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ANATOMIE COMPAREE

Cuvier compte sur la science pour persuader ses opposants de ne plus jouer les autruches. Son concept de catastrophisme explique l’extinction d’animaux par des catastrophes d’origine géologique. Pas bête ? Il regroupe ces cataclysmes sous l’expression « révolutions du globe » très en vogue par la suite…

Pour autant, faute de fossiles convaincants, il se montre extrêmement sceptique sur l’existence d’un homme au côté de grands mammifères disparus. On ne peut qu’imaginer sa stupeur si Cuvier avait pu voir, de son vivant, l’art pariétal et ses fresques remplies de mammouths et de rhinocéros laineux dans des grottes de France devenues célèbres ! C’est après sa mort, dans les années 1850, notamment grâce à la découverte de nouveaux ossements et à la persévérance de l’inspecteur des douanes passionné de préhistoire, Jacques Boucher Crèvecoeur de Perthes (1788-1868), que le doute n’est plus permis. Oui, l’homme fossile existe ! Homo neanderthalensis, erectus et compagnie…

Fixisme de Cuvier vs transformisme de Lamarck

Étrangement, lui si ouvert, Cuvier défend un principe de fixité des espèces, fixisme qui, selon lui, limite considérablement la probabilité de découvrir de nouveaux grands quadrupèdes terrestres vivants au XIXe siècle. Et là encore, il se trompe. Il brandit pourtant l’argument afin de contredire son confrère du Museum, Jean-Baptiste Lamarck. Lamarck penche à l’inverse pour une transformation permanente des espèces (transformisme), et admet d’éventuelles disparitions d’espèces dont il préfère imputer la responsabilité aux activités humaines plutôt qu’aux colères géologiques de la Terre.

Querelle tranchée sans ambiguïté par la vérité qui surgira tôt ou tard lors d’expéditions dans des régions encore inexplorées. Résultats ? De taille ! On découvre le tapir asiatique en 1819, le panda de Chine en 1882, l’okapi d’Afrique centrale en 1901, le dragon de Komodo en 1912, etc. ! Décédé en 1832, Cuvier n’en aura pas connaissance. L’erreur est humaine, même chez les scientifiques…

A tort ou à raison, l’homme ne va donc pas se faire que des amis. Mais entouré de collaborateurs, sa nouvelle méthode reposant sur l’anatomie comparée gagne en crédibilité. D’un seul fossile qui passe entre ses mains, le savant l’auscultant sous tous les angles s’échine à reconstituer le portrait de « la bête ». Au fil du temps, qui tombe sur un os étrange n’hésite plus à faire appel à lui !

Seul hic, les techniques d’extraction sont destructives. Forcément, l’essentiel des fossiles, achetés par les scientifiques, est découvert par hasard par les ouvriers travaillant dans les carrières souterraines. Les pièces collectées sont souvent très abîmées. Cela n’empêche pas de plus en plus de créatures jusqu’alors inconnues de sortir de terre…

Carl von Linné : une nomenclature internationale pour la classification des espèces

Grâce à Cuvier, entre autres, elles trouvent une identité, un nom, puis une place de plus en plus précise au sein de la classification des espèces. Instaurée, on l’a dit, par le suédois Carl von Linné (1707-1778), elle situe chaque organisme, végétal ou animal, sur le grand arbre de la vie en lui attribuant un nom savant composé de deux termes (le premier désignant le genre, le second l’espèce).

Grâce au latin, cette nomenclature internationale s’affranchit de la barrière des langues et permet de ne pas s’emmêler les pinceaux. Pour résumer, il n’a pas forcément existé qu’une seule espèce de tyrannosaure, de mammouth ou d’être humain. Et que l’on soit français, anglais, chinois ou inuit, ce « dialecte » nous permet à tous de savoir de quels animaux il est question lorsque sont cités Tyrannosaurus rex, Mammuthus primigenius ou Homo neanderthalensis.

Extrait du livre Les dinosaures sont parmi nous

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