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Chercheur obstiné au service de l’Evolution

 by Julia Margaret CameronDe lui, son père disait qu’il était un cancre. Préférant papillonner dans la nature plutôt qu’étudier sur les bancs des salles de classe, qui aurait pu prévoir que Charles Robert Darwin allait un jour poser les fondements de la biologie ! Rencontre avec un grand Homme.

1925. John Scopes, professeur de biologie dans le Tennessee (USA), enseigne la théorie de l’Evolution, et non celle de la Création Divine. Soutenu, il sera pourtant condamné à verser une amende de 100 $…

Angleterre, 12 février 1809. Susannah et le docteur Robert Darwin accueillent leur 5e enfant, Charles. Le bambin aura plus tard un certain talent pour l’école buissonnière. Courir après les animaux, vagabonder dans les bois. Diantre, ce n’est pas ainsi que l’on devient honnête homme ! Mais à Edimbourg en étudiant la médecine ? Robert l’espère… en vain.

Insectes

Croisière

Et si Charles devenait pasteur ? Direction Cambridge en 1828. Peine perdue. Son ‘cancre’ de fils préfère collectionner les insectes, chasser le gibier, et traîner dans les dîners. Encouragé par le botaniste John Stevens Henslow qui le recommande à Mr FitzRoy Capitaine du Beagle, il s’engage, avec l’accord de son père, dans une expédition maritime de cartographie des côtes sud-américaines.  Le voici, naturaliste volontaire, embarquant un jour de décembre 1831… 5 ans d’aventures qui le transformeront : fini le fusil de chasse, bonjour le carnet de note.

HMSBeagle

« Je découvris insensiblement que le plaisir d’observer et de raisonner était beaucoup plus vif que celui des tours d’adresses et du sport. Je me souviens d’avoir pensé, étant dans la baie du Bon-Succès à la Terre de Feu, que je ne pouvais mieux employer ma vie qu’en ajoutant quelque chose aux sciences naturelles » écrit-il. Iles Malouine, Cordillère des Andes, Tahiti, Nouvelle-Zélande, Ile Maurice, etc. Paysages fabuleux, espèces et fossiles incroyables aiguiseront son sens de l’observation et son esprit critique.

Google EarthPolynésieReptile

Les pinsons

Ainsi, il constate aux Galapagos une similitude des animaux d’une île à l’autre mais avec quelques variations. Les pinsons d’une même espèce, par exemple, ont un bec différent selon le lieu qu’ils occupent et la nourriture dont ils disposent. Un peu comme s’ils s’étaient transformés en fonction des ressources, se dit le jeune homme qui ira jusqu’à penser que les animaux aient pu avoir un ancêtre commun…

NatureIdées qui risquent de ne pas plaire à une époque où le catastrophisme – disparition brutale des espèces remplacées par d’autres selon le bon vouloir de Dieu – est une théorie très en vogue. Mais puisque même son célèbre grand-père Erasmus et Jean-Baptiste Lamarck, à propos duquel Charles écrira « le premier, il rendit à la science l’éminent service de déclarer que tout changement dans le monde organique, aussi bien que dans le monde inorganique, est le résultat d’une loi, et non d’une intervention miraculeuse », ont adopté un autre mode de pensée, pourquoi pas lui ?

De retour en 1836, Darwin échafaude les piliers de sa grande théorie, s’appuyant sur les travaux de son ami Charles Lyell qui remet en cause le catastrophisme et soutient que la surface de la planète est modifiée en permanence par des forces naturelles. Darwin, lui, pense carrément que les espèces évoluent pour s’adapter à leur environnement. La preuve en est : les fossiles qu’il a observés sont légèrement différents des animaux actuels ! Lyell, qui apprend qu’un jeune naturaliste britannique, Alfred Russel Wallace, arrive aux mêmes conclusions, presse Darwin de publier son œuvre ‘Sur l’origine des Espèces’.

Evolution : la révolution ?

La 1ère édition se vend comme des petits pains ce 24 décembre 1859. Inepties ou évidences ? « La disposition semblable des os dans la main humaine, dans l’aile de la chauve-souris, dans la nageoire du marsouin et dans la jambe du cheval ; le même nombre de vertèbre dans le cou de la girafe et dans celui de l’éléphant ; tous ces faits et un nombre infini d’autres semblables s’expliquent facilement par la théorie de la descendance avec modifications successives, lentes et légères ». Des mots qui bouleversent les esprits ouverts et fâchent les autres.

Tableau

Comment ose-t-il supposer une origine commune à toutes les espèces, une sélection et une évolution des organismes ? « J’ai causé avec beaucoup de naturalistes sur l’évolution, sans rencontrer jamais le moindre témoignage sympathique. Il est probable pourtant que quelques-uns croyaient alors à l’évolution, mais ils restaient silencieux, ou ils s’exprimaient d’une manière tellement ambiguë, qu’il n’était pas facile de comprendre leur opinion » confiera Darwin. Le ‘hic’, c’est cette ombre au tableau : comment démontrer la transmission d’une évolution à la génération suivante ?

La solution viendra de Gregor Mendel, autrichien… spécialiste des croisements sur les petits pois. Il démontrera en 1866 les lois de l’hérédité et la transmission de caractères. D’autres découvertes sur les gènes et l’ADN donneront raison à l’audacieux Darwin. Sa dernière trouvaille fit bondir l’Eglise : l’homme descendrait du singe. En 2005, qu’en dit la Science ? On vient d’achever le décryptage du génome du chimpanzé. Et il est identique à 99%… au nôtre !

Article publié dans le magazine Questions Réponses (Novembre 2005)

Statue - copie

Une vie de scientifique

Evolution (Age de glace au temps des dinosaures)1809 : né à Shrewbury.

1825 – 1827 : études de médecine à Edimbourg.

1828 – 1831 : études de théologie à Cambridge.

1831 – 1836 : expédition à bord du Beagle.

1838 – 1841 : secrétaire de la Société Géologique, membre de la Royal Society de Londres en 1839, et de l’Académie des Sciences de France en 1878. Il épouse sa cousine Emma Wedgwood et aura 10 enfants.

1842 : il rédige un ouvrage sur la géologie des Récifs de corail, l’Amérique du Sud (1851), les îles volcaniques (1854) et les crustacés cirripèdes.

1859 : il publie sa célèbre théorie ‘L’origine des espèces par la sélection naturelle’ et bien d’autres (‘Descendance de l’homme’, etc.).

1882 : il meurt le 19 avril des suites d’une maladie cardiaque.

Charles_Darwin Signature

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