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AMOUR : 20 ANS D’ECART POUR RIEN

Après son premier amour rencontré à 20 ans, puis plus d’une décennie dans une relation stable avec un homme de son âge, Camille a lâché « la proie pour l’ombre ». Elle a rompu à 33 ans et s’est retrouvée dans les bras d’un homme de 20 ans son aîné. Aujourd’hui, avec le recule, elle a l’impression déchirante d’avoir gâché ses plus belles années, bêtement, sur un coup de tête. De ce qu’elle considère être le drame d’une vie, elle souhaite tirer un témoignage fort en espérant que les hommes et les femmes y réfléchissent à deux fois avant de se lancer dans l’aventure. L’écart d’âge n’est pas un problème sur le plan sexuel mais pour l’entourage, il fait figure de tue-l’amour…

« Je suis née à la fin des années 1970. A 15 ans, je me sentais libre avec des rêves plein la tête. J’avais envie de voyages. Tous les jours, je voyais de splendides points d’interrogation sur tous les pays. Je voulais tout voir et me sentir utile. Je n’imaginais même pas devenir femme au foyer désespérée par l’ennui comme dans les séries à l’eau de rose.

En amour, je rêvais de mariage et ne voulais que le top, l’authenticité ! J’imaginais donc rencontrer le prince charmant, peut-être à la fac entre 20 et 25 ans ? Je faisais confiance au destin, imaginant un héros me déclarer sa flamme de façon inoubliable puis demandant ma main après deux ans de relation sans nuage, le temps d’avoir la certitude d’être faits l’un pour l’autre, le droit à l’erreur au cas où, la rupture avant la « corde au cou »

Je ne sais pas si j’ai l’air romantique en disant cela. Mais je le suis complètement, bercée depuis l’enfance et encore à l’adolescence aux contes de fées et aux chansons qui souvent les ont divinement accompagnées, avec un peu trop de magie parfois peut-être aussi… J’ai eu la Barbie blonde princesse avec sa robe de mousseline couleur abricot et son bustier endiamanté, écouté Chantal Goya sur grands disques vinyle enveloppés de carton décoré aux étoiles et me suis toujours régalée devant les Disney… Cendrillon, La belle et la bête, La belle et le clochard, La belle au bois dormant, Bambi, Pocahontas « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Sauf que je n’en voulais pas beaucoup : deux, juste deux, pour bien les élever, bien les aimer et que leurs parents aient les moyens de leur offrir toutes les chances de s’épanouir durant leur scolarité.

Je savais exactement ce que j’attendais de mon existence donc, confiante en l’école, sur mon potentiel d’apprentissage et mon avenir, moins sur un « détail » : qui pourrait vouloir de moi au point de vouloir m’épouser et vivre en couple avec moi ? Je ne m’aimais pas, ne me trouvais ni charme, ni grâce, pour reprendre les mots qui reviennent souvent sur le tapis dans les contes de fées et dessins animés de Walt Disney. Je n’avais pas le teint clair de la Belle au bois dormant, ni ses cheveux longs et blonds relevés en chignon pour sublimer la robe de mariée qui enivreraient de bonheur les invités du royaume à la cérémonie. Mais j’adore les châteaux et l’idée du prince charmant ! Comme je garde un très beau souvenir de mon passage il y a une éternité à EuroDisney avec tous ces acteurs et actrices paradant en costumes satinées ou en peluches…

Education stricte

Comme on ne peut vivre déguisés tous les jours, je décrétais très vite que l’on ne pouvait pas non plus tout miser sur son apparence et qu’il était préférable d’avoir quelques cordes à mon arc, expériences professionnelles même saisonnières et études ! Je ne dis pas que le physique est secondaire et qu’il ne faut pas en prendre soin, au contraire ! Même discrète et ne me trouvant pas « belle à croquer », à l’abri des compliments sur ma silhouette et ma peau cachée sous des vêtements aux couleurs sombres, et des jeans pas toujours près du corps, dés que j’en ai eu l’âge et la permission, ma première coquetterie s’est transformée en cadeau d’anniversaire et visite dans une bijouterie pour enfin me faire percer les oreilles… Mon père refusant longtemps catégoriquement pour sa gamine tout ce qui lui semblait superflu : maquillage et cheveux longs « qui faisaient sales ». Fallait-il traduire ces mots par la difficulté d’entretien de la peau et d’une chevelure épaisse quand une jeune fille n’a pas de temps à perdre à paraître jolie si elle veut décrocher son bac ?

J’ai reçu une éducation stricte, qui a au moins eu l’avantage de m’accepter au naturel avec mes défauts sans m’empêcher de m’arranger au lycée, posant chaque matin un discret coup de mascara noir sur mes cils et de crayon à lèvres d’un très léger rose nacré avec pour bonne excuse leur besoin d’être hydratées. C’était ma rébellion à moi, féminité qui s’exprimait coûte que coûte même si je restais obstinée, décidée à étudier. L’un de mes pires traumatismes, je pense, est d’avoir porté une coupe de cheveux courte trop longtemps, impression déprimante d’être un garçon manqué…

Draguer en boîte de nuit

Au collège, je me contentais de lorgner de loin ce garçon à la coupe de cheveux gelés en hérisson que je trouvais si beau, mais auquel je n’ai jamais parlé à l’époque car il a quitté l’établissement public pour aller dans le privé. Cela dit, comme les cheveux, ça comptait beaucoup pour moi, et l’humour aussi, j’ai passé du temps à causer, rigoler et à m’étriper avec un « beau gosse » à la coupe toujours impeccable naturellement et élu délégué par les élèves qu’il défendait très bien à chaque conseil de classe ! Je l’ai admiré pour ça mais ne lui en ai jamais rien dit. On est parfois trop bêtes ou trop timides quand on est adolescents.

Bec dans l’eau, je me suis pris mon « premier vrai râteau » comme on disait à l’époque au lycée. Je me disais que les filles aussi avaient le droit de draguer pour vivre une vraie histoire d’amour, et malgré la peine de coeur, je n’ai jamais regretté d’avoir foncé. L’attirance était purement physique, de loin. Je ne connaissais pas ce jeune homme qui était dans une autre classe. Le risque de se planter était grand, mais je préférais mille fois oser, essayer, que de me laisser ronger par les remords. Une camarade de ma classe a eu plus de succès, je m’en suis remise, preuve que j’étais prête à essayer à nouveau, y compris à me prendre d’autres râteaux…

Un jour, invitée pour le samedi soir à l’anniversaire d’un copain de mon frère pas mal du tout et que je connaissais depuis longtemps, charmant, intéressant et drôle, je me suis dit : pourquoi ne pas essayer d’aller plus loin, même si la différence d’âge – il avait deux ans de moins que moi – me gênait un peu. J’en ris aujourd’hui ! J’acceptais l’invitation, et finissais la soirée en boîte de nuit avec toute une bande d’étudiants « mâles bouillonnant d’hormones » un samedi soir d’anniversaire parce que leur IUT, établissement aux formations techniques, manquaient cruellement de filles.

C’est pourtant ce soir là que l’un d’entre eux a réussi l’impensable, un de leurs camarades de promo’ retrouvés par hasard dans la même boîte. En même temps, un samedi soir, quand il y a peu d’endroits où danser dans la région et qu’on aime bouger sur de la bonne musique, il est normal de retrouver facilement tout ce beau monde sur la même piste de danse. En plus, ce n’était pas soirée mousse mais exceptionnellement « femmes en cages »… Plus mûres que moi, elles se trémoussaient vulgairement presque à poil sous deux ou trois paillettes derrière des barreaux devant un public choqué ou hystérique ? Comme la musique ? On ne pouvait pas parler de spectacle agréable à regarder : ces « vieilles » me cassaient mon coup de jeune puisque moi, j’étais habillée assez moderne ou chic quand elles étaient déjà nues comme de la viande de poules en cage sur des podiums. Les mecs en contrebas dans l’obscurité en perdaient la boule, l’audition, l’envie de danser, parler et séduire. Ma cible ne me voyait plus…

Coup de foudre à retardement

Dans cette nuit d’ambiance bordélique, le camarade d’IUT dont je distinguais à peine le visage brise la glace en m’invitant juste à boire un verre. Comme il insistait gentiment, mais poliment et sur le ton de la plaisanterie, j’acceptais. Nous éloignant des cris autour de la scène centrale et de ses cages, il allait plus loin en me demandant mon numéro de téléphone et m’appelait dés le lendemain pour m’inviter au cinéma… Conquise par tant d’audace, j’acceptais et très vite, il arriva pour venir m’enlever du domicile familial : de plein jour, je découvrais combien en plus, le jeune homme d’un an de moins que moi était « canon ». Et voilà, comment j’ai vécu avec ce fan de foot, d’escalade et de belles voitures une vraie passion qui a duré trois mois…

Les gens disaient que nous formions un joli couple et puis, il y a eu ces paroles déconcertantes lors d’un repas avec des amis de mes parents ayant eu la délicatesse de murmurer comme je l’ai appris plus tard que « je ne garderais pas longtemps mon amoureux ». Argument ? Il était trop beau ! Je ne trouvais pas. Il l’était largement assez à mon goût et en plus, nous nous entendions à merveille. Je me fichais de leur avis mais j’en étais blessée un peu intérieurement : était-ce moi qui n’était pas assez belle pour lui ? Patatras, quelques semaines plus tard, refroidissement brutal et inexplicable entre nous, fin de la passion en trois jours qu’il m’a fallu trois ans pour digérer, en guérir presque complètement… L’amour, c’est du sérieux, ça n’a pas de prix : on ne donne pas son corps et son âme à n’importe qui.

Histoire suivante : plus de dix ans ensemble et la rupture

Heureusement, j’ai réussi à remonter la pente. J’ai rencontré celui qui allait devenir mon compagnon pendant plus d’une décennie dans le cadre d’une activité en lien direct avec un centre d’intérêt dont je souhaitais faire mon métier. J’étais là pour passer un permis, lui comme moniteur enseignant les bases pour augmenter les chances de réussite avant d’aller se confronter aux épreuves théoriques et pratiques le jour J. Je ne suis donc pas aller à l’examen en candidate libre : j’avais sérieusement révisé les bases et j’ai obtenu le permis ! Une ligne de plus sur mon CV qui, je voulais le croire en tous cas, démontrerait à de futurs employeurs mon engagement total dans ce domaine professionnel un peu à part.

Comme le moniteur et moi étions à l’évidence attirés par le même élément et qu’il avait tout pour plaire physiquement, nous avons décidé de nous revoir et la relation a commencé le plus naturellement du monde. Une fois de plus, il avait un an de moins que moi mais notre relation a duré dans une entente et un respect assez réciproque, l’envie de partager chaque année un seul vrai beau voyage payé à la sueur de nos fronts et de quoi envisager la vie à deux jusqu’au bout ? Je l’ai souhaité très fort les premières années, sauf que nous allions à tous les mariages dans sa famille et dans la mienne, jamais au nôtre ! L’euphorie des fêtes s’enchaînaient laissant peu à peu la place au doute, voire à la déprime… Mes rêves de robe de princesse à mon mariage s’évanouissaient dans un profond malaise qui virait carrément à la nausée lorsque le désir d’enfant s’est manifesté de mon côté seulement, pas du sien…

Pour moi, ça devenait clair : c’était mariage puis enfant élevé à deux, ou plus rien. Mais, au fil du temps, nous avions de moins en moins l’air d’un couple et de plus en plus, l’air de colocataires amis qui s’entendent sans avoir de réels projets d’avenir en commun. Avec à l’esprit cette certitude qui ne m’a jamais quitté « l’être humain vit mieux seul que mal accompagné », je vacillais franchement le jour où lors d’une ultime tentative en évoquant mon envie d’avoir un bébé avec lui, il me répondait comme si j’étais une gamine que je l’ennuyais « avec mon caprice ». Nous n’étions pas assez ou plus sur la même longueur d’onde. On ne s’aimait pas et plutôt que de faire un enfant toute seule avec lui pour « géniteur » – bonjour les dégâts psychologiques sur l’enfant et le père après une telle bêtise – je préférais envisager sérieusement la séparation et le risque de ne jamais devenir mère… C’était de toute façon foutu pour toujours, même au lit que je ne supportais plus de partager avec lui comme la vie. Je ne pouvais même plus l’embrasser… J’ai donc trouvé la force de quitter mon gentil colocataire qui ne voulait rien bâtir à deux.

20 ans d’écart puis plus rien

Je ne l’ai jamais trompé, mais notre sexualité réduite à rien au bout de quelques années et cette absence d’envie de construire de nouveaux projets ensemble auraient dû me pousser à prendre des décisions pour mettre fin à notre fade vie commune. Quelqu’un m’avait suggéré de relancer l’atroce coup bas du « bébé… médicament » pour ressouder l’illusion du couple devant les autres, un bébé condamné d’avance qui n’a pas demandé à naître pour faire l’arbitre tiraillé toute sa vie entre deux individus dépressifs mal dans leur peau qui auraient mieux fait de se conduire en adultes prêts à essayer le bonheur ailleurs au lieu d’insister dans la sinistre illusion du couple parfait. Pourquoi faire trois ou quatre victimes avec deux personnes mal assorties et qui en sont conscientes sur une planète déjà au bord de l’explosion avec les excès de l’humanité ?

Soit j’aurais un enfant avec un homme prêt à m’aimer sincèrement pour peut-être fonder une vraie famille, soit vivre en couple suffirait à notre bonheur. Je préférais sacrifier mon désir d’enfant plutôt que me précipiter dans les bras de n’importe qui dans le seul but de « me reproduire » pour avoir une descendance à mon nom. Quand à l’âge, n’était-il pas déjà trop tard ? Le fait d’avoir eu à travailler avec un homme qui semblait à première vue sur la même longueur d’onde que moi m’a renforcé dans mes choix. Seul hic, son âge à lui, justement… Tomber sous le charme d’un charmant monsieur de 20 ans mon aîné, ce n’était pas prévu ! J’avais parfois vu dans la rue ou à la télévision des couples mal assortis qui donnaient la vague impression d’être arrangés. Sur moi, ils faisaient l’effet d’une bombe : le vieux riche avec la gamine sans diplôme qui aurait pu être la sienne, considérée sans grande intelligence mais à la plastique pas forcément avantageuse d’ailleurs, sans kilo superflu ni cellulite et qui avait tiré le gros lot en se faisant entretenir sans effort sans amour simplement grâce à « ses fesses » et à sa jeunesse, pour parler vulgairement, une gonzesse qui se fait entretenir, se fiche du bonhomme mais pas de son pognon !

Le cliché qui bousille l’image de la femme élégante qui a autant mérité sa réussite que son argent par son travail et le droit d’être aimée. Et le cliché qui flingue le bonhomme qui a bossé toute sa vie pour mériter autre chose que cette stupide et ridicule mascarade… Avec des diplômes, une expérience professionnelle sérieuse et commune, l’interprétation du couple de « la jeune avec le vieux » est différente. Mon « vieux » de 20 ans de plus était brillant et avait un parcours courageux, assez sauvage mais courageux. On ne m’a jamais dit que j’étais précoce à l’école, et j’ai eu de rares petites histoires sentimentales qui n’ont peu ou pas compté mais j’ai eu seulement deux grandes histoires d’amour avec des gens de mon âge qui ont compté dans ma vie.

Alors 20 ans d’écart, sur les plans physique, intellectuel, mental, sentimental, sexuel, ça faisait beaucoup… « Peut-être qu’il ne voudra pas de moi ? Que dira mon entourage ? Oh, et puis après tout, je m’en fous, on ne vit pas pour les autres ». Cette fois-ci, je ne me suis pas pris un râteau tout de suite, mais une pelle à tarte plus tard… A 53, il avait deux enfants d’une précédente union avec, en plus, un douloureux statut de « veuf » plus ancien encore dont j’avais été incapable de déterminer s’il avait ou non épouser cette dame décédée après 11 ans de vie commune. Bref, un écorché vif qui, malgré ses blessures, m’attirait par son charisme et son perfectionnisme dans le travail. Passion et raison semblaient s’allier à merveille. Nous avons été très amoureux, du moins je l’ai cru et ai continuer de le penser pendant un an de relation, de bonheur à l’état pur comme je l’avais toujours imaginé. Et puis, il m’a quitté du jour au lendemain ou plutôt d’une minute à l’autre sur un quai de gare d’abord, comme dans les films débiles et tristes qui cassent le mythe du grand amour, rupture confirmée par mail comme un coup de poignard informatique. Je ne l’ai jamais revu, aucune nouvelle. Il s’est remis avec son ex-, l’a quittée puis s’est installé pendant des années avec une blonde d’au moins 5 à 10 ans plus jeune que moi, une « belle » au bois dormant peut-être ? »

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