-je résister ? Même si vous êtes décédé depuis longtemps : je suis désolée condoléances, ça se dit à un mort célèbre ? Je ne peux que craquer devant votre éternel sourire. Et quelle charmante moustache, Don Diego de la Vega ! Avec un signe physique aussi visible, classe et facile à identifier, il y a dû y avoir une mode chez les hommes ensuite, non ? Vous savez que les téléspectateurs ne pouvaient qu’être affligés du manque de jugeote du célèbre et gourmand Commandant Garcia – plus ventru que mon maigre grand-père, un Espagnol arrivé en France en 1939 avec le même nom – et des habitants du village… En même temps, il n’était peut-être pas si bête que le scénario le laissait penser ? Parfois, il vous volait la vedette en direct, peut-être qu’il improvisait ? Il lui arrivait d’être drôle, c’est vrai. Mais bon sang, comment les villageois et même le Commandant Garcia se débrouillaient-ils pour ne pas réussir à reconnaître votre svelte silhouette et votre visage, sous le costume, la cape, le chapeau et le bandeau ?

Z- Mais tout le monde savait, et faisait semblent de ne pas savoir, pour la caméra ! C’était la vraie vie filmée pour divertir, avec ses mensonges, ses vérités, une série de télé-réalité diriez-vous en 2018. Alors, avouez, mademoiselle Lepage ?

C- Que j’étais raide dingue de vos exploits à l’époque, probablement comme toutes les jeunes filles de mon âge ? Sans parler des gamins qui profitaient de chaque Carnaval pour s’identifier en vrai au super-héros que vous incarniez : la bravoure, la vivacité d’esprit, la rapidité des mouvements dans l’action ou la réflexion, la dextérité à l’épée et le tout à mains nues ou juste gantées de noir !

Z- Oui ! Dites donc, vous aviez quel âge ?

C- Euh, je ne sais plus… La série était diffusée le week-end, je crois, dans une émission appelée Disney Channel. Elle était en noir et blanc donc – et moi en couleurs, pardon ma blague est mauvause ! Du haut de mes 10 ou 12 ans peut-être, je vous trouvais irrésistiblement beau, peut-être parce que je vous trouvais surtout courageux en réalité ? Un vrai prince charmant ! Est-ce que j’aurais fait de vous un homme qualifié de « pédophile » si je vous avais rencontré en vrai ou pire, si j’avais su me faire apprécier de vous officiellement comme une fan ? Je peux me poser la question en 2018, avec l’affaire Weinstein qui remue les esprits sur le harcèlement sexuel, et parfois les grands écarts d’âge entre un homme et une gamine qui causent simplement ensemble semant le doute chez les observateurs. En même temps, quel âge avait le président français quand il a commencé à flirter avec la première dame, ou inversement, vont dire les Français… Ou pourquoi, depuis ses histoires d’amour avec Sylvie Vartan puis Nathalie Baye, Johnny Hallyday n’a épousé que des jeunes, en 1990 Adeline Blondieau (l’avocate Caroline Drancourt de la série phare des années 1990-2000 Sous le soleil) d’abord, ensuite la jeune mannequin Laeticia, âgé de 21 ans quand il en avait 52 ? Bref, quand elle allait à l’école à 12 ans, il en avait 43 avec des responsabilités d’adulte star de la chanson et dans ces conditions, la morale – ou la justice – aurait vu d’un mauvais œil cette union à venir. Moi qui, aujourd’hui en tant que femme, ose vous révéler toute mon admiration de jeune fille de 12 ans à l’époque, m’aurait-on accusé de harcèlement sexuel à votre égard ?

Z- Ça aurait été injuste ?

C- Je trouve aussi. C’est sûr, c’est vous qui auriez pris et on aurait parlé de scandale, peut-être même de « viol » – tout va si vite avec Internet – alors que je ne vous ai jamais rencontré ! Et tout le monde aurait essayé de se rassurer sur les gamines en prétendant qu’il y a un âge légal à partir duquel les sentiments amoureux et réciproques avec contact physique sont tolérés ? Mais quel âge quand on sait que dans les cours d’école, il y a aussi des petits garçons déguisés en zorro que les petites filles se verraient bien épousés quand elles seront grandes ? Heureusement qu’entre vous et moi, il y avait l’écran et la distance, Zorro ! La géographie nous a sauvés de l’enfer médiatique… Je plaisante, mais je vous trouvais génial quand j’étais petite, et je rêvais déjà du grand amour, comme tout le monde. Comme je rêvais d’avoir un métier qui me saurait me passionner, que je ne quitterais que le jour où il m’ennuierait, peut-être jamais d’ailleurs ? Je suis officiellement journaliste depuis 2001 et j’aime toujours autant ce métier.

Z- Donc vos hormones vous travaillaient autant que vos neurones ! La vie vous appelait ! Il était de temps de rencontrer Zorro… Au collège, forcément, vous l’avez trouvé ?

C- Qui pose les questions, vous ou moi ? J’aime votre humour en tous cas.

Z- C’est une discussion, madame la journaliste, pas un monologue… J’ai le droit de vouloir en savoir plus sur vous. Moi aussi, ça m’intéresse de découvrir comment, même en noir et blanc, j’ai pu faire naître des vocations d’héroïnes. Car il est question de ça, il me semble. Dites-moi comment un jeune homme ou une jeune fille qui « craque » pour un héros, démasqué ici, peut mener son existence sans être démangé à son tour par l’envie d’être un héros ou une héroïne ? Alors, vous avez « conclu » au collège, forcément ? Je tiens à obtenir une réponse de votre part, car c’est à cet âge là qu’il faut commencer à vivre avec ses sentiments, celui où les adolescents, futur homme, futur femme, faits l’un pour l’autre, auront le plus de chance de réussir à passer une vie heureuse ensemble. Ou au moins pendant 10, 20 ou 30 ans, et élever des enfants, en faire des adultes responsables, des héros sans masque fière de leur identité, vous ne croyez pas ?

C- Oh là, blessure d’enfance, Zorro ? Vous n’étiez pas fier de la vôtre, Don Diego de la Vega ?

Z- Oui et non… Quelque part à cheval entre les deux, comme tous ces gens qui déjà à l’époque vivaient dans une frontière floue entre Mexique et Etats-Unis ! Zorro a plutôt la peau blanche, quand les Mexicains l’ont foncée. J’ai lu que vous y êtes allée d’ailleurs ? Et que vous avez failli vous noyer ! J’espère que vous en gardez malgré tout un excellent souvenir et même l’envie d’y revenir…

C- Je vous le confirme !

Z- Quant à cette question de couleurs de peau, naturellement moins visible à la télévision quand elle était en noir et blanc – je pense que vous avez connu ça au début des années 1980 – il y a toujours de vrais racistes, et…

C- Même dans la mort ? Pardon de vous avoir interrompu, mais je rappelle que vous êtes décédé…

Z- Oui ! Des haineux de la différence, des faux, des lâches d’un côté et puis ceux qui s’engagent pour faire disparaître la haine, essayer de vivre en paix. C’est difficile. J’étais peut-être métisse et pas que dans la série, sous mon costume de satin et soie noir, juste un cow-boy qui défendait ses racines mais aurait préféré le faire à visage découvert comme un avocat plutôt qu’un hors-la-loi chassé comme un renard ! Voilà pourquoi c’est moi, Mademoiselle Lepage, qui vous ai proposé ce rendez-vous ici aujourd’hui. Je voulais être avocat, pour les « sans voix », faire cesser les injustices, et pas seulement être considéré comme un acteur dirigé par un agent… Dans cette voie, j’étais peut-être au moins aussi fougueux que Tornado !

C- Vous m’en dites plus sur ces blessures cachées ?

Z- Une autre fois peut-être, Caroline, si les rédacteurs-en-chef publient enfin vos articles signés de votre nom et qu’ils rémunèrent les journalistes pigistes à la hauteur du travail présenté. Saluez les lecteurs de ma part…

NDLR : « Zorro, Don Diego de la Vega » Armando Joseph Catalano, rebaptisé Guido Armando par son agent puis Guy Williams (1924, New York – 1989, Buenos Aires)

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