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Cancer du sein : de l’espoir

   Les traitements du cancer du sein Le cancer du sein est de plus en plus fréquent. Il représente 35,7% des cancers féminins. Ainsi touche-t-il en moyenne une femme sur onze, soit 42000 nouveaux cas chaque année en France (contre 21000 en 1980). La bonne nouvelle ? C’est qu’aujourd’hui, on peut très bien le mettre au tapis !

Femmes porteuses d'une mutation de BRCA1Il n’y a qu’à rencontrer Evelyne pour s’en convaincre, petite par la taille, si grande par le courage… Pétillante personnalité d’un mètre soixante, elle avait 36 ans en 1986 à l’annonce du diagnostic tombé comme un couperet : cancer du sein, fulgurant ! Tout s’est donc forcément enchaîné très vite pour elle : ablation, rayons, chimio.

Il lui a fallu affronter les doutes et de légitimes interrogations ‘pourquoi moi ?’, ‘vais-je m’en sortir ?’, ‘que vont devenir mes enfants ?’ à une époque où la médecine n’était pas aussi performante qu’aujourd’hui. Pourtant, ça ne l’a pas empêchée de remporter la victoire, ni même de reprendre brillamment quelques années plus tard son activité professionnelle.

Les secrets de sa réussite ? Peut-être un micro soupçon de chance dans son malheur, mais surtout une volonté à toute épreuve, l’envie de ne pas lâcher, un moral d’acier sur le long terme, le soutien des siens et en particulier de son époux, plus une passion à laquelle s’accrocher pour détourner ses angoisses…

Un jour, on lui a finalement annoncé qu’elle avait été la plus forte, qu’elle avait gagné ce long bras de fer contre la maladie… ‘Et tout ça sans avoir connu la moindre véritable dépression’ s’en amuse toujours le médecin qui l’a accompagnée dans la traversée de cette épreuve et de l’après-cancer ! Mais oui, et elle n’est pas la seule à avoir connu un tel succès.

INSTITUT NATIONAL DU CANCER

Des chiffres encourageants

La ligue contre le cancerLa preuve, l’étude européenne Eurocare-3 qui a surveillé le combat de ces dames dans 22 pays rapporte des chiffres plein d’espoir : en France par exemple, aujourd’hui, 82% des patientes sont là, bien vivantes et en forme, 5 ans après l’annonce du diagnostic ! 82%… voilà un taux de survie qui fait exploser les scores, un joli pied de nez au cancer, non ? On ne parle jamais assez de toutes celles qui se battent dans l’ombre pour anéantir le ‘crabe’, entourées de leur famille et leurs amis, autant d’épaules sur lesquelles s’appuyer. Pour le reste, le côté plus scientifique, la médecine surmonte mieux ce qu’elle connaît et justement, la recherche progresse à pas de géant.

On sait que le cancer du sein frappe surtout les femmes ‘jeunes’. Il reste rare avant l’âge de 35 ans et touche dans près de 70% des cas des femmes de plus de 50 ans. Ce qui explique l’importance de la mise en place du dépistage gratuit (mammographie) tous les 2 ans pour les Françaises âgées de 50 à 74 ans. Un dépistage précoce augmente les chances de guérison et limite considérablement les séquelles physiques et psychologiques. Par exemple, la mastectomie (ablation de la glande mammaire) se fait exceptionnelle pour une tumeur de moins de 3 cm. Les chirurgiens se contentent alors de retirer la masse cancéreuse.

Le Cancer du Sein Parlons-En

Le traitement

Parfois aussi, ils commencent par en réduire la taille avant l’opération avec l’aide de la chimiothérapie. Pour en revenir aux armes dont disposent les médecins après l’intervention chirurgicale, celles-ci, radiothérapie et chimiothérapie, sont assez mal connues par le grand public et ont plutôt mauvaise réputation. La première, non douloureuse mais fatigante, consiste à détruire les dernières cellules malignes grâce à l’application d’un faisceau de rayons de haute énergie sur la zone malade. Malheureusement, la source radioactive détruit aussi sur son passage les cellules saines, ce qui explique que le personnel soignant soit très scrupuleux pour définir précisément la partie du corps à exposer.

Pour ce qui est de la chimiothérapie, elle est là pour empêcher les cellules tumorales de se reproduire, donc pour arrêter leur prolifération. Elle s’accompagne de différents symptômes – nausées, vomissements – qui peuvent être atténués par d’autres médicaments. Elle reste traumatisante pour les patientes en particulier à cause de la chute de cheveux qu’elle entraîne. Ceci s’explique par son rôle premier : empêcher les cellules de se reproduire, et ce qui vaut pour les cellules malades vaut aussi pour les cellules saines. Résultat : tout l’organisme est ralenti et des fonctions, comme la pousse des cheveux, le renouvellement des cellules sanguines ou la digestion, sont provisoirement freinées. Patience car tout rentre dans l’ordre à l’arrêt du traitement !

En parler pour exorciser le mal

Concernant les causes exactes de l’apparition de ce cancer en nette progression depuis des années, elles ne sont pas clairement établies mais on suppose que les éléments suivants peuvent avoir leur part de responsabilités : stress, choc psychologique, forme héréditaire (évaluation du risque par des tests génétiques sur les gènes BRCA1 et BRCA2) dans 5 à 8% des cas, dégradation de l’environnement (pollutions), alimentation, absence de grossesse, prise d’hormones à la ménopause, pilule contraceptive, etc. Quelles qu’elles soient, dés que le mot‘cancer’ sort de la bouche du médecin, il transforme pour toujours la vie de la patiente et de ses proches.

La parole est salutaire… Cet instant douloureux a au moins le mérite de resserrer les liens entre les membres d’une famille frappée par le drame. Ensuite, après le coup de poignard donné à l’annonce du diagnostic, il faut l’affronter. Vient le moment de retrousser les manches et de foncer, si possible en y croyant de toutes ses forces malgré les doutes inévitables qui surgissent de temps à autre. Eux aussi finiront par passer ! Quant à la suite de la vie, elle sera différente, c’est certain, et à tous les niveaux si l’on en croit l’étude publiée ce mois-ci dans la revue Psycho-Oncology par Carolyn Rabin, psychologue américaine.

Nouveau départ

Il y a une prise de conscience des choses réellement précieuses de l’existence – la famille justement ou le sens que l’on veut donner à sa vie après ce passé (réorientation professionnelle, épanouissement au travers de nouvelles ou d’anciennes passions, etc.) – bien sûr. Mais selon la scientifique, l’après-cancer se traduit aussi souvent par des changements de style de vie (consommation de fruits et légumes accrue, pratique du sport – pourquoi pas la plongée si apaisante au royaume des dauphins, des baleines et autres jolies murènes -, etc.). Bref, un nouveau départ pour une deuxième vie encore plus riche !

Protéine p53 complexée à un segment d'ADN

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