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Attention, vos os perdent de l’ADN !

Les fossiles fournissent de précieux renseignements sur le passé, à condition de les manipuler et de les conserver soigneusement. Gare à la perte de matériel génétique, cet élément invisible mais tout aussi parlant…

L’union fait la force, même dans la recherche. Eva-Maria Geigl, qui dirige l’équipe de paléogénétique à l’Institut Jacques Monod (CNRS) de Paris, vient de le rappeler en publiant ses travaux dans la revue PNAS. Elle y démontre l’importance d’une étroite collaboration entre chercheurs sur le terrain, et en laboratoire, chacun ayant des objectifs différents. Après avoir extrait leurs « trésors » du sol, à mains nues souvent, les paléontologues les font passer dans un bain sur le site même des fouilles pour les nettoyer.

 

Première erreur qui peut entraîner la perte d’ADN encore présent à l’intérieur des os poreux, ADN justement recherché par les paléogénéticiens… Autre problème, les risques de contamination par de l’ADN « moderne » qui sont très importants. Enfin, les conditions de conservation des fossiles – rarement au froid jusqu’ici – viennent encore mettre des bâtons dans les roues des paléogénéticiens. Bref, le matériel génétique est extrêmement fragile, et de plus, présent la plupart du temps en faible quantité sur les échantillons.

Du coup, pour les paléogénéticiens, tout se joue lors des prélèvements par leurs collègues sur le terrain, et lors de la conservation souligne l’étude. Ainsi, le port de gants au moment crucial du prélèvement et le stockage au froid leur permettraient de récolter un maximum d’informations génétiques. Exemple, Eva-Maria Geigl et ses collaborateurs ont travaillé sur des os fossilisés, ramassés à deux époques différentes à Pontvallain sur un site français, et ayant tous appartenus à un même animal, un aurochs qui vivait il y a 3200 ans.

La première ‘fournée’ d’os fossilisés a été prélevée en 1947 puis conservée, depuis, dans un musée ; la seconde, en 2004, puis conservée en conditions stériles à -20°C. Sur les fossiles de 1947, les chercheurs ont été dans l’impossibilité d’extraire de l’ADN, prouesse qu’ils sont en revanche parvenus à réaliser sur les fossiles de 2004… Autre démonstration, l’équipe a analysé 250 os fossilisés d’animaux, une partie provenant de collections de musées, l’autre de récentes exhumations réalisées avec toutes les précautions requises. Résultat, pour les premiers, elle n’a récupéré de l’ADN que dans 18% des cas, contre 46% pour les seconds !

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