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CHANGEMENT CLIMATIQUE, LA MORT DU LION ?

En période de sécheresse, virus et parasites sont plus redoutables pour les lions. Par deux fois ces quinze dernières années, les lions ont péri en masse, frappés de plein fouet par la maladie de Carré transmise par un virus du chien (CDV). La première vague mortelle a eu lieu en Tanzanie en 1994. Elle a tué près d’un tiers des lions du parc du Serengeti !

La seconde, en 2001, a touché la population qui vit à proximité du cratère Ngorongoro au nord du pays. Mais d’après Craig Packer, chercheur à l’université du Minnesota aux Etats-Unis, les analyses de 600 échantillons prélevés depuis 1983 montrent qu’il y aurait eu 5 autres épidémies de CDV sans pics de mortalité. Alors, le CDV, mortel ou pas pour le roi des animaux ?

Pour le savoir, il faut s’arrêter sur ce petit détail : dans le même temps, le sang de la plupart des lions a toujours présenté un faible taux de Babesia (un parasite transmis par les tiques). Toujours ? Presque. En 1994 et 2001, ce taux est monté en flèche ! Toutefois, le fait que le CDV malmène le système immunitaire et ouvre la voie à Babesia ne suffit pas à expliquer pourquoi les taux sanguins du parasite n’ont pas explosé durant les 5 autres épidémies de CDV.

Alors, quoi ? La chaleur extrême… En 1994 et 2001, les épidémies de maladie de Carré ont chacune été précédées de sécheresse privant les herbivores de nourriture et les rendant plus vulnérables aux tiques. Effectivement, les buffles, qui constituent l’une des proies favorites des lions, étaient couverts de tiques à ces époques. Affaiblis, ils finissaient par mourir. Et lorsque les lions se nourrissaient de leurs carcasses, les tiques n’avaient plus qu’à sauter sur eux !

Cette étude montre bien qu’un climat très sec associé à une combinaison de différents facteurs a provoqué une surmortalité chez les lions. Pas très rassurant quand on voit la planète se réchauffer…

Extrait du livre publié en 2008 aux éditions EDP Sciences :

Explorations en Terre Animale

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